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A Davos, les banquiers US demandent à leurs confrères de l’UE de voir Trump d’une manière positive

Les banques américaines, revigorées par la résurgence de leurs profits, conseillent désormais à leurs homologues européens d’appréhender de manière positive la nouvelle administration du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump. Reste que de nombreux Européens demandent encore à être convaincus ….

Réunis à Davos, dans le cadre du rassemblement annuel des élites mondiales issues des milieux politiques et d’affaires, les financiers américains ont exhorté les investisseurs et les rivaux d’outre-Atlantique à ne pas se focaliser sur la rhétorique anti-mondialisation de Donald Trump … mais plus sur ses choix opérés en vue de constituer son cabinet, arguant que celui-ci était composé de vétérans de Wall Street et des chefs d’entreprise. Sous-entendu : ne vous fiez pas aux propos du président-milliardaire mais plutôt à la voix de ses conseillers …

De nombreux banquiers européens redoutent en effet que Trump, qui a fait une campagne bâtie autour du slogan “America First” et qui a menacé d’imposer des tarifs prohibitifs sur les importations chinoises associés à de forts relents de protectionnisme, ne déclenche une véritable guerre commerciale avec la deuxième plus grande économie du monde.

Jose Vinals, président de Standard Chartered Bank et ancien gouverneur adjoint de la banque centrale espagnole, a déclaré pour sa part que nombreux étaient ceux qui redoutaient que la rhétorique de la campagne du républicain se traduise dans les faits via la politique qui sera menée par l’administration Trump. « L’Europe s’inquiète de la façon dont ses politiques affecteront le commerce et les finances globales”, a déclaré Jose Vinals. “Toute forme de protectionnisme va probablement finir par rendre l’économie américaine moins compétitive » et affecter le monde entier, a déclaré l’ancien dirigeant  de la banque centrale espagnole, qui s’est forgé une solide expertise des marchés asiatiques, y compris la Chine, tout en travaillant comme haut fonctionnaire du Fonds Monétaire International (FMI).

Mary Callahan Erodes, qui dirige le service de gestion d’actifs de la banque américaine JPMorgan a cherché quant à elle à apaiser les inquiétudes concernant l’arrivée de l’administration Trump à la Maison Blanche. S’exprimant lors du Forum économique mondial, elle a ainsi déclaré que les membres officiels choisis par Trump, y compris les anciens banquiers de Goldman Sachs, Steven Mnuchin et Gary Cohn, agiraient en faveur d’un agenda favorable aux milieux d’affaires et qui stimulerait la croissance économique. “Nous allons devoir nous habituer à penser de manière très pro-active et à être doppé par la recherche de croissance “, a-t-elle ajoutée. Selon elle, “c’est une oscillation pendulaire qui va être positive pour les entreprises.”

Antonio Horta-Osorio, le chef Exécutif de la Lloyds, a déclaré pour sa part que selon lui, Donald Trump souhaitait que les banques aient davantage leur mot à dire dans la croissance économique. Pour lui, il s’agit d’ ”une combinaison inextricable de liens”. Il estime en effet qu’il n’y a “pas d’économies fortes à long terme sans banques fortes, et vice versa”.

A noter toutefois que Anthony Scaramucci, gestionnaire de fonds spéculatifs et nommé par Donald Trump pour assurer la liaison avec les milieux d’affaires, était le seul membre de la nouvelle administration des États-Unis à assister au forum de Davos.

S’exprimant publiquement sur la façon dont Trump serait bon pour l’économie mondiale, il a poursuivi la discussion lors d’entretiens privés avec les banquiers européens, selon des sources bancaires. Ces dernières ont néanmoins indiqué que les acteurs de l’industrie européens souhaitaient obtenir plus de clarté sur les principales politiques économiques US voulues par Trump lui-même.

Argument plaidant en faveur du nouveau président : des deux côtés de l’Atlantique, les banques pourraient se réjouir de voir arriver à la Maison Blanche un dirigeant qui s’est engagé à réduire les taux d’imposition et à alléger les restrictions relatives à la prise de risque imposées aux établissements financiers à la suite de la crise financière.

Il n’en demeure pas moins que lors de déjeuners privés et de cocktails tenus en soirée à Davos, certains financiers américains ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact de la ferme remise en cause de principes clés de la politique étrangère US opérée par Donald Trump, observant également d’un mauvais œil la manière dont il a fustigé des entreprises américaines sur Twitter.

La plupart des banquiers prévoient une fluctuation volatile des marchés en 2017, s’attendant à ce que les investisseurs, après avoir fait grimper les cours des actions en prévision de réductions d’impôts et de hausses de dépenses, ne s’impatientent avant de voir les paroles traduites dans des faits.

Les banques d’investissement américaines ont d’ores et déjà enregistré des résultats exceptionnels au quatrième trimestre 2016, suite à une flambée des volumes échangés sur les produits de base, les produits de taux d’intérêt et les devises, les investisseurs remaniant leurs portefeuilles en réaction à la victoire surprise de Donald Trump et à la hausse de la Fed. Rappelons qu’à la mi-décembre, la présidente de la banque centrale américaine, Janet Yellen, a annoncé la hausse d’un quart de point des taux directeurs, soulignant un environnement « d’incertitudes » après l’élection présidentielle. Goldman Sachs, la banque la plus dépendante du trading, a vu la valeur de son titre croître de près de 30 % depuis les élections du 8 novembre dernier. 

Si les comptes des banques européennes n’ont pas encore bénéficié de cette situation durant le dernier trimestre 2016, leurs actions ont néanmoins été stimulées par les derniers développements de la politique US. L’indice bancaire de la zone – SX7P – a ainsi enregistré une hausse de 15 %, les investisseurs misant sur des banques comme Barclays et Deutsche Bank, qui détiennent des opérations liées aux banques d’investissement US.

Sources : Reuters, AFP

Elisabeth Studer – 22 janvier 2017 – www.leblogfinance.com

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23 commentaires

  1. Elisabeth Studer 22 janvier 2017 à 21:58

    Trump : optimisme des patrons du S&P
    Par Lefigaro.fr avec Reuters Mis à jour le 22/01/2017

    L’administration Trump vient à peine de s’installer qu’un petit groupe de patrons du S&P-500 a déjà exprimé son optimisme sur l’impact de ses promesses de baisses d’impôts, de dépenses d’infrastructures et de dérégulation sur les résultats.
    Avant l’investiture de Donald Trump, les dirigeants de Morgan Stanley, Delta Air Lines et d’autres grandes sociétés américaines ont affirmé que son arrivée à la Maison blanche avait déjà amélioré les perspectives économiques.
    “Il y a certainement plus de raisons d’être optimiste en ce début 2017 qu’il n’y en avait début 2016″, a déclaré mardi James Gorman, directeur général de Morgan Stanley, lors de l’annonce d’un bénéfice du quatrième trimestre multiplié par deux, mettant en avant l’amélioration de la confiance des ménages depuis la victoire de Trump et ses promesses de baisses d’impôts.
    La saison des résultats qui commence tout juste tend à confirmer les espoirs placés dans le nouveau président par les dirigeants des grands groupes cotés à Wall Street, dont les résultats sont déjà prévus en redressement par rapport à 2015.
    Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les résultats des composantes du S&P-500 sont attendus en moyenne en progression de 6,3% pour le quatrième trimestre à fin décembre 2016 et de 13,6% sur le premier trimestre à fin mars.
    Depuis l’élection du 8 novembre, l’indice S&P a gagné 6% pour atteindre des niveaux record, en partie grâce aux attentes vis-à-vis de la politique de relance de Trump. Les banques ont mené la hausse, portées par les anticipations d’allègement de la réglementation du secteur, après un durcissement depuis la crise financière de 2008 souvent jugé excessif par les investisseurs.
    Tous les hommes d’affaires ne sont pas emballés et certains chefs d’entreprises et lobbyistes à Washington, qui ont fait preuve d’enthousiasme dans un premier temps, se montrent plus hésitants et moins confiants face aux messages parfois contradictoires sur la santé, la fiscalité et le commerce.
    Avenir plus prometteur
    Quoiqu’il en soit, même si les positions de Trump sur l’immigration et d’autres questions heurtent de nombreux citoyens américains, la plupart des petites entreprises et les consommateurs jugent l’avenir plus prometteur avec son arrivée au pouvoir.
    En décembre, l’indice de confiance des petites entreprises publié par la fédération nationale des sociétés indépendantes a atteint un pic de 12 ans tandis que la confiance des consommateurs a touché son plus haut niveau depuis août 2001, juste avant les attentats du 11 septembre.
    A la suite des fortes hausses de cours en novembre et décembre, de nombreux intervenants à Wall Street se montrent plus prudent dans la crainte que Donald Trump ne mette pas en application toutes ses promesses de campagne. Un Congrès américain dominé par les Républicains pourrait en effet faire barrage aux projets de dépenses massives d’infrastructures et de baisses d’impôts qui alourdiraient le déficit du budget fédéral.
    D’autres craignent que Trump mette à exécution ses menaces de remise en cause des traités commerciaux et de répression des immigrés méxicains sans papiers, une main d’oeuvre bon marché pour l’agriculture, la restauration et d’autres secteurs.
    “Les intervenants ont tendance à sous-estimer la volonté réelle de réforme de Trump en matière de commerce et d’immigration”, avertit Jon Adams, responsable de la stratégie chez BMO Global Asset Management. “Les investisseurs espèrent qu’il adoptera une approche plus pragmatique sur ces questions.”
    Au cours des deux derniers mois, Trump a ouvertement menacé plusieurs multinationales, dont Ford Motor, General Motors , Boeing et Lockheed Martin, ce qui a pu décourager leurs patrons d’affirmer publiquement leurs désaccords avec les politiques préconisées par le président.
    “On ne veut pas marcher sur une mine. La meilleure voie est donc d’afficher un optimisme relatif, positif mais sans trop s’engager, afin de ne pas se trouver pris au piège dans un sens ou dans l’autre”, dit Robert Pavlik, responsable de la stratégie de marché chez Boston Private Wealth à New York.
    Par ailleurs, l’habitude de Trump de s’exprimer sur Twitter pour louer ou critiquer telle ou telle société a tendance à faire bouger les titres, ce qu’apprécient les brokers en ligne.
    “A chaque fois, c’est un nouvel évènement de marché et potentiellement une opportunité de trading pour nos clients. Comme tout le monde, nous suivons cela avec intérêt”, a déclaré Jeff Goeser, directeur financier de TD Ameritrade la semaine dernière lors de la publication de ses résultats trimestriels.

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