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Niger : attribution de permis de recherche pour uranium, or et métaux précieux

Le Niger … paradis de l’uranium … enfin presque : paradis pour les géants miniers internationaux mais enfer pour sa population ou la précieuse ressource n’est pas la seule à être exploitée.

Dans le cadre de son développement minier – nous dit-on – le gouvernement nigérien vient de signer plusieurs conventions minières avec des entreprises étrangères pour l’attribution de permis d’exploration d’uranium, d’or et d’autres métaux précieux dans les régions d’Agadez et de Tillabéry. Les sites concernés sont situés dans les départements de Tchirozérine et d’Arlit, région d’Agadez, ainsi que dans les départements de Téra et de Say, région de Tillabéry.

Le Conseil des ministres de lundi dernier a en effet été consacré en grande partie à l’octroi d’une dizaine de permis de recherche à 4 exploitants miniers : Endeavour Financial (Suisse), Turquie Afrique Développement (TAD), Goviex Niger (Canada) et Jabalur Gold Resources (Niger).

Endeavour Financial a ainsi obtenu un permis de recherches des sites « Toulouk 1″, « Tagait 4″ et « Terzémazour 1″ pour uranium et substances connexes dans la région d’Agadez. Turquie Afrique Développement a quant à lui obtenu le permis de recherches du site « Tiambi » pour or, métaux précieux, métaux de base et substances connexes dans la région de Tillabéry. Région où le minier Jabalpur Gold Resources a obtenu le permis de recherches du site « Gourmande ». Le canadien Goviex Niger a quant à lui reçu l’attribution du permis de recherches du site « Agaliouk » pour uranium et substances connexes dans la région d’Agadez.

Selon les termes même du communiqué, la société  Endeavour Financial   s’engage à investir durant la même période un montant minimum égal à  3.139.000 dollars US pour chacun des permis et à respecter toutes les dispositions prévues par la loi minière notamment, la possibilité pour l’Etat de participer au capital de la société d’exploitation qui pourrait être créée.

La société  Turquie Afrique Développement-TAD   s’engage quant à elle à investir dans les trois   ans suivant la signature de la convention minière, un montant minimum égal à 2.500.000  dollars US et à respecter également toutes les dispositions prévues par la loi minière. La société  Jabalpur Gold Resources s’engage à investir  dans le même laps de temps un montant minimum égal à 2.500.000 dollars US.

Rappelons que la ville d’Arlit a été connue du grand public suite à l’attaque de la mine d’uranium située dans la région en 2013 et exploitée depuis quarante ans par la compagnie française Areva (anciennement CEA-Industrie), constituant pour le géant du nucléaire français un gisement stratégique. Avec 3 600 tonnes d’uranium extraites par an à cette date, le Niger fournissait alors 37% de l’uranium du groupe français et 20% du combustible des centrales nucléaires françaises.

Alors que de nombreuses critiques pointent du doigt les sociétés occidentales, toujours promptes à s’approvisionner en ressources issues des terres africaines sans que la population locale ne bénéficie réellement des retombées de l’exploitation, le gouvernement nigérien dit s’attendre à court terme à une rentrée de recettes provenant des différents impôts et taxes, tout en se félicitant de la création d’emplois générée par les projets associés.

Le financement de projets de développement communautaire dans la zone d’intervention des sociétés devrait également en bénéficier ainsi que la formation des agents de l’administration des mines et de la géologie du pays. Les conventions y relatives ont été approuvées par le gouvernement réuni en conseil des ministres à Niamey.

Dotée d’une superficie de plus de 1.267.000 km2, le Niger dispose d’un sous-sol regorgeant d’importantes ressources minières et énergétiques dont l’uranium, le charbon, le cuivre, l’or, le phosphate, le molybdène, le zinc, le pétrole, le gaz, le fer, le ciment et d’autres métaux précieux.

Sources : Xinhua, Ecofin

Elisabeth Studer – 15 août 2017 – www.leblogfinance.com

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3 commentaires

  1. retrouvé le retour 16 août 2017 à 10:30

    Bonne chance les exploitants, mais je pense qu’il faudra monter costume blanc pour « exploiter » !! et alors là je vois encore quelques dépenses supplémentaires :) :)

  2. ES 16 août 2017 à 15:42

    Vu comment le gvt nigerien met en avant que le pays va bien evidemment profiter de l’accord …. il y a tres certainement bcp de bouteilles de vin en jeu ….

  3. ES 16 août 2017 à 15:43

    A creuser : l’importance de la Turquie .
    laquelle a finance tt de même un centre de congrès à Dakar qui réunit tous les congrès de l’Afrique de l’ouest, ou une grande partie.
    Question : qui a posé les micros ? ;-)

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