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Turkish Stream : Saipem (Italie) se dit prête à démarrer les travaux

Décidément, le projet du gazoduc Turkish Stream fait beaucoup parler de lui et semble particulièrement attirer les foules en ce moment. Ce qui démontre son caractère on ne peut plus stratégique.

Alors que Panagiotis Lafazanis, ministre grec de l’Energie, a récemment indiqué qu’Athènes montrait un vif intérêt au prolongement sur son territoire du nouveau gazoduc que le géant gazier russe Gazprom envisage de construire à destination de la Turquie, la société italienne Saipem se prépare à débuter les travaux, l’abandon du projet South Stream par Gazprom ne signifiant pas pour autant la rupture des contrats avec les sociétés engagées par le géant gazier russe.

Mardi, le PDG de Saipem, Umberto Vergine, a ainsi indiqué la société spécialisée dans la construction d’infrastructures énergétiques était prête à travailler au projet de gazoduc Turkish Stream dès que son client, et notamment le russe Gazprom, lui en passerait commande.

Rappelons que Saipem, filiale de la société italienne ENI, détient une autorisation lui permettant de poser des pipelines sous la mer Noire. L’entreprise avait par ailleurs gagné l’appel d’offres de Gazprom en vue de la construction du gazoduc South Stream. Après l’abandon de ce projet par la Russie, le géant gazier russe n’a pas toutefois rompu son contrat avec elle.

A noter que Gazprom ambitionne de mettre en service dès la fin 2016 un nouveau pipeline à destination de la frontière gréco-turque, projet qui devrait notamment permettre de compenser l’abandon du projet South Streamvers l’Union européenne.

En février dernier, le conseiller diplomatique du chef de l’Etat russe Iouri Ouchakov avait déclaré que le président russe Vladimir Poutine et le nouveau premier ministre grec Alexis Tsipras avaient examiné par téléphone la situation en Ukraine et la décision récemment prise par Moscou d’abandonner le projet de gazoduc South Stream. Un dossier qui concerne l’Union européenne toute entière … sa dépendance énergétique étant en jeu. L’Ukraine pesant fortement dans la bataille.

Si certes Vladimir Poutine a de nouveau félicité le parti Syriza à l’occasion de sa victoire aux élections, tout en félicitant personnellement Alexis Tsipras « à l’occasion de son entrée en fonction », le Président russe avait alors invité son interlocuteur à effectuer une visite en Russie. Avec en ligne de mire : le projet du gazoduc on ne peut plus stratégique.

C’est lors d’une visite en Turquie, qu’au début du mois de décembre 2014, le président russe a annoncé l’abandon de South Stream, évoquant une nouvelle alternative de rediriger le gazoduc en cours de construction vers le territoire turc.

Rappelons qu’initialement, South Stream devait relier la Russie à l’Italie en passant sous la Mer Noire … scénario qui permet d’éviter l’Ukraine par où transitent aujourd’hui près de la moitié des livraisons russes à l’Union européenne. Car le conflit ukrainien constitue le nerf de la guerre qui opposent actuellement Moscou et Bruxelles. Réagissant à la position de la Russie envers l’Ukraine, la Commission a ainsi  estimé que le projet de pipeline ne respectait pas les règles européennes, arguant du fait que Gazprom refuse d’ouvrir l’accès du gazoduc à d’autres fournisseurs.

Vladimir Poutine a quant à lui justifié l’arrêt de South Stream par l’opposition de l’Union européenne (UE) au passage du gazoduc sur le territoire de ses Etats membres, notamment la Bulgarie. Rappelons que durant l’été 2014, Bruxelles avait exercé de fortes pressions sur Sofia afin que le gouvernement bulgare renonce aux premiers travaux de construction de gazoduc. « Nous allons dérouter nos ressources énergétiques vers d’autres régions du monde et l’Europe ne recevra plus les mêmes volumes de la Russie, mais c’est le choix de nos amis européens », avait alors souligné le président russe.

Au final, au début du mois de décembre 2014, Moscou et Ankara ont signé un accord pour la construction d’un nouveau pipeline  reliant les deux pays via la Mer noire , et la mise en place d’un hub gazier …. à la frontière en Grèce et Turquie, tout en offrant au gouvernement turc une remise de 6 % sur ses approvisionnements en gaz. La Grèce devenant ainsi dans ce scénario un pays stratégique pour permettre le transit du gaz vers l’Union européenne … la Turquie étant  quant à elle le deuxième client de Gazprom derrière l’Allemagne. Avec un enjeu associé et non des moindres : « nullifier » le rôle de l’Ukraine en tant que transit gazier entre la Russie et l’Union européenne, selon les termes mêmes employés par Alexei Miller en décembre 2014.

En janvier 2015, Moscou a tenu à préciser que le nouveau projet Turkish Stream de Gazprom prévoyait de déployer le pipeline jusqu’à la frontière gréco-turque, charge restant aux Européens de créer les infrastructures en vue de récupérer le gaz au delà de ces limites.

Face aux risques que la Commission européenne ne s’avère réticente quant à un possible transit du gazoduc via la Grèce, M. Lafazanis a estimé que l’isolement énergétique de la Russie n’était pas un développement positif pour l’Europe . Selon lui, les pays européens ont besoin du gaz russe, aucune solution alternative n’étant envisageable à ses yeux.

Sources : AFP, sputniknews.com, Le Monde, themoscowtimes.com

Elisabeth Studer – 28 avril 2015 – www.leblogfinance.com

A lire également :

La Russie dément tout accord avec la Grèce sur le gazoduc Turkish Stream

Les USA pressent la Grèce de réformer, chantage voilé sur une éventuelle participation au gazoduc Russie-Turquie ?

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28 commentaires

  1. Elisabeth Studer 4 juin 2015 à 00:04

    Après la Grèce, la Slovaquie envisage d’être reliée au gazoduc russo-turc

    Source : francais.rt.com

    La Slovaquie craint de subir de lourdes pertes financières si le gaz russe ne passe plus par son territoire. Le pays souhaite désormais être relié au projet de gazoduc Russie-Turquie, le Turkish Stream.

    « Si nous cessons d’être un pays de transit de gaz vers l’Europe, notre budget subira de lourdes pertes ». Cette déclaration est l’oeuvre du Premier ministre slovaque, Robert Fico. Alors qu’il était en visite à Moscou ce mardi, il a fait part de ses inquiétudes durant une conférence de presse commune avec son homologue, Dimitri Medvedev. Robert Fico a également rencontré le président Vladimir Poutine.

    La Slovaquie sert actuellement de pays de transit du gaz russe à destination de l’Europe via l’Ukraine. Mais Moscou a annoncé ne plus vouloir livrer cette source d’énergie en passant par Kiev à partir de 2019. Le chef du gouvernement slovaque a présenté son projet baptisé Eastring. Incluant la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie. Il a été préparé par Eustream, le gérant des infrastuctures gazières slovaques. Le projet serait en lien avec la connexion russo-turque. Autrement dit le Turkish Stream.

    South Stream, Turkish Stream et maintenant Eastring

    Vous n’y comprenez plus rien ? C’est pourtant simple. Aujourd’hui, la majeure partie du gaz russe qui alimente l’Europe passe par l’Ukraine. Le volume de gaz en provenance de Moscou équivaut à près de 30% de la quantité totale importée par l’Europe. Et près de 50% passe par Kiev. Le Kremlin a décidé de suspendre la livraison de gaz à l’Europe via l’Ukraine dès 2019. Décision prise de longue date après que Kiev a siphonné du gaz à destination de l’Europe en 2006 et 2009.

    Le projet South Stream aurait pu être une alternative. Ce gazoduc géant était censé relier la Russie à l’Europe en contournant l’Ukraine. Estimé à 40 milliards de dollars, il devait passer par la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie. Le projet était géré par un consortium de quatre entreprises, Gazprom (50%), l’italien ENI (25%), l’allemand Wintershall Holding (15%) et enfin le français EDF (10%).

    Mais les travaux, débutés en 2012, n’iront jamais au bout. Vladimir Poutine a décidé d’abandonner le projet à la fin de l’année dernière. Dans le contexte de la crise ukrainienne, l’Union européenne s’était montrée très réticente à l’idée que le projet puisse aller au bout. Bruxelles avait tout d’abord dénoncé les contrats signés par Gazprom en les accusant de violer les règles européennes. Puis Moscou avait accusé en retour l’UE de faire pression sur certains états membres comme la Bulgarie afin qu’ils mettent fin à leur participation dans le projet. Ce que Sofia avait fait en juin dernier. En décembre, le président russe avait déclaré :

    « Si l’Europe ne veut pas de ce gazoduc, alors il ne sera pas construit ».

    Pour ne pas perdre le bénéfice des investissements déjà réalisés, la Russie a changé son fusil d’épaule. C’est maintenant un gazoduc reliant la Russie à la Turquie qui est prévu. En février dernier, Gazprom a déclaré avoir défini les grandes lignes du tracé avec le ministre turc de l’énergie, Taner Yldiz. Le projet devrait compenser l’abandon du South Stream dès 2016. Il prévoit la mise en place d’un hub gazier à la frontière greco-turque. Le but de la manoeuvre est de permettre aux pays européens le désirant de s’y rallier.

    La Grèce et maintenant la Slovaquie

    Bien décidé à tenir tête à Bruxelles, Alexis Tsipras envisage sérieusement une prolongation du Turkish Stream sur le territoire grec. Après avoir évoqué la situation avec Vladimir Poutine à plusieurs reprises, il semble que le projet avance. Le ministre grec de l’Energie, Panagiotis Lafazanis, a indiqué lundi que la question du financement était « réglée ». Il a même envisagé la signature d’un accord durant un forum économique prévu du 18 au 20 juin à Saint-Pétersbourg. Le président de l’Institut de l’énergie et des finances russe, Vladimir Feïguine, est optimiste :

    « L’installation de l’infrastructure de Turkish Stream, que les Grecs qualifient déjà eux-mêmes de Greek, pourrait transformer le pays en État transit clé, ce qui lui offrirait des centaines de millions d’euros de recettes budgétaires. »

    Avec leur projet Eastring, les gouvernements bulgare, roumain, hongrois et slovaque pourraient rejoindre la Grèce dans leur volonté de profiter du Turkish Stream. Si Robert Fico a assuré que l’Eastring se ferait avec « la participation et le soutien de l’Union européenne », certains médias se montrent prudents. Plusieurs pays européens, par lesquels le gazoduc pourrait être prolongé, craindraient de se heurter à l’hostilité de Bruxelles.

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