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Le Front National présente des candidats dans les 577 circonscriptions aux législatives, au grand dam de l’UE

La Commission européenne a effectivement raison de s’inquiéter face à la menace que représente pour elle et pour la politique européenne de la France d’une présence forte de députés Front National à l’assemblée nationale, assurant sa bienveillance à Emmanuel Macron nouvellement élu, à quelques semaines des élections législatives dans l’Hexagone.

Selon une information relayée par l’AFP, le Front national a annoncé via mail interne à ses cadres que dans le cadre de ce prochain scrutin, il réinvestirait tous ses candidats dont la candidature avait été « suspendue » après le ralliement du président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen avant le second tour de la présidentielle.

« L’accord politique conclu avec nos partenaires de Debout la France n’inclura aucun retrait réciproque dès le premier tour des élections législatives. Le Front national présentera donc des candidats dans la totalité des 577 circonscriptions. De son côté, DLF sera également présent dans de nombreuses circonscriptions ce qui n’empêchera pas l’unité au second tour, comme ce fut le cas à la présidentielle », ont été prévenus les responsables du parti.

Samedi dernier, Debout la France avait annoncé de son côté qu’il avait investi des candidats aux législatives « dans la quasi-totalité des circonscriptions », y compris face au FN, précisant que cela avait toujours été prévu.

Avant le second tour de la présidentielle, un haut responsable frontiste avait expliqué qu’ »un principe d’accord » avait été conclu entre les deux formations politiques portant « sur des candidatures FN et DLF distinctes dans l’immense majorité des circonscriptions, avec des désistements réciproques au second tour ».

Samedi, DLF a précisé qu’ »il n’y aura pas de retrait et de soutien réciproque organisé avant le 1er tour », car « les Français doivent avoir le choix entre plusieurs offres politiques patriotes, surtout au moment où voter Républicains revient à signer un chèque en blanc à Emmanuel Macron ».

Redoutant que le nouveau parti d’Emmanuel Macron n’ait pas la majorité au Parlement de l’Hexagone, freinant ainsi les capacités du nouveau président à agir selon les vœux de Bruxelles, Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, se montré désormais plus conciliant. L’Union européenne (UE) accompagnera avec « bienveillance » le président français, car son quinquennat doit réussir, a estimé samedi Pierre Moscovici. Un ton qui tranche avec celui de mardi dernier, date à laquelle, à la suite du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le commissaire européen avait appelé le président élu de la République française à sortir la France de la procédure de déficit excessif, en ramenant le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB, en respect de ses engagements réglementaires envers l’Union européenne.

Désormais Bruxelles renforce son soutien à Emmanuel Macron, craignant qu’il n’ait pas les coudées franches pour agir dans son sens, et qu’il mette ainsi de l’eau dans son vin face aux pressions internes du pays. Le nouveau chef d’Etat  »aura à prendre des décisions en matière de réformes économiques et de finances publiques que l’Union européenne accompagnera, parce que nous ne sommes pas dans une attitude de quelconque pression », mais dans une « attitude bienveillante, amicale, attentive à l’égard de la France », a déclaré ainsi Pierre Moscovici devant des journalistes en marge d’une réunion du G7 Finances.

« Il faut que ce quinquennat réussisse », a-t-il ajouté, évoquant le danger populiste, qui « a subi une défaite », mais « n’a pas perdu la guerre ». Sous-entendu : l’éventualité d’avoir des députés Front national élus à la nouvelle Assemblée n’est toujours pas écartée.

Sources : AFP , Reuters

Elisabeth Studer – 14 mai 2017 – www.leblogfinance.com

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3 commentaires

  1. retrouvé le retour 16 mai 2017 à 09:15

    Les députés de ce parti ne font peser aucune menace. supplémentaire ! sauf s’ils se retrouvent dans une majorité pour sortir et ne pas réformer vigoureusement l’UE.
    De toute façon la poussée de l’Asie va mettre tout le monde d’accord.
    Au départ je ne comprenais rien a cette affaire de « capitalistes nationaux » que développait le parti communiste chinois. Il a fallu que je vois la fierté que les Chinois de l’étranger avaient de la Chine pour comprendre !! Aujourd’hui ce n’est pas uniquement la Chine mais toute l’Asie qui est en marche.
    Les USA avec leur armée débile sont de plus en plus considérés en profondeur comme un corps étranger.
    Il ne faut pas se fier à leur système de propagande.

  2. ES 16 mai 2017 à 12:54

    A noter cependant , on en reparle :

    Chine: le resserrement du crédit pèse sur industrie et investissement
    15/05/2017 | 08:21
    Pékin (awp/afp) – La Chine a vu sa production industrielle ralentir fortement en avril, tandis que les investissements se tassaient, signes du précaire équilibre de la deuxième économie mondiale à l’heure où Pékin resserre le crédit et s’attaque à la finance non régulée.
    Après une accélération de la croissance du PIB au premier trimestre (+6,9%) sur fond de boom immobilier et de dépenses d’infrastructures, la salve de statistiques décevantes publiée lundi par le Bureau national des statistiques (BNS) dépeint un net assombrissement de la conjoncture.
    La production industrielle a progressé en avril de 6,5% sur un an, selon le BNS, très en deçà du bond de 7,6% enregistré en mars et bien moins qu’attendu par les analystes sondés par l’agence Bloomberg, qui tablaient sur +7%.
    Dans le même temps, les investissements en capital fixe, reflet notamment des dépenses dans les infrastructures, connaissaient un tassement sensible, avec un gonflement de 8,9% seulement sur un an pour la période janvier-avril.
    « La production d’électricité a été sabrée et la production de biens comme les automobiles et les smartphones a ralenti », commente Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.
    Le ralentissement des investissements concerne d’ailleurs principalement les firmes manufacturières.
    - Financements compliqués -
    « Tous les indicateurs traduisent le même message: l’économie dans son ensemble a ralenti significativement en avril », observe Larry Hu, analyste de Macquarie Securities, cité par Bloomberg.
    Mais étant donné que la croissance du PIB se maintient autour de l’objectif annuel visé par Pékin (« environ 6,5% »), « le gouvernement continuera de donner la priorité à la réduction des risques financiers », insiste M. Hu.
    De fait, la résilience de l’économie chinoise au premier trimestre était favorisée par une envolée de l’endettement, alimentée en particulier par la « finance de l’ombre », ensemble de mécanismes de crédit non régulés en-dehors du système bancaire.
    Mi-avril, le Fonds monétaire international s’est alarmé de cette embardée de la dette chinoise (plus de 260% du PIB).
    Lui-même inquiet des risques financiers grandissants, Pékin s’est résolu à durcir le ton contre la « finance de l’ombre »: les régulateurs ont promis d’encadrer drastiquement les produits dangereux dans la banque, l’assurance et la gestion d’actifs, tandis que la banque centrale (PBOC) remontait ses taux courts.
    Or ce « désendettement » forcé « va plomber certaines secteurs (…). Les durcissements réglementaires commencent déjà à inquiéter le marché », avec une nette remontée des taux interbancaires depuis janvier, souligne dans une note Raymond Yeung, de la banque ANZ.
    Au risque de compliquer le financement des petites et moyennes entreprises, particulièrement dans l’immobilier, dépendantes de la « finance de l’ombre ».
    Les efforts des autorités pour juguler la bulle immobilière dans les métropoles se traduit par ailleurs par un ralentissement marqué des ventes d’appartements, note Yang Zhao, de Nomura.
    - Maintenir la croissance -
    Certes, les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages et de la santé des services, semblent mieux résister, avec une hausse de 10,7% le mois dernier, en ligne avec les attentes.
    Mais là encore, c’est un ralentissement par rapport à mars (+10,9%), un relèvement de TVA ayant pénalisé les ventes de voitures tandis que celles d’électroménager pâtissaient du refroidissement immobilier.
    Pour autant, le régime devrait continuer de marcher sur le fil entre réduction des risques financiers et préservation d’une stabilité économique jugée cruciale avant un important congrès du Parti communiste à l’automne.
    « La croissance restera soutenue par un solide éventail d’investissements d’infrastructures », comme en témoignent l’initiative « Nouvelles routes de la Soie », objet d’un vaste forum diplomatique cette semaine, et le projet de super-zone économique aux portes de Pékin, observe M. Yeung.
    De même, il estime que la banque centrale pourrait gonfler prochainement ses injections de liquidités afin d’envoyer un signal rassurant.
    Le Premier ministre Li Keqiang s’est montré conciliant: selon la télévision d’Etat, il a assuré dimanche que la Chine poursuivrait une politique monétaire « prudente », en préservant la stabilité des marchés financiers et de la croissance économique.
    afp/rp

  3. retrouvé le retour 16 mai 2017 à 14:06

    Effectivement la  » finance de l’ombre  » à la chinoise c’est un peu le contraire de chez nous ou c’est  » l’ombre de la finance » « anglo-saxonne » et des QE.
    Le Chinois par culture est le détenteur du crédit !! Il est peu probable de le transformer en débiteur !!

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