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Le Panama … et son canal face à de violentes manifestations contre un projet minier

Anti-mining_protest_01.jpgSimple hasard ? Après le Canal de Suez c’est au tour du Canal de Panama de risquer d’être impacté par des émeutes. Précisons que les deux voies maritimes constituant un enjeu stratégique majeur pour le transit de pétrole et de gaz au niveau mondial.

Sans viser nommément sa cible, le président du Panama, Ricardo Martinelli, a ainsi dénoncé mardi la volonté de certains groupes de semer le “chaos“. Des propos qui font suite à de violentes manifestations contre un projet de réforme du code minier. Ce dernier étant destiné – selon lui – à attirer les investisseurs étrangers et à augmenter la production mondiale de cuivre. De quoi influer grandement sur les cours.

 

Il y a des personnes qui souhaitent profiter de la situation pour causer le chaos et le trouble dans la population“, a déclaré ainsi le dirigeant.

Précisons que les manifestations ne cessent de se multiplier et de se durcir. Lundi, après des heurts entre la police et des centaines d’indigènes à San Felix, 19 personnes ont été arrêtées, une dizaine de blessés étant par ailleurs à déplorer.

Se voulant plus précis, le Président a précisé que les mouvements pouvaient voir le jour pour des raisons politiques … mais également pour des raisons économiques, affirmant que « des personnes étrangères » pouvaient être de la « partie », visant même “des entreprises qui ne souhaitent pas qu’il y ait davantage de cuivre dans le monde afin qu’elles continuent à exercer un monopole et maintenir des prix élevés “. S’agitait-il de la Chine ?

En octobre dernier, le Financial Times avait rapporté que la Chine aurait, par l’intermédiaire du SRB (State Reserve Bureau), bureau qui gère les réserves stratégiques de matières premières, acheté des quantités phénoménales de cuivre lorsque les cours s’étaient effondrés … avec pour seul objectif de les revendre dès la reprise d’une tendance haussière. De premier acheteur, la Chine pourrait ainsi devenir vendeur de cuivre, indiquait ainsi le journal. Précisant que de telles « manoeuvres » pourraient provoquer un sévère retournement du marché.

S’agissant du code minier panaméen – en vigueur depuis 1963 – précisons qu’il fait actuellement l’objet d’un vaste projet de refonte. Objectif affiché par le gouvernement : attirer les groupes de Corée du Sud, de Singapour ou du Canada, qui souhaitent investir au Panama.

But ultime : faire de ce secteur la deuxième sources de revenus de l’Etat après le canal de Panama (800 millions de dollars, 600 millions d’euros par an).

Les opposants au projet dénoncent toutefois son coût environnemental, les indigènes refusant quant à eux de céder leurs territoires aux multinationales, ce qui peut aisément se comprendre, ces dernières agissant souvent plus comme des prédateurs que des pacificateurs.

A contrario, les défenseurs affirment que l’opération devrait accroître les obligations environnementales et sociales des compagnies minières.

Le gouvernement panaméen souhaite quant à lui lancer un appel d’offres pour le gisement de cuivre de Cerro Colorado, dans la région indigène Ngöbe-Buglé. Le site renfermerait 17 millions de tonnes de métal rouge, l’équivalent 85% de la demande mondiale ou trois ans de production du Chili, premier fournisseur de la planète.

Sources : AFP, Money Week, Financial Times

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