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Egypte : la Russie prête à aider au renouveau démocratique … sous forte odeur de gaz ?

La situation qui prévaut actuellement en Egypte aurait-elle une forte odeur de gaz ? Qui sait … ce ne serait pas la première fois … et certainement pas la dernière.  Précisons tout d’abord pour être factuel que le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov a déclaré jeudi à l’ambassadeur d’Egypte à Moscou Mahmoud El-Dib que la Russie était prête à aider le peuple égyptien à résoudre des problèmes d’ordre économique et démocratique.

 - La Russie en faveur du renouvellement démocratique et du développement économique de l’Egypte

« M.Bogdanov a confirmé la position de principe de la Russie en faveur de la consolidation et du renforcement des liens d’amitié traditionnels entre l’Egypte et la Russie et a exprimé l’empressement de fournir une assistance nécessaire pour résoudre les tâches du renouvellement démocratique et du développement économique », indique ainsi la diplomatie russe dans un communiqué.
Des propos qui interviennent alors que mercredi soir, l’armée égyptienne a chassé Mohamed Morsi du pouvoir alors que le pays est le théâtre d’une grave crise politique.
Le président déchu a ainsi été arrêté et conduit au siège du ministère de la Défense, ses conseillers étant quant à eux assignés à résidence. Parallèlement, les forces armées nommaient le président de la Cour constitutionnelle Adly Mansour nouveau chef de l’Etat par intérim du pays, tout en suspendant la constitution et annonçant une élection présidentielle anticipée.

Mais que vient faire la Russie dans cette « galère » me direz-vous ? Tenter de semer le trouble en Égypte et surtout évitez que le gaz égyptien n’alimente un peu trop à son goût le marché européen … alors même que l’Egypte devrait prochainement perdre un important débouché que représente le marché israélien. Allez savoir …
L’objectif pourrait être également de rendre la région instable, contexte de nature à accroître les risques pour les investisseurs et à freiner les majors pétrolières dans l’exploitation des ressources prometteuses de la région et des réserves gazières de l’Egypte. Histoire de vendre encore davantage de gaz russe à l’Union européenne.

-  Les gisements de gaz de Tamar et Leviathan : du gaz dans l’eau entre Égypte et Israël

En janvier 2011nous vous alertions déjà  sur une « affaire à suivre de très près », redoutant d’ores et déjà depuis quelques mois qu’elle n’enflamme à nouveau la région. Nous indiquions alors que Hossam Zaki, porte-parole du ministre égyptien des Affaires étrangères, avait déclaré le 26 décembre 2010 que l’Egypte examinait de près l’accord récemment signé entre Israël et Chypre en vue de démarquer leurs frontières maritimes.  Selon le porte-parole de la diplomatie égyptienne, le Caire  souhaitait ainsi s’assurer que l’accord n’affectait pas les intérêts économiques de son territoire en Méditerranée.

Des propos qui intervenaient alors que le groupe américain Noble Energy, principal opérateur des  sites, venait d’annoncer que les réserves du gisement offshore de gaz naturel au large d’Israël – baptisé Léviathan -  étaient estimées à 450 milliards de m3.

Le texte  signé en décembre 2010 entre Israël et Chypre ayant quant à lui pour but de faciliter et de poursuivre les recherches off-shore d’hydrocarbures de part et d’autre dans la partie orientale de la Méditerranée .. alors que de gigantesques réserves de gaz ont donc  récemment été découvertes dans la zone.

« Le Ministère des Affaires étrangères égyptien mène actuellement des recherches techniques et réglementaires en vue de s’assurer que les frontières spécifiées par l’accord n’enfreignent pas le territoire maritime égyptien » avait également précisé Hossam Zaki.

« Cette découverte fait potentiellement d’Israël un pays exportateur de gaz naturel », avait alors souligné pour sa part David Stover, haut dirigeant de Noble Energy, société basé à Houston, Texas. Ce dernier confirmait les propos du le ministre israélien des Infrastructures nationales Uzi Landau. Lequel avait   affirmé auparavant qu’ Israël pourrait devenir un exportateur de gaz vers l’Europe. « Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre« , avait-t-il même précisé.

En dehors  du  champ prometteur de Leviathan, le gisement de  Tamar – qui se trouve à 90 km au large du port de Haïfa – posséderait pour sa part une capacité de 238 milliards de m3 de gaz. Il s’agit du plus important champ gazier au niveau mondial découvert ces trois dernières années. Son exploitation a démarré en mars 2013. Selon les découvertes de Noble, Tamar représenterait environ 35 années des besoins d’Israël en gaz naturel.

Or, jusqu’à 2011, l’Etat hébreu importait 43% de son gaz … d’Egypte. Mais les livraisons de gaz égyptien ont été totalement interrompues à la suite d’une série d’attentats contre le  pipeline permettant le transit à travers le Sinaï.

 - Quand Israël devient exportateur de gaz au grand dam de l’Egypte

Précisons par ailleurs qu’à la mi-juin 2013 Israël a indiqué  qu’il limiterait à 40% ses exportations de gaz naturel produit dans plusieurs champs offshore. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  a alors indiqué  que l’Etat hébreu recevrait  60% des quantités de gaz produit, ajoutant  que  cet accord permettrait d’assurer les besoins du pays pour au moins les 25 ans à venir. Tout en indiquant que les recettes d’exportations israéliennes issues de ces transactions  devraient atteindre 60 milliards de dollars (environ 45 milliards d’euros) durant les 20 prochaines années.

En 2012, une  commission officielle avait recommandé de fixer à 53% le pourcentage de gaz produit susceptible d’être exporté,  ce qui correspond à environ 500 milliards de m3 (BCM).  Les réserves de gaz naturel d’Israël étant estimées quant  à elles  à plus de 800 BCM.

- Quand l’Egypte donnait son veto sur l’exportation de gaz israélien vers l’Europe -

En janvier 2011, alors que nous suggérions que l’attitude des Etats-Unis en vers l’Egypte – menaçant de réduire aides financières et militaires accordées au Caire – serait tant liée à une non adhésion à la politique répressive du gouvernement égyptien qu’à la volonté de ce dernier de contrôler l’hégémonie gazière d’Israël, les faits semblaient nous avoir donné raison.

Le 25 janvier 2011, le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources Minérales, Sameh Fahmi avait en effet  annoncé au journal égyptien « Al-Masry Al-Youm » étudier « la question de revendiquer la part de l’Egypte dans les gisements de gaz trouvés au large de la côte israélienne ». Le ministre ajoutant par ailleurs que « déja trois autres pays, le Liban, la Turquie et Chypre considèrent la possibilité de revendiquer le gaz des gisements exploités par Israël« .

Fait majeur, Sameh Fahmi avait  par ailleurs déclaré que l’Egypte ne donnerait aucun permis d’exporter le gaz vers l’Europe, via la frontière israélo-égyptienne, scénario largement envisagé par la partie israélienne.

- Quand Poutine veut garantir la stabilité des livraisons de gaz sur le marché mondial

« La création d’un modèle global chargé de réaliser des prévisions concernant les marchés mondiaux du gaz constituera un nouveau jalon du développement de la filière », a estimé quant à lui pas plus tard que lundi le président russe Vladimir Poutine lors du deuxième Forum des pays exportateurs de gaz.
« La création d’un modèle gazier global est vouée à constituer un nouveau jalon qui permettra aux participants du Forum de présenter à la communauté internationale leurs propres prévisions pour les marchés gaziers internationaux », a tenu à ajouter Vladimir Poutine.
« Garantir la stabilité des livraisons de gaz sur le marché mondial constitue un objectif prioritaire pour les pays exportateurs de cet hydrocarbure, a par ailleurs estimé le président russe. Indiquant que la « tâche prioritaire » du Forum était « d’assurer la stabilité des livraisons de gaz sur le marché mondial à longue échéance ».

M. Poutine a par ailleurs rappelé à cette occasion que les pays membres du forum possédaient les deux tiers des réserves prouvées de gaz naturel et assuraient près de la moitié des exportations mondiales de cette matière énergétique. Il s’agit de l’Algérie, la Bolivie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigeria, Oman, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago et le Venezuela.

Mais il faudra désormais compter sur Israël …

Elisabeth Studer – 04 juillet 2013 – www.leblogfinance.com

 

Sources : AFP, Ria Novosti, www.econostrum.info ,
Egypt News/ Traduction : E.STUDER / leblogfinance.com

 

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12 commentaires

  1. Elisabeth Studer 5 juillet 2013 à 00:11

    CQFD …
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    Egypt asks Russia to help with gas

    Russia’s gas giant Gazprom is now mulling Egypt’s proposal to make swap gas shipments to Europe

    Egypt asks Russia to help with gas

    Last Update: 20 April 2013, 14:23

    Egypt’s seeks Gazprom to help with export gas shipments to Europe amid the continuing deficit in the country, Russian Energy Minister Alexander Novak said on Saturday, RIA Novosti reported.

    “Egypt has asked us [Russia] to help make swap gas shipments in order under Egypt’s agreements with Europe,” Novak told the Prime news agency on Saturday, adding that Egypt currently experiences difficulties with the export contracts because of the exisitng gas shortages on its domestic market.

    According to Novak, Russia’s gas giant Gazprom is now mulling Egypt’s proposal to make swap gas shipments to Europe. The company is expected to announce its decision soon, the minister said.

    Last week Gazprom’s CEO Alexey Miller met with Mohamed Kamal Abdel Hamid, Egypt’s Minister of Petroleum and Mineral Resources in Moscow to discuss bilateral cooperation in oil and gas industries.

    On Friday, Egypt’s President Mohamed Mursi had a meeting with President Vladimir Putin in Sochi. Cairo hopes to restore economic ties that Egypt had with the Soviet Union.

  2. Elisabeth Studer 5 juillet 2013 à 00:16

    Et encore

    Russia says Egypt asks for help with gas supplies to Europe

    MOSCOW | Sat Apr 20, 2013 1:38pm BST

    (Reuters) – Egypt, struggling to meet domestic energy demand, has asked Russia to help it fulfil its gas supply contracts with Europe, Russia’s Energy Minister was quoted as saying on Saturday.

    He also said Egypt had offered some Russian companies, including Gazprom (GAZP.MM), Gazprom Neft (SIBN.MM), Lukoil (LKOH.MM) and Novatek (NVTK.MM), opportunities in the North African country’s offshore oil and gas sector.

    « The gas, which they were supposed to ship (abroad) under a contract, may be left for domestic consumption, while we could fulfil the contract via a swap supply by Gazprom, » Alexander Novak was quoted as saying by the RIA Novosti news agency.

    The possibility of an increase in Russian gas supplies to Europe could draw a negative reaction from the European Union, which is trying to lessen its dependency on energy supplies from Russia. Europe relies on Russia for around a quarter of its natural gas needs.

    Oil and gas production in Egypt has been in decline in recent years. January oil output fell 3 percent year-on-year, according to government data, while gas production fell 9 percent.

    The Egyptian economy has been in crisis since the overthrow of Hosni Mubarak in 2011, with President Mohamed Mursi grappling with a weak economy and street protests.

    The Russian energy minister was speaking after Mursi failed to secure a loan and grain supplies from Russia.

    (Reporting by Vladimir Soldatkin; Editing by Rosalind Russell)

  3. Elisabeth Studer 5 juillet 2013 à 00:20

    April 22, 2012

    Egypt ends gas deal with Israel, stakeholder says

    Reuters

    Egypt’s energy companies have terminated a long-term deal to supply Israel with gas after the cross-border pipeline sustained months of sabotage since a revolt last year, a stakeholder in the deal said on Sunday.

    Ampal-American Israel Corporation, a partner in the East Mediterreanean Gas Company (EMG), which operates the pipeline, said the Egyptian companies involved had notified EMG they were “terminating the gas and purchase agreement”.

    The company said in a statement that the Egyptian General Petroleum Corporation and Egyptian Natural Gas Holding Company had notified them of the decision, adding that “EMG considers the termination attempt unlawful and in bad faith, and consequently demanded its withdrawal”.

    It said EMG, Ampal, and EMG’s other international shareholders were “considering their options and legal remedies as well as approaching the various governments”.

    Before the sabotage, Egypt supplied about 40 percent of Israel’s natural gas, which is the country’s main energy source.

    Israeli officials have said the country was at risk of facing summer power outages due to energy shortages.

    Companies invested in the Israeli-Egyptian venture have taken a hit from numerous explosions of the cross-border pipeline and are seeking compensation from the Egyptian government of billions of dollars.

    Ampal and two other companies have sought $8 billion in damages from Egypt for not safeguarding their investment.

    The Egyptian decision is a potential blow to the country’s ties with Israel, already tested by the toppling of Israeli ally President Hosni Mubarak a year ago.

    Egypt was the first of two Arab countries to sign a peace treaty with Israel, in 1979, followed by Jordan in 1994.

  4. Elisabeth Studer 5 juillet 2013 à 00:23

    Les USA inquiets …. pour Noble Energy ?
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    July 3, 2013

    Obama urges Egyptian military to quickly return to democratic government

    Reuters

    President Barack Obama expressed deep concern about Egyptian removal of President Mohamed Morsi on Wednesday and called for a swift return to a democratically elected civilian government.

    In a written statement commenting on dramatic events unfolding in Cairo, Obama said he had directed relevant U.S. agencies to review the implications of the military intervention to determine whether it would have any impact on U.S. aid.

    He urged the Egyptian military to avoid any arbitrary arrests of Mursi and his supporters.

    « During this uncertain period, we expect the military to ensure that the rights of all Egyptian men and women are protected, including the right to peaceful assembly, due process, and free and fair trials in civilian courts, » he said.

    Reporting By Steve Holland and Roberta Rampton; Editing by Philip Barbara

  5. retrouvé le retour 6 juillet 2013 à 00:37

    Gaz à tous les étages, le robinet d’eau et les toilettes sèches sont dans la cour !
    Il ne faut pas confondre l’alimentation en gaz de trois Pingouins avec le grand bon en avant de toute l’Asie.

    En suivant les USA vers des chimères, l’Europe qui devrait être la seconde zone économique derrière l’ensemble asiatique va finir par se retrouver isolée avec les USA et leurs petits copains. Une sorte de « Zone de Libre Echange » entre états en faillite.
    Le trucage des statistiques US conduit directement à l’allongement de la durée du temps de travail, à la crise de tout système de retraite, à la précarisation de l’épargne et à la pagaille !!

  6. ES 7 juillet 2013 à 23:46

    Automotive News
    July 3, 2013 – 1:35 pm ET — UPDATED: 7/4/13 8:59 am ET – adds BMW, GM, Toyota details

    BMW, General Motors and Toyota have had to temporarily shut down all or parts of their operations in Egypt because of political unrest in the country.

    BMW and GM closed their sales and production units in the country today following yesterday’s ouster of President Mohamed Morsi.

    BMW expects « a full return to normal business and production in Egypt by Sunday, » a spokeswoman in Europe said in an e-mail today.

    BMW’s local operations normally close on Friday and Saturday, which are the regular weekend days in the country, with the workweek starting on Sunday.

    An e-mail to GM Egypt marketing and export manager Karim Tinawi resulted in an auto reply saying, « As a precautionary measure, GM Egypt will be closed today July 4th and we will resume on Sunday July 7th. » Attempts to reach Tinawi by phone for more details were unsuccessful.

    GM, which sells the Opel and Chevrolet brands in Egypt, has a complete knockdown plant in Cairo, as does Toyota, which maintained production throughout the period of unrest. Since last year Toyota has been building the Hilux-based Fortuner mid-sized SUV at the plant, which employs 700 people, according to the company’s Web site.

    While production never stopped, Toyota did shut down all of its dealerships from June 29 to July 1 but reopened on them on July 2.

    « This was a precautionary measure taken by Toyota Egypt based on reports of upcoming large-scale demonstrations, » a Toyota spokesman in Europe said in an e-mail today, adding that Toyota has had no damage to its 25 dealerships in the country and that overall car sales had not been affected despite the unrest.

    A Renault spokeswoman said the company’s business in the country, where it has 38 dealerships but no vehicle production, had not been affected by the unrest.

    Calm returned to Cairo on Thursday after huge crowds had filled Tahrir Square, danced in the streets and held Egyptian flags aloft overnight to celebrate Morsi’s downfall after days of mass protests.

    Morsi’s dramatic removal after a year in office marked another twist in the turmoil that has gripped the Arab world’s most populous country in the two years since the fall of Hosni Mubarak. At least 14 people were killed and hundreds wounded in street clashes across Egypt on Wednesday. Morsi is in military custody, army and Muslim Brotherhood sources say.

    Egypt is the third largest car-producing market in Africa after South Africa and Morocco. Automakers built 36,800 units in Egypt last year, down 31 percent from 2011, according to the International Organization of Motor Vehicle Manufacturers.

    Through April, Egypt’s car sales were up 14 percent to 68,106 units, according to market researcher Focus2Move. Chevrolet was the country’s top-selling brand with a four-month volume of 16,124, followed by Hyundai (10,510) with Toyota (6,798), Kia (5,435) and Renault (3,155) rounding out the top five, according to Focus2Move.

  7. ES 7 juillet 2013 à 23:54

    MOYEN-ORIENT • Egypte : l’erreur d’Obama

    En soutenant sans critique les Frères musulmans depuis leur arrivée au pouvoir, le président américain s’est aliéné une large fraction de la population égyptienne, observe la presse américaine.
    Courrier international |
    Gabriel Hassan |
    4 juillet 2013
    | 0

    Des manifestants défilent sous une bannière accusant Barack Obama de "soutenir le terrorisme", le 30 juin 2013, au Caire – Photo AFP. Des manifestants défilent sous une bannière accusant Barack Obama de « soutenir le terrorisme », le 30 juin 2013, au Caire – Photo AFP.

    Mercredi 3 juillet, le président Mohamed Morsi a été déposé par l’armée égyptienne. Un renversement opéré avec le soutien de la population – et en dépit des mises en garde du gouvernement Obama, note The Daily Beast. Ce coup de force « met en lumière l’influence limitée du gouvernement Obama sur l’armée égyptienne », en dépit de l’aide américaine au pays évaluée à 1,3 milliards de dollars par an, écrit le site ce 4 juillet.

    Depuis que Morsi est sur la sellette, la presse américaine s’interroge sur la politique de la Maison Blanche en Egypte après l’arrivée des Frères musulmans à la tête de l’Etat. Le Washington Post souligne le discrédit qui frappe les Etats-Unis, dans un pays qui a longtemps été le plus proche allié de Washington dans le monde arabe.

    « Une des rares certitudes dans la situation tumultueuse que connaît l’Egypte cette semaine est que le prestige et l’influence des Etats-Unis sont en berne. Les manifestants anti-gouvernement sur la place Tahrir portaient des pancartes et chantaient des slogans contre l’ambassadrice américaine », observe le quotidien.

    Si Barack Obama n’est pas entièrement responsable de cette mauvaise image pour le Washington Post, son gouvernement a favorisé l’anti-américanisme en ne réagissant pas aux coups de force du gouvernement Morsi. La Maison Blanche n’a jamais utilisé l’aide américaine pour pousser les Frères musulmans à changer de politique, estime également le site The Daily Beast. C’est aussi la perception des manifestants égyptiens.

    L’ambassadrice Anne Patterson a aggravé le problème lorsqu’elle a déclaré douter que « les manifestations dans la rue puissent produire de meilleurs résultats que des élections », tout en passant sous silence les mesures « quasi-autoritaires » du gouvernement. Elle est devenue le symbole honni de la politique américaine, explique The New York Times qui brosse son portrait.

    Enfin, en encourageant lundi 1er juillet le président Morsi à « répondre » aux demandes de l’opposition, sans condamner explicitement un hypothétique coup d’Etat militaire, Barack Obama a prêté le flanc à l’accusation de donner un blanc-seing à l’armée, note The Washington Post. Aujourd’hui, la Maison-Blanche est confrontée à une question épineuse : faut-il suspendre l’aide américaine à l’Egypte ? Selon la loi américaine, l’aide ne peut pas aller vers un pays où un coup d’Etat a eu lieu.

  8. ES 8 juillet 2013 à 00:12

    on en reparle
    ———————-

    Sudan welcomes renewal of ‘Golden Triangle’ partnership with Egypt, Libya
    ..

    Tue, 26/03/2013 – 21:52

    Egypt’s President Mohamed Morsy (R) meets with Sudan’s Foreign Minister Ali Ahmed Karti at the presidential palace, Cairo, August 25, 2012. A group of protesters continued a sit-in outside Egypt’s presidential palace on Saturday, demonstrating against what they call a power grab by the Muslim Brotherhood and the candidate they supported, Mohamed Morsy, who took office in early July.

    Reuters .
    . . . .

    Sudanese Foreign Minister Ali Ahmed Karti said on Tuesday that Sudan is studying renewing the so-called « Golden Triangle » partnership between Sudan, Egypt and Libya.

    Karti made the comments on the sidelines of the Arab League of Nations Summit in Doha, Qatar, adding that the idea had been raised some time ago, but that Sudan was waiting for the situation in Libya to stabilize.

    « Now that the situation has become stable, we contacted the new Libyan foreign minister who welcomed the idea, » Karti said. He added Sudanese officials met with the Libyan foreign minister to discuss the issue in more depth Monday

  9. retrouvé le retour 9 juillet 2013 à 00:14

    « sans condamner explicitement un hypothétique coup d’Etat militaire, Barack Obama a …. »

    Les USA sèment la pagaille économique en Egypte comme partout au Moyen Orient, cette politique du pire aura des effets à long terme. (on oublie malheureusement aussi trop facilement Guantanamo et le reste !!)

    Pour ce qui est de nos économies, (dans tous les sens du terme!) nous avons en ce moment un « système médiatique » qui enfume nos opinions publiques, c’est sans espoir ! car chacun mesure bien en fin du compte que nous sombrons. Ce ne sont pas les trucages statistiques de la Banque de France qui décident de la réalité de notre situation économique et financière.

  10. ES 10 juillet 2013 à 23:56

    Egypte: « négation des processus démocratiques » (député russe)

    MOSCOU, 10 juillet – RIA Novosti

    Les récents événements survenus en Egypte sont aux antipodes des processus démocratiques, il s’agit d’une manipulation dans l’intérêt de certaines forces, étrangères notamment, a déclaré mercredi le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov.

    « Ce qui se passe actuellement en Egypte est la négation des processus démocratiques, c’est une sérieuse manipulation de la part de certaines forces, qui se trouvent notamment hors des frontières de l’Egypte », a déclaré le député lors d’une conférence de presse consacrée à la situation en Egypte.

    Selon lui, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis jouent un rôle dans la tension qui est à l’œuvre dans le processus politique égyptien.

    « Le processus en Egypte ne peut pas être démocratique, on y renverse un président démocratiquement élu, et tous les « soulèvements populaires » sentent la manipulation », a indiqué le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma.

    Il a rappelé que les événements actuels en Egypte rappelaient les « révolutions oranges » menées dans certaines républiques d’ex-URSS, lorsque les masses populaires sont mobilisées grâce à de l’argent étranger, même si ces masses ne constituent pas la majorité de la population du pays en question.

    Le 3 juillet au soir, l’armée égyptienne a nommé Adly Mansour, président de la Haute Cour constitutionnelle, au poste de président intérimaire du pays, écartant Mohamed Morsi, président issu des Frères musulmans et contesté par des manifestations monstres. La Constitution a été suspendue, et la chambre haute dominée par les islamistes, qui assurait l’intégralité du pouvoir législatif, a été dissoute.

  11. ES 10 juillet 2013 à 23:58

    MOSCOU, 9 juillet – RIA Novosti

    Les affrontements qui se sont déroulés hier en Egypte ont fait au moins 40 morts et des centaines de blessés. Après avoir destitué le président Mohamed Morsi les militaires affichent leur résolution, écrit le quotidien RBC Daily du 9 juillet 2013.

    Les généraux ont un intérêt personnel à rétablir l’ordre le plus vite possible : les recettes annuelles de leurs entreprises se chiffrent à 100 milliards de dollars, soit un cinquième du PIB national.

    L’armée égyptienne vend sur le marché un éventail très large de services et de produits de consommation : des aliments à l’essence en passant par les hôtels de luxe, écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung. La marque Armed Forces (les forces armées égyptiennes) est très présente dans les supermarchés du Caire sur l’emballage des pâtes, de l’huile olive, des œufs, du poulet, du sucre ou du poisson, aussi bien que sur des casseroles, des poêles et même des télés LCD. Cela dit, les revenus réels des militaires en Egypte constituent un secret d’Etat et la loi punit toute divulgation d’informations de ce genre. Les économistes indépendants ne peuvent qu’évaluer d’une manière générale les revenus et les recettes des entreprises industrielles et agricoles des militaires.

    Les privilèges des généraux égyptiens sont très importants : leurs usines de pâtes et le réseau de stations-service Wataniyyah ne sont pas tenus de rendre des comptes aux structures fiscales. Les informations tenues secrètes comprennent naturellement le nombre de camions transportant la viande depuis les abattoirs de l’armée. Selon d’autres estimations, les militaires contrôlent directement de 30 à 40 groupes industriels et sont parfois en situation de monopole. Qui plus est, les généraux envoient souvent leurs recrues travailler dans les champs ou sur les lignes d’assemblage.

    Les positions des militaires égyptiens sur le marché immobilier sont également fortes : une loi leur permet de s’approprier pratiquement n’importe quelle terre de l’Etat en la qualifiant de « nécessaire pour assurer la défense » du pays. Les généraux s’occupent donc activement de la construction et de l’exploitation d’ensembles résidentiels de luxe, de zones de divertissement et d’hôtels. Ces affaires leur apportent des sommes considérables : ils peuvent vendre ces bâtiments ou les louer à de grandes sociétés touristiques.

    Les généraux ne sont pourtant pas des gestionnaires efficaces malgré leur présence dans tous les domaines de l’économie égyptienne. Des milliards de dollars du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale aussi bien que 40 milliards de dollars de l’aide militaire de la part des Etats-Unis au cours des 30 dernières années (1,3 milliards de dollars par an) n’ont pas permis à l’économie égyptienne de rattraper son retard par rapport à d’autres marchés émergents, estime Zeinab Abul-Magd, spécialiste américaine du Proche-Orient. Si la pauvreté dans le monde a diminué de deux fois ces 20 dernières années, un nombre important d’Egyptiens vit toujours en-dessous du seuil de pauvreté, fait-elle remarquer.

  12. Elisabeth Studer 16 août 2013 à 22:04

    Egypte: situation très inquiétante pour l’ensemble de la région

    PARIS (France) – Les violences en Egypte créent une situation très inquiétante pour l’ensemble de la région, avec le risque que ce soient des mouvements extrémistes qui récupèrent toute la tension, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie français Laurent Fabius.

    Quand vous mettez bout à bout, même s’il ne faut pas tout confondre, ce qui se passe en Syrie, en Egypte, au Liban, en Irak, et l’incidence que ça peut avoir sur le conflit israélo-palestinien (…), c’est effectivement très, très, très inquiétant, a souligné Laurent Fabius sur la radio RTL.

    L’Egypte est un pays absolument déterminant dans le monde arabe, a ajouté le ministre.

    C’est une raison supplémentaire pour laquelle il faut demander, comme les Nations unies l’ont demandé à l’appel de la France hier, une décélération, une retenue maximale. Sinon le risque c’est que ce soient des mouvements extrémistes qui récupèrent toute la tension, a-t-il fait valoir.

    Il faut absolument aller vers une décélération (en Egypte) et que le pouvoir fasse des gestes, et en même temps les manifestants eux ont un devoir de manifester pacifiquement, a-t-il insisté.

    Le président français François Hollande a appelé jeudi à tout mettre en oeuvre pour éviter la guerre civile en Egypte, après les violents affrontements qui ont fait près de 600 morts mercredi, et a demandé un arrêt immédiat de la répression.

    Une réunion du conseil de sécurité de l’ONU s’est tenue jeudi à l’initiative conjointe de la France, du Royaume-Uni et de l’Australie; Les 15 pays membres ont déploré les pertes humaines et souhaité la fin de la violence et des progrès vers la réconciliation nationale, dans des commentaires qui n’avaient pas valeur de déclaration officielle.

    Le ministre français a dit s’être entretenu par téléphone avec ses homologues de nombreux pays arabes, européens, ainsi que ceux des Etats-Unis et d’Egypte. Nous faisons le maximum de ce que nous pouvons faire mais la tension est extrême, a-t-il souligné.

    Selon Laurent Fabius, il y a trois temps à obtenir: aujourd’hui si c’est possible, je dis bien si c’est possible, obtenir qu’il y ait une diminution des tensions (…), ensuite arriver à renouer le dialogue entre les parties, et puis dans un troisième temps aller vers la solution politique et des élections. Mais c’est terriblement difficile, a-t-il reconnu.

    Il a indiqué qu’aucun ordre d’évacuation des ressortissants français en Egypte n’a été donné pour l’instant, nous allons voir comment la situation évolue. Mais les Français ont l’instruction très ferme de rester chez soi. Cela vaut pour l’ensemble du pays, a-t-il dit en mentionnant les troubles qui ont éclaré dans diverses région d’Egypte.

    (©AFP / 16 août 2013 09h29)

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