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EDF : des actionnaires salariés souhaitent un retrait de la cote et un rachat des minoritaires par l’Etat

Décidément, le projet des deux EPR à Hinkley Point Au Royaume-Uni provoque des remous chez EDF. Des actionnaires salariés de l’entreprise réunis au sein de l’association EDF actionnariat salarié (EAS) viennent de déposer mercredi une requête auprès de l’Autorité des marchés financiers en vue de demander le retrait de l’électricien de la cotation à la Bourse de Paris et le rachat des minoritaires par l’Etat. Poussant ce dernier en quelque sorte à assumer ses choix – et sa politique – jusqu’au bout en rachetant toute l’entreprise.

« J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir instruire la requête des actionnaires salariés et anciens salariés d’EDF SA, adhérents de l’association EAS, de se voir proposer une Offre Publique de Retrait par l’actionnaire majoritaire, » écrit ainsi Benoît Gailhac, président de EAS, dans le courrier adressé au président de l’AMF.

Leur justification : les actionnaires salariés considèrent que le chantier britannique – d’un coût approchant les 23 milliards d’euros pourrait nuire « à l’avenir de l’entreprise et aux investissements nécessaires tant à la transition énergétique qu’à la maintenance du parc nucléaire actuel », exploité par EDF.   De plus, le moindre incident dans la mise en œuvre du projet pourrait avoir de fâcheuses incidences financières pour l’entreprise, voire la déstabiliser. Or, les projets des EPR sont loin d’être réputés pour leur fiabilité.

Selon les actionnaires salariés, l’Etat, certes actionnaire majoritaire, se comporte comme le seul propriétaire d’EDF « en utilisant l’entreprise comme un bras armé de sa politique soit industrielle, soit diplomatique ». L’EAS estime ainsi que le gouvernement français associe et confond son projet stratégique de développer la filière nucléaire française avec l’intérêt social d’EDF SA. Rappelons qu’à l’heure actuelle, l’Etat détient 84,94% du capital d’EDF et 90,68% des droits de vote de la société.

L’association souhaite par ailleurs que l’offre publique de retrait, par laquelle l’Etat rachèterait les actions des autres actionnaires, avant de retirer l’entreprise de la Bourse, soit fixée a minima au prix de l’introduction en Bourse, c’est-à-dire à 32 euros. Rappelons que mardi, à la clôture de la Bourse de Paris, le titre EDF s’échangeait à 11,61 euros.

A noter que cette requête a été transmise le jour même d’une réunion interministérielle sur EDF autour du président de la République François Hollande alors que le projet controversé d’Hinkley Point est à l’origine de vives tensions au sein d’EDF. S’il demeure certes soutenu par les gouvernements français et britannique et la direction d’EDF, des syndicats du groupe et son ancien directeur financier – qui a démissionné le mois dernier – ont émis des réserves à son sujet.

Parallèlement, un groupe de cadres d’EDF a écrit, sous le couvert de l’anonymat, une lettre aux administrateurs du groupe en vue de leur rappeler que leur mission est d’examiner l’intérêt social de l’entreprise, lorsqu’ils auront à se prononcer sur le projet anglais. Confirmant ainsi une information du Financial Times.

Sources : AFP, EAS, FT

Elisabeth Studer – 20 avril 2016 – www.leblogfinance.com

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1 commentaire

  1. retrouvé le retour 20 avril 2016 à 20:54

    C’est pas sur la cuve de l’EPR qu’il est tombé, mais sur la tête de nos dirigeants !!