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Le cours de l’or dopé par emploi et politique aux Etats-Unis

Le cours de l’or aura profité cette semaine de la mauvaise posture économique des Etats-Unis. Les données relatives à la création d’emploi US auront notamment incité les investisseurs à se tourner vers la valeur refuge que constitue l’or.

Vendredi, l’once d’or a même atteint 1.277,08 dollars, ce qui correspond à un plus haut depuis un mois et demi. Les analystes estiment que le prix de l’or aura ainsi profité des données publiées vendredi après-midi aux Etats-Unis, lesquelles s’avèrent peu favorables à une hausse des taux d’intérêts après celle attendue en juin prochain.

Si le taux de chômage est certes à son plus bas en 16 ans (depuis mai 2011 ! ) à 4,3%, seulement 138.000 emplois ont été créés, contre une attente de 185.000, laissant ainsi entrevoir que la baisse annoncée du chômage correspond plus à une résignation des sans-emplois. Certains analystes  tiennent toutefois à préciser qu’à l’heure actuelle, et au vu de l’évolution de la population active, il suffit d’une centaine de milliers d’emplois nouveaux par mois pour parvenir à faire baisser le taux de chômage.  D’autres – plus optimistes ? … –   estiment  qu’il est peut-être un peu tôt pour parler de “passage à vide” après bientôt deux trimestres après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

En tout état de cause, ces chiffres peu brillants pourraient inciter le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) à retarder la hausse de ses taux d’intérêts pour ne pas trop impacter les efforts d’investissement. Leur publication  intervient à dix jours d’une réunion monétaire de la Fed, qui, selon les acteurs financiers, pourrait dès cette date resserrer à nouveau les taux d’un quart de point. Or, les hausses des taux d’intérêts rendent le dollar plus attractif car plus rémunérateur, incitant alors les investisseurs à se détourner l’or, dont le prix fixé en dollar est moins intéressant pour les investisseurs utilisant d’autres devises.

Certains experts notent toutefois que l’or est soumis à des messages contradictoires depuis le début de l’année. Si certes, l’économie américaine déçoit, les hausses de taux sont toujours au calendrier. Ils observent également que l’euro reprend de la vigueur alors que le dollar recule. Au niveau politique, la menace semble s’être éloignée de l’Europe, mais les scandales planant autour de Donald Trump ne semblent pas avoir dit leurs derniers mots. Or, le précieux métal demeure particulièrement recherché en cas d’incertitude politique, bénéficiant alors de ses qualités de valeur refuge.

A noter enfin que les prix de l’or observés à l’heure actuelle en Inde sont plus bas que sur le marché mondial. Un phénomène qui s’explique par l’attentisme des consommateurs d’un des deux principaux pays acheteurs physiques d’or avec la Chine. Cette réticence serait due selon les analystes à la prochaine mise en place d’une nouvelle taxe sur les biens et les services par le gouvernement indien, laquelle devrait être effective le 1er juillet prochain. Le montant des taxes qui seront appliquées sur les transactions liées à l’or doivent être précisées ce week-end.

Au final, vendredi sur le London Bullion Market, l’once d’or aura terminé à 1.274,95 dollars au fixing du soir, contre 1.265,05 dollars en fin de semaine dernière.

Sources : AFP, Platts, LBM, AWP

Elisabeth Studer – 2 juin 2017 – www.leblogfinance.com

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4 commentaires

  1. Elisabeth Studer 14 juin 2017 à 23:10

    La banque centrale américaine donne un nouveau tour de vis monétaire

    La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a donné mercredi un nouveau tour de vis monétaire en relevant ses taux d’intérêt face à la bonne santé de l’économie américaine, tout en ouvrant la voie à une prochaine réduction de son bilan.

    A l’issue d’une réunion de deux jours à Washington, son comité de politique monétaire (FOMC) a augmenté d’un quart de point la fourchette du taux interbancaire au jour le jour, qui évoluera désormais entre 1% et 1,25%.

    Conformément aux attentes des analystes, la Fed relève donc le coût du crédit aux Etats-Unis pour la quatrième fois depuis l’éclatement de la crise financière de 2008, qui l’avait contrainte à mettre en place une politique sans précédent de taux zéro pour stimuler la reprise.

    Trois de ces hausses sont survenues depuis l’élection en novembre de Donald Trump, qui a promis de doper la croissance américaine mais dont l’agenda économique, encore flou, pâtit du climat politique tendu à Washington.

    Dans son communiqué, le FOMC justifie sa décision en se félicitant que les créations d’emplois aient été “solides” depuis le début de l’année, malgré un récent tassement. Le taux de chômage aux Etats-Unis est tombé en mai à son plus bas niveau en 16 ans (4,3%) en dépit de créations d’emplois décevantes ce mois-ci.

    La Fed note également que les dépenses des ménages, traditionnel moteur de la croissance américaine, ont “accéléré” et que l’investissement des entreprises, point noir de ces récentes années, semble “continuer de se développer”.

    “L’activité économique a progressé modérément jusque-là cette année”, résume la Fed.

    La banque centrale a d’ailleurs revu à la hausse mercredi sa prévision de croissance économique cette année, à 2,2% contre 2,1% attendu jusqu’à présent, semblant ainsi indifférente à de récents indicateurs décevants.

    Sur le long terme, la Banque centrale reste toutefois très mesurée en prédisant une décélération à 1,8%, loin des 3% annuels promis par l’administration Trump.

    - Prudence -

    La Fed a également annoncé mercredi qu’elle pourrait entamer “cette année” une réduction de son vaste bilan en commençant à revendre les milliers de milliards de dollars d’obligations et de bons du Trésor qu’elle a acquis depuis la crise financière pour faire baisser les taux à long terme et fluidifier le crédit.

    La banque centrale américaine a ainsi accumulé un bilan de 4.500 milliards de dollars en bons du Trésor et titres appuyés sur des créances immobilières.

    Signe de prudence, elle ne se lancera toutefois dans cette opération risquée et synonyme de resserrement monétaire supplémentaire qu’à la condition que “l’économie évolue globalement comme prévu”, assure son communiqué.

    Apparemment moins préoccupée par la conjoncture internationale, la Fed semble en revanche inquiète d’un nouveau ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis et a ainsi promis mercredi d’en suivre l’évolution “de près”.

    Conformément à sa mission, la banque centrale cherche à atteindre une stabilisation de la hausse des prix à la consommation à 2% par un an, un objectif qui semblait à sa portée récemment après avoir été contrarié par la chute des prix mondiaux de l’électricité.

    Dans son communiqué, le FOMC reconnaît toutefois que cet objectif ne sera pas atteint “dans le court terme” et revoit nettement à la baisse sa prévision d’inflation cette année, à 1,6% contre 1,9% prévu il y a trois mois.

    Les chiffres publiés mercredi lui ont donné raison: les prix à la consommation (CPI) ont reculé en mai pour la deuxième fois en trois mois.

    Sous pression de certains élus du Congrès qui veulent réduire son indépendance, la Fed n’est par ailleurs pas parvenue à afficher un front uni mercredi: un des 9 dirigeants du FOMC, Neil Kashkari, a voté contre la décision de relever les taux.

    (©AFP / 14 juin 2017 20h57)

  2. retrouvé le retour 15 juin 2017 à 17:52

    “La banque centrale américaine a ainsi accumulé un bilan de 4.500 milliards de dollars en bons du Trésor et titres appuyés sur des créances immobilières.” Ceci depuis que les Chinois et autres asiates sont tentés de mettre leurs biles en sécurité !!
    Et pas uniquement, une bonne partie est adossée par toutes sortes de trucages aux fameux QE. L’effet boursier des QE est aussi un levier qui est difficilement mesurable.
    Les décisions prise au printemps 2016 en douce ne sont pas très favorable non plus !!

    “Sous pression de certains élus du Congrès qui veulent réduire son indépendance, la Fed …” Déjà deux petits nouveaux sur les starking blocs, Marvin Goodfriend et Randal Quarles.
    Quelques affaires à la mode Strauss Kahn et le reste va suivre.

    Tout ce petit monde pense que Trump manque de billes et va tomber sous des “macanneries” non seulement c’est peu probable mais eux, c’est comme Fillon, des “cuisses propres” mais juste en apparence.

  3. article 8 février 2019 à 01:54

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