Certains ne manquent tout de même pas d'humour dans ce monde de brut .... Parmi eux, le PDG d'Eni, qui pourrait même remporter la palme d'or !
Alors que les projets des gazoducs Nabucco et South Stream rivalisent actuellement pour attirer tout à la fois investisseurs et pays susceptibles de les alimenter en hydrocarbures, le patron du groupe pétrolier italien tente de briser la glace, certes à sa manière. Comment ? en proposant ni plus ni moins de fusionner les deux pipelines ! Pas belle la vie ?
Le directeur général de Eni, Paolo Scaroni, a ainsi proposé mercredi, lors d'une conférence énergétique aux Etats-Unis, de fusionner une partie du tracé des deux projets de gazoducs que beaucoup considèrent comme des rivaux, même si la Russie s'en défend.
"Si tous les partenaires décident de fusionner une partie du tracé des deux gazoducs, nous pourrons réduire le montant des investissements, le coût des travaux et augmenter les recettes. Les pipelines relieront les plus grands consommateurs de gaz européens et les grands fornisseurs", a indiqué M.Scaroni.
Le groupe italien redouterait-il que Nabucco ne lui fasse trop ombrage, réduisant de facto la rentabilité de ses propres investissements ? Le message semble assez clair sur le sujet. Le seul moyen d'éviter une telle situation : optimiser les ressources en les mutualisant. Certes une solution possible sur le papier, voire réalisable techniquement, mais réaliste politiquement parlant ? Ceci est une autre affaire, Nabucco ayant pour but principal de s'affranchir de la Russie ... tandis que South Stream est un projet russo-italien ...
Précisons que cette déclaration de Paolo Scaroni intervient alors que ce dernier s'est montré farouchement opposé à l'idée d'associer le groupe français EDF au projet de gazoduc South Stream. En début de semaine, une source proche des actionnaires du consortium a laissé entendre que ce point ne serait probablement pas réglé avant le départ du PDG.
Rappelons qu'Eni est à l'heure actuelle l'unique partenaire du russe Gazprom dans le cadre de ce projet. La partie russe aurait déjà donné son consentement à la participation d'EDF, mais la partie italienne "occupe toujours une position non constructive" ... si l'on en croit la partie russe ...
Dans ce contexte la proposition de Scaroni de fusionner les deux projets aurait-elle pour but de faire d'infléchir la position du Kremlin concernant le montant des participations respectives des géants pétroliers ? Qui sait ....
Certes, la semaine dernière, le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, a déclaré que la Commission européenne ne considérait pas les gazoducs South Stream et Nabucco comme des concurrents, mais la réalité politique pourrait être toute autre.
Rappelons que le gazoduc South Stream, développé par le russe Gazprom, l'italien Eni et le français EDF, reliera la ville russe de Novorossiisk à la ville bulgare de Varna sous la mer Noire, avant de se diviser en deux ramifications qui traverseront les Balkans pour aboutir en Italie et en Autriche. Sa capacité est estimée à 63 milliards de m³ de gaz par an.
Le projet Nabucco servira à acheminer le gaz naturel de la mer Caspienne vers l'Europe en contournant la Russie. D'une capacité de 31 milliards de m³ de gaz par an, le pipeline passera par l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et l'Autriche.
Sources : Eni, Ria Novosti

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