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Angola / pétrole : une nouvelle loi qui bouleverse banques et dollar

Petite révolution financière à prévoir en Angola … et plus largement dans le secteur pétrolier et sur le marché des devises.
Une nouvelle loi impactant directement les compagnies pétrolières devrait faire du bruit dans Landerneau … et bien au delà. Cette dernière impose aux majors opérant dans ce pays – important producteur de pétrole – et à leurs prestataires de services de régler leurs dépenses en monnaie locale (à compter du 1er juillet 2013) et via un compte bancaire domicilié en Angola. De quoi bouleverser la donne … Alors que ces paiements s’effectuaient jusqu’à présent principalement à l’étranger et en dollars.

Les économistes estiment ainsi que le système bancaire angolais va devoir faire face à un afflux massif de capitaux et à une augmentation importante du nombre de transactions s’il veut pouvoir répondre aux besoins des acteurs pétroliers.

Si le Fonds monétaire international (FMI) se réjouit pour sa part de la mise en œuvre progressive de la loi, estimant qu’elle devrait permettre le développement du secteur financier et encourager l’innovation, il redoute toutefois que les banques locales voient leurs résultats croître très rapidement. Ce qui, le cas échéant, créerait un terrain propice à la prise de risque et à l’explosion du recours au crédit, selon lui.

Le gouverneur de la banque centrale, José Massano, n’y voit quant à lui que des avantages, estimant que la nouvelle législation permettra au pays de gérer les flux financiers du pétrole grâce aux capitaux qui passeront désormais par la banque centrale d’Angola. Selon lui, les nouvelles mesures, devraient doper l’économie nationale et équilibrer le marché des changes angolais.

Toutefois, la banque centrale angolaise a tenu à souligner la nécessité de garantir la stabilité de la monnaie nationale, des réserves de change et du volume de liquidités en circulation pour éviter toute inflation et tout déséquilibre budgétaire.
A noter que l’industrie pétrolière génère 75% des recettes du pays et 45% de son produit intérieur brut (PIB), l’Angola étant le deuxième producteur de pétrole en Afrique après le Nigeria. Or, selon certains experts, les frais de change de devises que devront supporter prestataires et compagnies pétrolières devraient accroître le coût global de la production de pétrole.

Mais Washington pourrait trouver à redire de telles modalités qui devraient réduire l’importance du dollar dans l’économie angolaise, tout en permettant à l’Angola de diminuer sa dépendance par rapport au secteur pétrolier … et notamment aux majors pétrolières, qui plus est, américaines, telles que Chevron, moteur sur le GNL.
Affaire à surveiller de près, alors que Jean-Louis Gelot, le président de l’Association des entreprises de service de l’industrie pétrolière angolaise (AECIPA) s’alarme d’ores et déjà du risque d’impayés  et au delà des éventuels arrêts de production des installations off-shore très coûteuses qui pourraient résulter de la mise en place de la nouvelle législation.

A l’heure actuelle, les compagnies pétrolières présentes (Total, BP, Chevron, Exxon, Statoil et ENI) ont précisé que la mise en oeuvre de la réforme se fait de façon progressive, en vue d’éviter tout blocage. BP a d’ores et déjà indiqué que les salaires versés « continueront à être indexés sur le dollar pendant plusieurs mois ».

En février dernier, le vice-gouverneur de la Banque Nationale d’Angola (BNA), António André Lopes, a indiqué que l’établissement qu’il dirige menait actuellement des actions visant à corriger l’usage coutumier du dollar américain comme moyen de payement dans les transactions domestiques en parallèle au Kwanza (monnaie nationale).

António André Lopes avait alors déclaré que la BNA fournit des efforts en vue de combattre la dollarisation de l’ économie angolaise, faisant en sorte que le kwanza soit l’unique monnaie à être utilisée pour les payements domestiques, au niveau national.
Les payements doivent s’effectuer en monnaie nationale et c’est seulement en cas de payement à l’extérieur qu’on peut recourir au dollar ou à d’autres monnaies étrangères, mais à travers des mécanismes établis par la BNA”, a soutenu le vice-gouverneur, lors d’une présentation des nouvelles notes et monnaies de la nouvelle famille de Kwanza.

Mais d’autres éléments d’incertitudes demeurent : la capacité du secteur bancaire angolais à pouvoir gérer les 10 milliards de dollars qui devraient y transiter annuellement, alors que le pays n’accueille à l’heure actuelle que très peu de banques internationales.

Sources : AFP, Angola Presse

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  - 2 mai 2013

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26 commentaires

  1. Vente appartement Antibes 1 mai 2013 à 23:39

    Bonjour, l’Angola étant le deuxième producteur de pétrole en Afrique après le Nigeria,il faut s’attendre à des mouvements sur les marchés.

  2. blogbanque 8 mai 2013 à 16:13

    l’angola a eu le courage de prendre cette mesure, je les en félicite, je crois que les pays africain doivent croire en eux même,

  3. Elisabeth Studer 1 juin 2013 à 14:04

    ]Le rôle de la Suisse comme centre névralgique dans les affaires de détournement de l’argent du pétrole africain vient d’être une nouvelle fois mis à jour.. par une ONG suisse. La société Trafigura, basée en Suisse, est notamment soupçonnée d’avoir facilité la sortie illégale de devises d’Angola.

    C’est une affaire qui fait grand bruit. Un rapport publié le 3 février par La Déclaration de Berne, une ONG helvète, met en évidence des liens étroits unissant la société de négoce Trafigura, basée en Suisse, à des personnalités proches du pouvoir angolais. Le général Leopoldino Fragoso do Nascimento, alias « Dino », se retrouve ainsi, à travers un écheveau de sociétés offshore (Suisse, Singapour, Bahamas, îles Vierges britanniques), dans l’actionnariat de DTS Holdings, une entreprise détenue en partie par une filiale de Trafigura. Or DTS Holdings a signé avec Luanda, en 2009, un contrat d’échange (pétrole brut contre carburant) estimé fin 2011 à 2,5 milliards d’euros. Ce type de montage, complexe et bien souvent destiné à sortir illégalement des devises du pays, est dans le collimateur des États-Unis et de l’Union européenne, qui souhaitent légiférer afin que les sociétés installées sur leur territoire fassent preuve de plus de transparence.

    La Suisse apparaît une fois de plus comme le centre névralgique des détournements de l’argent du pétrole africain. En octobre 2012 déjà, le Nigeria s’est tourné vers les autorités helvétiques pour l’aider à enquêter sur une longue liste de petites sociétés nigérianes liées à d’importantes firmes de négoce suisses. Contacté par [I]Jeune Afrique[/I], l’Office fédéral de la justice indique avoir ouvert « une enquête préliminaire sur la recevabilité de cette demande » et attendre « des éléments de précision de la part du Nigeria ». Abuja estime à 5,2 milliards d’euros les sommes détournées entre 2009 et 2011.

  4. Elisabeth 10 juin 2013 à 22:54

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