Le Blog Finance

Panne de moteur pour l’A400M transportant la ministre de la Défense allemande, un incident qui risque de coûter cher à Airbus

Information que prend bien garde de ne pas mettre en avant la presse française  grand public : l’avion de transport militaire A400M de la ministre de la Défense allemande est tombé en panne mardi lors d’un déplacement en Lituanie.Un nouvel incident pour le gros porteur d’Airbus, qui s’en serait bien passé, alors que l’appareil a d’ores et déjà accumulé les problèmes techniques.

Une déconvenue qui n’aura tout de fois pas échappé à la presse russe et libanaise … la presse spécialisée ne réagissant que plus tard, pourtant à partir de la même dépêche de l’AFP, … histoire de ne pas trop impacter les marchés et le titre Airbus ?

Pourtant si Ursula von der Leyen  a pu certes s’envoler mardi matin de Berlin dans un A400M pour assister à une cérémonie saluant l’arrivée de plusieurs centaines de soldats allemands, venus renforcer le front oriental de l’Otan face à la Russie.

Si le vol aller s’est passé sans encombre, a précisé une journaliste présente à bord, l’A400M n’a pas pu toutefois repartir à l’issue de la cérémonie, victime d’une panne sur un moteur. Le retour a dû se faire à bord d’un avion de type “Transall”, appareil vieux d’une cinquantaine d’années que le programme A400M doit précisément remplacer.

Très mauvais effet pour Airbus … pour la première fois que la ministre empruntait un A400M pour un déplacement.

Pour rappel, la Bundeswehr, l’armée allemande, a commandé 53 appareils A400M au constructeur aéronautique. Le premier appareil a été livré en décembre 2014. En décembre 2016, l’Allemagne a réceptionné son sixième A400m, le premier au standard tactique.

Ce dysfonctionnement voit ainsi le jour alors que Berlin a régulièrement exprimé son mécontentement face aux retards accumulés par le programme A400M, lancé dans les années 2000 mais victime de multiples problèmes.
Le 9 mai 2015, un A400M s’était écrasé lors d’un vol d’essai près de Séville, dans le sud de l’Espagne, entraînant la mort des deux pilotes et de deux ingénieurs. Lors du crash, trois des quatre moteurs de l’appareil ne répondaient pas aux commandes de l’équipage.

En décembre dernier, quelques heures avant la livraison de son sixième exemplaire de l’A400M, le ministère allemand de la Défense avait déclaré que groupe d’aéronautique et de défense risquait de devoir indemniser Berlin pour les retards de l’appareil.

Le programme A400M a en effet accumulé des années de retards et d’importants dépassements budgétaires. Selon un rapport du ministère de Défense destiné au Parlement, les coûts supplémentaires incombant à l’Allemagne s’élèveraient désormais à 9,6 milliards d’euros, soit un milliard et demi de plus les montants initiaux. Le prix unitaire de l’appareil est désormais évalué à 181 millions d’euros, soit 28 millions de plus qu’au départ, précise également le document.

En août 2016, Berlin a demandé à Airbus 12,7 millions d’euros d’indemnités au titre du retard de livraison de l’avion livré en juillet. Un porte-parole du ministère de la Défense avait alors déclaré que ce dernier demanderait des compensations pour tous les retards de livraison à venir.

Selon le programme initial, Berlin devrait avoir pris livraison de 11 A400M en 2016, portant ainsi sa flotte à 17 unités. Mais dans les faits, seuls six exemplaires auront été livrés entre le 1er janvier et le 31 décembre, nulle trace de la septième livraison pourtant prévue avant cette date ne filtrant dans la presse … soit dit en passant.

Parallèlement aux demandes d’indemnités, le ministère de la Défense allemand prévoit de soustraire un montant non précisé aux paiements effectués au profit d’Airbus, en raison de ”défauts” des radars et des capacités défensives du premier appareil tactique, avait également indiqué en décembre dernier un porte-parole, sans fournir toutefois plus de précision.

Les sommes concernées ne seront versées à Airbus qu’une fois que les capacités de l’avion correspondront au cahier des charges initiale, avait-t-il alors ajouté. Kieran Daly, porte-parole d’Airbus, s’était alors refusé à tout commentaire sur des pénalités ou des défauts éventuels, déclarant que le groupe poursuivait des discussions ”longues et complexes” avec les pays associés au programme A400M.

A noter enfin que l’incident intervient alors qu’en janvier dernier, la presse indonésienne avant indiqué que l’Indonésie aurait approuvé l’achat de cinq avions de transport militaire d’Airbus A400M Atlas. Un contrat évalué à deux milliards de dollars, selon les journalistes spécialisés indonésiens. Un achat évoqué en mai 2016 par le premier ministre indonésien.

Le cas échéant, l’Indonésie deviendrait donc le second client export de l’A400M, après la Malaisie, laquelle avait très certainement ouvert la voie à la décision indonésienne.

L’armée de l’air indonésienne est familiarisée avec les appareils d’Airbus, opérant des flottes d’avions de transport légers militaires CN-235 et C-295. Une chaîne de production a même été installée dans le pays. Elle pourrait être sollicitée dans le cadre de ce nouveau contrat.

Sources : AFP, Dpa, Air et Cosmos, Reuters

Elisabeth Studer – 8 février 2017 – www.leblogfinance.com

Partager cet article

Article de

4 commentaires

  1. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 13:33

    l’info pas encore relayée sur boursorama
    http://www.boursorama.com/cours.phtml?symbole=1rPAIR

  2. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 18:29

    BERLIN (Reuters) – Airbus s’est déclaré mercredi “choqué” par le problème de moteur d’un avion de transport militaire A400M signalé par le ministère allemand de la Défense, s’engageant à tout faire pour soutenir l’enquête.
    La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a fait savoir mardi qu’elle avait dû prendre un vol de remplacement pour rentrer de Lituanie après l’immobilisation de son A400M flambant neuf en raison d’un problème de moteur.
    Un porte-parole d’Airbus a précisé que le groupe européen d’aérospatiale et de défense se tenait prêt à contribuer au retour de l’avion en Allemagne.
    “Nous sommes choqués et regrettons profondément les désagréments importants subis par la ministre de la Défense et sa délégation à cause de la panne d’un A400M”, a-t-il dit.
    Les causes du problème de moteur, en cours d’examen en Lituanie, restent incertaines, a indiqué mercredi un porte-parole du ministère allemand de la Défense, sans être en mesure de préciser s’il s’agissait d’un dysfonctionnement nouveau.
    Des années de retard du programme A400M ont fait grimper la facture pour l’Allemagne à 9,6 milliards d’euros par rapport à une estimation initiale de 8,1 milliards, a estimé le ministère en décembre.
    Le problème, qui concerne un des quatre moteurs de l’avion, a été découvert pendant une vérification de maintenance après l’arrivée de la ministre allemande en Lituanie pour rendre visite aux troupes déployées dans le cadre de l’Otan.
    A peine quelques heures auparavant, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung avait rapporté que l’Allemagne espérait continuer à exploiter en commun une bonne partie des 13 A400M qu’elle comptait revendre et menait des discussions en ce sens avec plusieurs pays, dont la République tchèque et la Suisse.
    Au total, Berlin a prévu d’acheter 53 A400M, contre un objectif initial de 60. En 2011, le parlement allemand avait approuvé un projet de revente de 13 d’entre eux à d’autres pays pour faire des économies.
    L’A400M concerné par l’incident est le premier avion tactique équipé d’équipements défensifs réceptionné par l’Allemagne, a-t-on appris de source militaire allemande.
    Berlin, qui en a déjà reçu un de ce type il y a une ou deux semaines, compte réceptionner huit ou neuf A400M supplémentaires cette année.

  3. ES 10 février 2017 à 13:53

    Airbus A400M makes South African debut

    Written by Dean Wingrin, Wednesday, 08 February 2017

    The aircraft, serial ZM404 and based at RAF Brize Norton in Oxfordshire, UK, landed at Cape Town International Airport on Tuesday afternoon to deliver a RHIB safety boat to HMS Clyde, an offshore patrol vessel currently undergoing maintenance at Naval Base Simon’s Town.

    This is not the first time a RAF A400M Atlas has deployed to Africa, as the RAF sent an aircraft to the International Marrakech Air Show in Morocco last April. The French Air Force had the distinction of flying the first A400M mission to Africa when an aircraft delivered 22 tons of supplies to French forces in Mali early in 2014.

    The ZM404 crew, commanded by Squadron Leader Baz Ervine, comprised two captains from 24 Squadron (the Operational Conversion Unit), two junior pilots from 70 Squadron (the first Atlas operational squadron in the RAF), a Loadmaster and a number of security and technical crew.

    Speaking exclusively to defenceWeb, Ervine said crews love the aircraft. “The performance is breath-taking. You can pretty much take-off and land from anywhere.”

    “It’s a nice environment to work in,” Ervine explained. Besides the aircraft design and the powerful Europrop International TP400-D6 engines of 11,000 shp (8,200 kW) each, he was complimentary of the positive situational awareness presented by the avionics. The fusion of information and data management, while taking a while to learn, “is a joy.” This makes multi-facetted missions, including airdrops and multiple landing zones, “quite easy, everything is at your fingertips and on the heads-up display.”

    Ervine, who previously flew the C-130J Hercules, says there is no point in comparing the two aircraft, they are so different. “We have endurance for about ten hours,” he says, “We cruise 30% faster than a Hercules, 50% higher and with a bigger payload.”

    South Africa became a partner in the A400M airlifter programme in 2005 when the country purchased eight (with an option for a further eight) of the transport aircraft. Although the first aircraft was due for delivery to the SAAF in 2010, by 2008 the programme had suffered substantial technical and financial complications, delaying the first flight of the aircraft which was contractually required by October 31, 2009. The contract was terminated in November 2009 because of extensive cost escalation and delays in the contractual delivery time. The first flight of the A400M eventually took place on December 11 that year.

    It is doubtful any SAAF members will take the opportunity to view the aircraft the air force so desperately needs. However, Ervine noted, he would be “delighted to show them around.”

    Arising from South Africa’s initial order for the aircraft, both Denel Aerostructures and Aerosud manufacture major components for the A400M, including fuselage top shells, the wing-fuselage fairings, various linings, the cockpit rigid bulkhead, wingtips, tail-fin skeleton, satellite communications equipment and other items.

    The United Kingdom has ordered 22 Atlas aircraft, with the first aircraft delivered in November 2014. Approximately 12 of the large transport aircraft have been delivered to date.

    The order book for the A400M stands at 174, of which 34 have been delivered to the partner nations (Belgium, France, Germany, Italy, Luxembourg, Spain, Turkey and United Kingdom) and Malaysia. Reports from Indonesia last month stated that country will purchase five aircraft.

    Development of the A400M is continuing, with aircraft going through upgrades after delivery while Airbus, Europrop International and the partner nations continue to improve power plant durability and widen the aircraft’s operational capability.

Commenter cet article

Cliquez ici pour annuler la réponse.