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Ford : suppressions d’emplois pour calmer les actionnaires

Si  des rumeurs proches du dossier avaient récemment laissé entendre que Ford pouvait annoncer dans un avenir très proche 20?000 suppressions d’emplois, soit 10 % de ses effectifs, les premiers éléments officiels apparaissent désormais.

Le constructeur américain a ainsi confirmé mercredi supprimer 1.400 emplois en Amérique du nord et en Asie. Objectifs affichés : une réduction des coûts et l’amélioration de sa rentabilité.

S’exprimant dans un mail, le groupe automobile a tenu toutefois à préciser que ces coupes salariales ne concernaient ni l’Europe ni l’Amérique du sud. Pas de quoi se réjouir de ce côté, car ceci est tout simplement dû au fait que des mesures similaires ont été prises lors des dernières années.

Un porte-parole a par ailleurs indiqué que les usines, les départements de développement des nouveaux produits et modèles, les services informatiques et Ford Credit, le bras financier du groupe, ne seraient pas non plus impactés.

Si, initialement l’on pouvait redouter que 10 % de la main d’oeuvre globale de Ford soit supprimée, au final, le taux demeure le même, mais impacte les 15.000 personnes assurant les fonctions administratives. Affectant principalement les Etats-Unis, le Mexique, le Canada et l’Asie-Pacifique. A noter qu’environ deux tiers des coupes se feront aux Etats-Unis. De quoi peut-être provoquer l’ire de Donald Trump ? A moins qu’il ne soit trop empêtré dans ses affaires avec Russie et FBI.

Les suppressions de postes seront effectives d’ici fin septembre, elles prendront essentiellement la forme de départs volontaires et des départs anticipés à la retraite via des programmes dédiés. Des informations émanant de personnes proches du dossier ont laissé entendre que Ford visait par ce biais une économie de 3 milliards de dollars dès cette année.

Précisons que cette mesure intervient alors que le groupe automobile se trouve actuellement dans une situation difficile, particulièrement impacté par le ralentissement des marchés automobiles de Chine et Etats-Unis, les deux premiers au monde.

Un malheur n’arrivant jamais seul, Ford enregistre une baisse des ventes depuis le début de l’année, tandis que ses coûts ont explosé parallèlement. Les investissements majeurs réalisés par le PDG, Mark Fields en vue de développer la voiture autonome n’arrangeant rien à l’affaire.

A l’heure actuelle le titre Ford s’échange à Wall Street en dessous des 11 dollars. Il aura ainsi perdu plus de 30% de sa valeur depuis l’arrivée aux commandes de M. Fields en mai 2014.

En début de semaine, les dirigeants du constructeur ont dû faire face à une véritable fronde lors de l’Assemblée générale des actionnaires. Certains n’ont pas hésité à qualifier de «?pathétique?» les piteuses performances du groupe automobile, demandant au conseil de surveillance comment il pouvait encore apporter son soutien à Mark Fields.

Le président du conseil de surveillance, Bill Ford, est monté au créneau pour défendre la stratégie de Ford menée par son PDG sans toutefois lui apporter son soutien personnel comme il l’avait fait l’année dernière. Mark Fields a d’ailleurs dû défendre sa stratégie lors d’une réunion extraordinaire du conseil de surveillance peu de temps avant l’Assemblée générale.

«?Nous sommes aussi contrariés que vous sur le cours de l’action?», a déclaré Bill Ford. «?Est-ce que la famille Ford s’intéresse au cours de l’action?? Oui. La majorité de notre patrimoine est liée à l’entreprise?», avait-t-il ajouté.

Sources : AFP, Reuters, Detroit Bureau, Automotive News

Elisabeth Studer – 17 mai 2017 - www.leblogfinance.com

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