Le Blog Finance

Macron président : Standard and Poor’s attend les législatives pour noter la France

L’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française n’affectera pas la note souveraine de la France dans l’immédiat. C’est en tout cas, ce qu’a indiqué lundi l’agence de notation Standard & Poor’s à la suite de la victoire du candidat d’En Marche ! Se laissant ainsi un temps d’observation pour confirmer ou infirmer sa position, le président élu devant être mis à l’épreuve « en situation réelle » pour que S & P puisse se permettre d’émettre un jugement.

L’agence de notation se veut avant tout prudente et dans l’expectative, affirmant que « la capacité du nouveau président d’appliquer son programme de réduction de la pression fiscale et de réforme du marché du travail dépendra de l’issue des élections législatives du mois de juin ». Les prochaines semaines seront donc décisives tant pour Emmanuel Macron que pour la France.

Le programme fiscal d’Emmanuel Macron vise à augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes et modestes en s’appuyant en tout premier lieu sur une suppression progressive de la taxe d’habitation, mesure contre laquelle François Baroin, choisi pour mener la bataille des législatives pour le compte de Les Républicains (LR) s’est d’ores et déjà montré farouchement opposé.

Le volet fiscal du programme politique présenté le 2 mars 2017 prévoit des hausses de taxes ciblées et une série de baisses d’impôts qui seront réparties équitablement entre ménages et entreprises et financées par des économies sur les dépenses publiques. Emmanuel Macron souhaite avant tout  « sélectionner les baisses de prélèvements qui créeront de l’activité économique et de l’emploi ».

A destination des particuliers, le programme fiscal de l’ancien ministre de l’Economie repose sur le soutien du pouvoir d’achat via la suppression de la taxe d’habitation mais également sur l’allègement de cotisations salariales sur la fiche de paie (financée par une hausse de la contribution sociale généralisée – CSG).

L’objectif final est d’aboutir à une réorientation de l’épargne vers l’économie via une réforme de la fiscalité du patrimoine : création d’un prélèvement unique (aussi dénommé « flat tax ») sur les revenus du capital de l’ordre de 30% prélèvements sociaux inclus, recentrage de l’ISF sur la taxation du patrimoine immobilier.

Le 9 avril dernier, Emmanuel Macron avait confirmé au JDD que le « gouvernement présentera à l’automne un texte de finances publiques quinquennal et un projet de loi de finances pour 2018 ». Ajoutant que « ces textes présenteront la stratégie sur cinq ans, avec le plan d’économies de 60 milliards, l’exonération de la taxe d’habitation pour 80% des Français, ainsi que les principales mesures en faveur de l’emploi et de l’investissement ». Il a en revanche prévenu qu’il n’y « aura pas de loi de finances rectificative cet été : ni cadeau ni augmentation d’impôts. » Selon lui, le contraire serait « irresponsable. »

« Notre scénario de base est que le prochain gouvernement français continuera probablement, voire accélérera le rythme actuellement modéré des réformes, en s’attaquant au déblocage du marché du travail et en obtenant de meilleurs résultats en termes de croissance », indique par ailleurs l’agence. Laquelle tient à préciser que cette hypothèse a d’ores et déjà été prise en compte dans le relèvement de la perspective de la note française de « négative » à « stable », intervenue en octobre dernier.

Pour rappel, à l’heure actuelle, Standard & Poor’s accorde à la France une note « AA », assortie d’une perspective stable.

Sources : Dow Jones Newswires, Standard & Poor’s, JDD, AFP

Elisabeth Studer – 8 mai 2017 – www.leblogfinance.com

Partager cet article

Article de

Commenter cet article