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Le marché européen du CO2  est en crise

Elisabeth Studer Actualités, Economie, Energies Commentaires fermés

Situation critique depuis quelques jours pour le marché du carbone européen. Cette semaine, le cours du CO2 est en effet passé sous la barre des 3 euros la tonne.

Si les prix avaient d’ores et déjà chuté depuis quelques mois, les choses se sont aggravées lundi, le cours du carbone tombant sous le seuil des 5 euros. Durant la semaine, les prix auront même chuté sous la barre symbolique des 3 euros, avant de remonter à 4,44 euros en fin de semaine.

Désormais, le prix du carbone est sept fois plus bas qu’il ne l’était début 2008.

Causes principales d’un tel phénomène : la crise économique mondiale, laquelle réduit l’activité industrielle et les investissements, mais également une attribution un peu trop laxiste de permis de polluer.

Bilan des courses : si l’émission de CO2 a régressé ( ce qui est tout de même une bonne chose pour la planète, soit dit en passant), le surplus de quotas est gigantesque, s’élevant après de 1,7 gigatonne sur la période 2008-2020.

Face à une telle situation, la Commission tente en urgence de relancer cet élément au cœur de la politique climatique de l’Union européenne. Rappelons en effet que le marché, créé en 2003 – mais effectif depuis 2005 – a pour objectif principal de rendre les investissements vers des énergies moins émettrice de CO2 plus attractifs.

Jeudi, la commissaire européenne chargée du Climat, Connie Hedegaard, a tenu à réaffirmer que le marché européen du carbone était « l’outil le plus efficace au moindre coût de la politique climatique de l’Union européenne ». Ajoutant que « les événements montrent qu’il faut faire quelque chose de toute urgence.

Dans cette optique, la Commission a sa proposition de geler la mise en enchères de 900 millions de tonnes de quotas de CO2 sur la période 2013-2015, le but étant de faire remonter le cours du carbone. Orientation qui est loin de faire l’unanimité au sein des pays membres.

Christian de Pertuis, le président du comité pour la fiscalité écologique, estime pour sa part qu’il s’agit d’un bricolage qui ne résout rien. « Si vous retirez des quotas et vous les remettez sur les marché en 2017, 2018, vous ne changez rien à la condition d’équilibre du marché européen des quotas », a-t-il ainsiaffirmé.

A l’heure actuelle, les analystes estiment en moyenne entre 20 et 30 euros le seuil minimum acceptable pour pouvoir rendre attractifs les investissements dans les énergies renouvelables et le stockage de CO2 .

Mais, encore une fois, on ne peut ignorer le poids des lobbies industriel, lesquels oeuvrent sous fond de crise économique pour maintenir un prix du carbone le plus bas possible.

Mme Hedegaard ne s’y est pas trompée, les exhortant à ne pas tuer le marché carbone … en leur laissant en tendre qu’ils pourraient y perdre à long terme, en poussant à la création de 27 systèmes nationaux et taxes différents.

Selon les estimations, 2 milliards de tonnes de CO2 de permis de polluer seraient actuellement mis en réserve par les entreprises.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth STUDER  – www.leblogfinance.com -  27 janvier 2013 -

 

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