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Grèce : les ouvriers des chantiers de Skaramanga doublement impactés par l’Allemagne et ThyssenKrupp

Elisabeth Studer Actualités, Economie Un commentaire

Tout un symbole …. Alors que la Grèce pourrait être tombée dans le chaos financier tant à causes d’actes de mauvaise de gestion et de corruption, que de l’oeuvre de Goldman Sachs … et d’achats de sous-marins auprès des groupes d’armements allemands , ce sont désormais les ouvriers des chantiers navals de Hellenic Shipyards qui se rebellent.

Ces derniers se sont en effet affrontés jeudi à la police, forçant même le passage pour pénétrer au ministère de la Défense à Athènes.

Un sérieux effet boomerang alors même que le chantier naval, situé dans la grande banlieue industrielle du Pirée, est menacé de faillite … et que l’unité avait été vendue en 2010 par son précédent propriétaire, le conglomérat industriel allemand ThyssenKrupp, au groupe Abu Dhabi mar (ADM).

Où l’on reboucle la boucle … les salariés pouvant être considérés comme deux fois victimes  de la stratégie allemande menée par rapport à la Grèce.

L’unité étant durement impactée, sa survie étant intimement liée  à la mise en œuvre de contrats de modernisation de l’armée grecque … suspendus ou retardés par la crise financière frappant le pays. Laquelle pourrait donc être due en partie au difficultés budgétaires grecques provoqués par la signature de ces mêmes contrats …

Désormais les ouvriers des chantiers de Skaramanga  déclarent ne pas avoir été payés depuis des mois. Leur colère est si grande que même, le chef d’état-major, le général Michalis Costarakos, n’a pas réussi à les convaincre de cesser le blocage de l’entrée du ministère. Une situation poussant le gouvernement à appeler en renfort la police anti-émeutes.

Rappelons à toutes fins utiles que si l’Allemagne critique haut et fort le gouvernement grec pour sa mauvaise gestion et son déficit abyssal, …. ce déficit est en partie dû à d’importantes dépenses d’Athènes en vue de se fournir en armement … allemand … auprès de ThyssenKrupp

Car, si l’on en croit la presse internationale et des hauts dirigeants turcs, Berlin aurait dès 2010 attisé en silence les tensions entre Turquie et Grèce. Histoire de pouvoir proposer ses « produits ».

Rappelons en effet qu’au milieu du mois d’avril 2010, le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, avait d’ores et déjà critiqué la France et l’Allemagne, en pointant du doigt leur démarche qui consisterait à vendre de coûteux armements à la Grèce … tout en poussant Athènes à une cure d’austérité afin de sortir de la crise financière.

« La Grèce n’a pas besoin de nouveaux chars, missiles, sous-marins ou avions de chasse, pas plus que la Turquie », avait-t-il alors ajouté.

Parallèlement les Forces armées turques recherchaient à acquérir les armements les plus modernes actuellement disponibles sur le marché, et ce sans contrôle ou presque de leurs autorités civiles. Les fournisseurs ? de préférence des allemands … une stratégie qui pousse Athènes à en faire autant, un potentiel ennemi pouvant frapper à sa porte d’un instant à l’autre. Du moins, c’est ce qu’on tentait alors de lui faire croire ….

Selon le SIPRI, l’Institut international de recherche pour la paix basé à Stockholm, en Suède, l’Allemagne fait partie des cinq principaux pays fournisseurs d’armement. Au cours des cinq dernières années, la République fédérale a plus que doublé ses ventes d’armes grâce notamment à l’exportation de sous-marins, de chars d’assaut et autres engins blindés.

En 2009, la Turquie a signé un contrat lui donnant le droit de licence pour six sous-marins allemands de la classe U214 d’une valeur de deux milliards d’euros. Au cours des cinq dernières années, la Grèce a elle aussi passé d’importantes commandes à l’Allemagne ainsi qu’à plusieurs autres pays. Malgré son budget hautement déficitaire, Athènes se classe même parmi les cinq premiers importateurs mondiaux d’armements.

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1 commentaire

  1. el gringo 3 novembre 2012 à 15:14

    Merck punit les h

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