Gabon : le pétrole en grève

gabon_petrole.jpgUne information qui pourrait avoir une influence non négligeable sur le cours du pétrole : l'Organisation nationale des Employés du Pétrole (ONEP), le principal syndicat des employés du pétrole au Gabon, a déposé un préavis de "grève générale illimitée".

Ses revendications : l'abrogation d'un décret sur le service minimum. Mais le "problème" pourrait être beaucoup plus vaste ....

Le préavis court jusqu'à vendredi minuit, passé ce délai le Bureau se réserve le droit de lancer un mort d'ordre de grève illimitée. C'est en effet ce qu'a affirmé Arnauld Engandji, porte parole du syndicat, lequel regroupe 3.500 des 5.000 travailleurs du secteur au Gabon.

L'ONEP demande au gouvernement une abrogation pure et simple du texte, déclarant que sa position n'est pas négociable.

De quoi s'agit-il ? Un décret du 11 février 2010 rend obligatoire au Gabon le service minimum en cas de grève "dans certaines entreprises", notamment dans les secteurs hospitalier, pétrolier et l'enseignement.

Or, "tout en reconnaissant le bien fondé du service minimum en temps de grève dans certains domaines essentiels", l'ONEP s'insurge contre l'extension de cette mesure à tous les secteurs et en particulier à celui du secteur pétrolier". Il estime ainsi que le nouveau décret "remet en cause" le droit de grève. "Si on enterre ce droit on devient des esclaves", estime pour sa part Guy Roger Aurat Reteno, secrétaire général de l'ONEP.

La presse gabonaise se veut quant à elle beaucoup plus loquace sur le sujet, précisant que l'action du syndicat vise également à dénoncer le silence des autorités sur les «violations flagrantes» de la loi gabonaise par les dirigeants des sociétés pétrolières. L'ONEP dénonce notamment la persistance de l'emploi abusif de la main d'œuvre étrangère, de la discrimination raciale et diverses violations du Code du Travail.

Concernant l'emploi abusif de la main d'œuvre étrangère, l'ONEP déplore que «l'administration n'a toujours pas pris de mesures allant dans le sens d'une régularisation de la situation», en dépit des nombreux cas dénoncés. Or "la violation répétée des dispositions légales et réglementaires nous conforte dans notre appel incessant à la restauration de l'autorité de l'Etat devant ces opérateurs économiques véreux et sans scrupules", déclare le syndicat.

L'ONEP pointe du doigt en priorite Shell Gabon, entreprise où "tous les efforts entrepris depuis la grève de 2008" auraient été "réduits à néant par un PDG qui a décidé de tuer l'initiative de gabonisation au profit d'une britanisation de l'entreprise". Mais Caroil et Oil Libya sont également dans le collimateur.

Or «la seule vraie réponse que nous ayons eu à nos différentes préoccupations est un projet de décret sur le Service minimum», qui ressemble davantage à «des instruments susceptibles de nous museler», dénonce le syndicat.

Pour rappel, le pétrole est la principale richesse du Gabon. La production du pays varie entre 220.000 et 240.000 barils/jour. Selon les estimations du budget 2010, le pétrole devrait rapporter 1,5 milliards d'euros au Gabon en 2010, soit environ 42% de son budget.

Sources : AFP, Gaboneco

 

6 Commentaires

  1. 1

    lafait didier

    petit rappel: gabonisation de la CFG.... qui à l'époque, était la plus grande usine au monde de transformation d'okoumé en contre plaqué.Une référence mondiale dans les années 80, mais voila !!! on à rien trouver de mieux que de gabonniser à tout va, en prenant soins de racompagner les expatiés (encadrés de policiers)au pied de l'avion comme des hors la loie.
    Depuis depuis quand la CFG ne s'appelle plus CFG mai CORA WOOD et pourquoi?
    Pensez vous que l'on devient forgeron parce que l'on travaille avec un forgeron?
    Pensez vous que les grumes qui flottent depuis 50 ans sont devenues poissons?
    Bonne chance et bon rêves
    Didier

  2. 2

    Nicolas point de vu je crois avec tous ses changement dans le monde entier ; on disant que le pétrole est la mesure des forces des pays .ce qui oblige la bon maitrise des ressource plus évoluée .
  3. yohanasse

    3

    fred

    ..."Pour rappel, le pétrole est la principale richesse du Gabon" EST CE VRAI ?!!! je ne savais pas !!!

  4. 4

    Elisabeth

    Données de 2007

    Depuis 2003, avec une trentaine de champs exploités et des réserves estimées à 3,5 milliards de barils,
    la production s'est stabilisée à 13,5 millions de tonnes,
    représentant encore 45 % du PIB, 80 % des exportations et 55 % des recettes fiscales.


    Total Gabon était en 2005 le premier opérateur pétrolier du pays
    avec une production de 110 000 barils/jour (sur un total de 260 000 b/j),
    suivi de Shell (55 000 b/j) et Perenco (42 000 b/j).
    Derrière ce trio de tête, une vingtaine d'autres sociétés pétrolières se sont installées au Gabon,
    parmi lesquelles quatre nouveaux venus depuis 2004 :
    le chinois Sinopec, les sud-africains Rockover et Mvelaphanda ainsi que le français qui monte, Maurel et Prom.


    Le Gabon a signé le 25/11/2005 deux contrats pétroliers avec la société française Perenco et 4 compagnies indiennes, qui font ainsi leur entrée sur le marché gabonais.

    Le contrat indien, signé avec les sociétés Marvis PTE, Oil India Limited, Indian Oil Corporation Limited et Oil Natural Gas Corporation Limited, vise un bloc de plus de 3.700 km2 situé le long du fleuve Ogooué,
    entre les villes de Ndjolé et de Lambaréné, au sud-est de Libreville.


    Rebaptisé pour la circonstance Shakti ("puissance divine en langue indienne), ce bloc a fait l’objet de nombreux forages qui ont révélé la présence de brut, mais son exploitation n’avait jusque-là pas été engagée par ses précédents propriétaires faute d’un rendement suffisant.


    Le second contrat a été signé le 25/11/2005 avec la société française Perenco, troisième producteur de brut gabonais, et concerne un bloc off-shore de plus de 4.400 km2 au large des côtes sud-ouest du Gabon.


    Mais, le Gabon a bel et bien perdu sa place de troisième producteur d'Afrique sub-saharienne au profit de la Guinée équatoriale.
    « Le maintien de la production grâce à l'optimisation des techniques de forage ne doit pas faire oublier que la perspective de déclin est une certitude », résume Jean-Pierre Favennec, économiste à l'Institut français du pétrole (IFP). Il est difficile d'échapper aux règles de la géologie. Conscientes de cette réalité, les autorités de Libreville misent sur la diversification de l'économie nationale.
    Avec un atout de taille : les autres richesses du sous-sol et notamment le manganèse.


    Sources : Jeuneafrique.com, diplomatie.gouv.fr


    Dernière mise à jour : 10/06/2007

  5. 5

    Elisabeth

    Grâce aux prix élevés du pétrole, le Gabon a depuis trois ans bénéficié de
    recettes pétrolières exceptionnelles pour son budget (62% du total en
    2008).

  6. 6

    lafait

    Et vue l'état du pays on ce demande ou passe l'argent !!!!!???
    L'ONEP oublie qu'une grève illimitée ne nuira pas aux riches mais bien à ses adhérents qui payeront toujours au prix fort des produits de première nécessite etc...
    Faut chercher le problème ailleurs en ce posant la question de cette flambée des prix!!!!!?
    Le remplacement des postes "d'étrangers" n'est pas une trouvaille en therme de création d'emplois (trop basique en s'appuyant sur ce qui existe déjà!!!!!)
    Et puis tout ça représente combien d'emplois direct et fictif par la suite?


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