L’incidence de l’aide versée à la banque Dexia – en cours de démantèlement – sur le budget de la Belgique ne sera pas connue avant plusieurs mois, voire même un an. C’est en effet ce qu’a indiqué dimanche l’agence de presse Belga, cette dernière citant une source au sein du cabinet du ministre belge des Finances, Steven Vanackere.
Des informations quasi officielles qui interviennent alors que samedi, les medias belges avaient indiqué que la recapitalisation de l’établissement bancaire en bien fâcheuse posture pourrait alourdir de 2,9 milliards d’euros le budget de la Belgique.
La presse s’appuyant sur un courrier de l’office européen des statistiques Eurostat, lequel doit se prononcer prochainement sur le dossier dans un avis préliminaire.
Désormais, selon les indications fournies à Belga, le gouvernement belge aurait jusqu’au 12 décembre pour répondre à Eurostat.
Selon une note citée par le quotidien Het Laatste Nieuws, Eurostat estimerait que l’augmentation de capital de Dexia doit être considérée comme une charge et non pas comme un investissement pour la Belgique.
Le cas échéant, le gouvernement belge ne serait pas en mesure de respecter ses objectifs de réduction budgétaire, puisqu’il afficherait alors un déficit 2012 de 3,6% et non de 2,8%, alors que l’Union européenne fixe la limite acceptable à 3 %.
Précisons que le 20 novembre dernier, en vue de ramener le déficit budgétaire à 2,15% du produit intérieur brut en 2013, le gouvernement fédéral belge a annoncé de nouvelles mesures. L’objectif étant de réduire le déficit de 3,4 milliards d’euros, via des hausses d’impôts et des réductions de dépenses.
Rappelons que début novembre, la France et la Belgique se sont mises d’accord pour renflouer une nouvelle fois la banque Dexia , en y injectant 5,5 milliards d’euros (2,9 milliards pour la Belgique et 2,5 milliards pour la France).
Une opération que les actionnaires de l’établissement financier doivent approuver ou non le 21 décembre prochain. Jour de la fin du monde ? …
Sources : AFP, Reuters, Les Echos
Elisabeth STUDER – 02 décembre 2012 - www.leblogfinance.com







Dexia a perdu 2,8 milliards d’euros en 2012
La banque franco-belge affiche une nouvelle perte nette de 2,86 milliards d’euros. Elle invoque les cessions réalisées l’an passé et un coût de financement élevé.
Le groupe Dexia, en cours de démantèlement après sa quasi-nationalisation par les Etats français et belge, a publié jeudi une deuxième lourde perte. Après la perte abyssale de 11,63 milliards d’euros enregistrée en 2011, le groupe détenu à 96% par la France et la Belgique affiche une perte nette de 2,9 milliards d’euros au titre de 2012. Une perte principalement due « à l’impact des cessions effectuées durant l’exercice ainsi qu’à un coût de financement élevé », selon un communiqué.
Le coût lié au recours à la facilité d’urgence de la Banque centrale européenne (BCE) ainsi qu’à la garantie temporaire apportée par les Etats belge, français et luxembourgeois a atteint près de 1 milliard d’euros. Dexia, qui a cessé toute activité de prêt, a notamment dû débourser 743 millions d’euros de commissions liées aux garanties apportées par les Etats, qui représentent encore 66 milliards d’euros selon les données publiées par les banques centrales. Quant à l’impact des cessions d’actifs, il se monte à 1,60 milliard d’euros. « Au début de 2013, le groupe présente un nouveau visage. Dexia peut désormais concentrer ses efforts sur la gestion de ses 250 milliards d’euros d’actifs résiduels », a déclaré le président du conseil d’administration, Robert de Metz, cité dans le communiqué.
Démantèlement
L’ancien leader mondial du financement des collectivités locales, contraint au démantèlement à l’automne 2011, a en effet tourné l’an passé une page importante de son histoire en obtenant l’accord de la Commission européenne pour poursuivre son démantèlement sur plusieurs décennies. Ceci, sans en passer par une liquidation immédiate. Bruxelles a notamment validé le principe d’une nouvelle garantie des trois Etats à hauteur de 85 milliards d’euros ainsi qu’une recapitalisation de 5,5 milliards d’euros par la France et la Belgique. Toujours en 2012, Dexia a cédé ou entamé la cession de toutes les entités opérationnelles non encore vendues et qui pouvaient l’être.
De fait, Dexia a progressivement réduit la taille de son bilan (voir encadré) depuis le premier des trois plans de renflouement engagés pour la sauver de la faillite: alors qu’il représentait 651 milliards d’euros fin 2008, il est revenu à 357 milliards fin 2012, soit 56 milliards d’euros de moins qu’un an auparavant.
En Bouse, le titre Dexia a quasiment perdu toute sa valeur. L’action a terminé mercredi à 0,05 euro alors qu’elle avait culminé à 22,57 euros en mai 2007 et son flottant ne dépasse pas 2%. Ses résultats financiers restent toutefois importants car la France, la Belgique et dans une moindre mesure le Luxembourg continuent de garantir ses emprunts et pourraient devoir assumer une partie de ses pertes, au risque de plomber leur propre déficit.
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202580804653-dexia-a-perdu-2-8-milliards-d-euros-en-2012-540801.php