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Fitch passe à négative la perspective de la note la France

Elisabeth Studer Actualités, Economie Commentaires fermés
coq-fumier-francais.jpgA chaque jour suffit sa peine dit le dicton.

S’agissant de la France, on pourrait presque dire à chaque jour suffit sa dégradation. 

Alors que les banques françaises sont actuellement pointées du doigt par les agences de notation, vendredi, Fitch a abaissé à négative la perspective de la note de la dette à long terme de la France.

Jusqu’à présent le triple AAA attribué à l’Hexagone, la meilleure note possible sur l’échelle de valeurs de l’agence de notation, était associée à une perspective stable.

L’agence de notation précise par ailleurs que cette rétrogradation signifie que la probabilité d’un abaissement de la note d’ici deux ans est supérieure à 50 %.

S’exprimant en suivant dans un communiqué, le ministre français de l’Economie et des Finances, François Baroin, a déclaré prendre acte de la décision de l’agence, rappelant la détermination du gouvernement contre les déficits budgétaires.

Fitch justifie sa position en indiquant que comparée à d’autres membres de la zone euro notés AAA, la France est le pays le plus exposé à une intensification de la crise.

Raisons invoquées : un déficit budgétaire structurel plus important que ses partenaires européens ainsi qu’un poids de la dette plus important que celui des autres pays bénéficiant du triple A. “Le profil de crédit de la France s’appuie sur des revenus budgétaires élevés et stables (la volatilité des recettes par rapport au PIB est inférieure de moitié à la médiane des pays ‘AAA’) et sur un coût de la dette modéré et largement comparable à celui des autres pays ‘AAA’. 

“Selon le scénario de base de Fitch, qui ne retient pas la matérialisation des importantes dettes contingentes liées à la crise de la zone euro, et n’intègre pas d’autres chocs défavorables, un tel niveau d’endettement public demeure compatible avec le maintien du statut ‘AAA’ de la France ; ce scénario suppose toutefois que la trajectoire de la dette publique demeure résolument orientée à la baisse après 2013-14″ prévient l’agence. 
“La perspective négative attribuée à la note française reflète le risque accru, selon Fitch, d’une matérialisation de certaines dettes contingentes (bien que cela ne fasse pas actuellement partie des hypothèses de base de l’agence), et l’éventualité d’une évolution beaucoup plus défavorable qu’initialement prévue de la conjoncture économique et, par conséquent, de la situation budgétaire” précise par ailleurs l’agence.
Cette dernière reconnaît toutefois à la France des atouts de taille, citant notamment son économie riche et diversifiée, ses institutions politiques, publiques et sociales efficaces et sa flexibilité de financement.

Fitch considère également comme un point positif le fait que le gouvernement français ait adopté plusieurs mesures pour solidifier la crédibilité de ses efforts de consolidation fiscale.

Néanmoins, l’agence considère que “l’intensification de la crise de la zone euro depuis juillet constitue un choc négatif et significatif pour la région et pour l’économie de la France et la stabilité de son secteur financier.”

Plus grave, Fitch affirme désormais qu’ ”en dépit des mesures fiscales additionnelles annoncées en août et novembre par le gouvernement français, de nouvelles mesures devraient être nécessaires pour ramener le déficit en-dessous de 3% du PIB en 2013 et stabiliser la dette du gouvernement en dessous de 90% du PIB, étant donné la dégradation du contexte économique et financier”.

Si certes la France fait face à des défis de moyen et long terme liés à l’amélioration du marché du travail et au renforcement de la compétitivité internationale, l’agence considère qu’elle est loin d’être le seul pays doté de la note maximale a être confronté à la même problématique.

Rappelons que l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas bénéficient de cette note.

Six autres pays de la zone euro sont au contraire menacés d’un abaissement de leur note par l’agence. Fitch a ainsi annoncé qu’elle envisageait d’abaisser les notes des dettes souveraines de l’Espagne, de l’Italie, de la Belgique, de la Slovénie, de Chypre et de l’Irlande.

Sources : AFP, Reuters

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