Grèce : consensus de l'Eurogroupe pour définir les modalités d'une aide financière

parole.jpgEnfin ! Après moult péripéties, les membres de l'Union européenne semblent s'être mis d'accord sur des mesures de soutien financier envers la Grèce.

Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro a ainsi annoncé lundi soir que ces derniers avaient pu établir un consensus sur les modalités d'un plan d'aide financier destiné à Athènes. Lequel pourra être mis en place "rapidement" si nécessaire.

A l'issue d'une réunion du forum à Bruxelles, le patron de l'Eurogroupe a ainsi précisé que les ministres avaient pu clarifier "les modalités techniques" qui leur permettront "de prendre une action coordonnée" pour aider la Grèce face à ses difficultés.

Selon le Guardian, citant des sources non identifiées, cette aide pourrait atteindre 25 milliards d'euros, un montant comparable aux échéances qu'Athènes devra bientôt honorer. Rappelons qu'au total, la Grèce aura besoin d'emprunter 53,2 milliards d'euros en 2010. 

Notons toutefois qu'avant toute mise en oeuvre effective du plan financier, il devra être décidé de la nécessité de l'opération. Comment, via quels critères ? ... aucune précision à ce sujet. Autant dire que de telles paroles demeurent proches avant tout d'un "beau discours", la réalisation concrète de tels engagements n'étant pas pour demain. Car si le consensus existe sur les modalités .... reste à obtenir un consensus sur la nécessité d'agir ....

La déclaration ne pourrait être ainsi qu'un feu de paille, l'Eurogroupe tenant par ailleurs à souligner que "les autorités grecques n'ont pas demandé une aide financière aux autre Etats membres de la zone euro" à l'heure actuelle.

Juncker pourrait - encore - jouer avec les mots - et avec nos nerfs ? - sur cette affaire. Selon le Financial Times, la Grèce pourrait se tourner vers le FMI si l'Europe refuse de l'aider. Le premier ministre grec George Papandréou aurait évoqué récemment cette hypothèse, à laquelle ses partenaires européens sont farouchement opposés.

Alors qu'il annonçait à la population grecque les nouvelles mesures projetées en vue de tenter de redresser les finances publiques, le chef du gouvernement grec a affirmé attendre "la solidarité de l'Europe", précisant que si cette dernière venait à manquer, un recours au Fonds monétaire international (FMI) serait envisageable.

Sources : AFP, Reuters, Le Monde

 

2 Commentaires

  1. 1

    BA

    M. Juncker a parlé "des aides bilatérales" d'autres pays de la zone euro sous forme de prêts à la Grèce, avec néanmoins des taux d'intérêts élevés pour ne pas faire de cadeau au pays et "l'inciter fortement" à retourner rapidement vers les marchés pour trouver de l'argent.

    Mais il indique que le mécanisme envisagé, dont certains détails doivent encore être réglés, "n'incluera pas des garanties sur des emprunts" de la Grèce.

    En tout état de cause, tous les pays de la zone euro y participeraient, a-t-il souligné.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=76ae817db73b6b8a23925b4e4d7f3d01

    Autrement dit : il va y avoir "des aides bilatérales" sous forme de prêts à la Grèce. Chacun des 15 Etats de la zone euro va prêter quelques milliards d'euros à la Grèce.

    Le problème, c'est ceci : ces 15 prêts seront accordés à la Grèce avec des taux d'intérêts élevés "pour ne pas faire de cadeau au pays et l'inciter fortement à retourner rapidement vers les marchés pour trouver de l'argent".

    Or, si les taux d'intérêt sont élevés, ces 15 prêts aggraveront la situation financière de la Grèce. Le remède sera pire que le mal.

  2. 2

    Lambert Francis

    Merkel : il faut pouvoir exclure un pays de l'euro,
    Guillaume Guichard dans Le Figaro
    "Il faudrait d'autre part pouvoir exclure un pays de la zone euro «en dernier recours» lorsqu'il «ne remplit pas les conditions, encore et encore».

    (...) si l'opinion publique allemande répugne à l'idée de venir en aide à la Grèce, les banques allemandes sont parmi les plus exposées au risque d'une éventuelle banqueroute grecque. En 2009, elles détenaient 30 milliards d'euros de titres du Trésor grec.

    NB:
    1. un des avantages à trainer et pinailler autant est de tenir l'euro plus bas.
    2. les allemands n'aiment décdément plus leurs propres banques.
    3. Si on exclut ceux qui ne respectent "pas les conditions, encore et encore" nous avons l'Allemagne et la France en première ligne depuis des années, et un peu plus chaque année ...

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