Piper-Heidsieck : coupe sombre dans les effectifs

p1-produits-55.jpgDifficile pour les salariés de Piper-Heidsieck de sabrer le champagne en ce début d'année. Jugez plutôt : la célèbre maison a annoncé cette semaine la suppression d'un quart de ses effectifs à Reims.

Raisons invoquées : une baisse de 42% de son chiffre d'affaires depuis mars 2009.

Le champagne Piper-Heidsieck qui appartient depuis 1988 au groupe Remy Cointreau, exploite un domaine de 65 hectares de vignes en vue de produire 9 millions de bouteilles, dont 80 % sont destinées à l'export.

Le plan de sauvegarde de l'emploi présenté jeudi au comité d'entreprise prévoit ainsi la suppression de 45 postes, principalement en production, sur les 160 que compte la maison de champagne.

Selon la direction, le positionnement de Piper-Heidsieck à la fois sur les produits haut de gamme et sur le marché moins rentable des marques de distributeurs et des compagnies aériennes aurait rendu l'entreprise plus fragile gace à la crise.

Précisons à cet égard, que fin septembre, le volume des ventes affichait une baisse de 46% en valeur glissante annuelle. Le résultat d'exploitation présentant un déficit de 3,8 millions d'euros.

D'après les chiffres communiqués par le Comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC), les ventes globales de champagne ont reculé en 2009 pour la deuxième année consécutive. Toutefois, une reprise des exportationss en fin d'exercice a permis de limiter la baisse à -9,1% par rapport à 2008. L'année passée, 293,3 millions de bouteilles ont été vendues dans le monde, contre 322,4 millions en 2008 et 338,7 millions en 2007. Les pays hors Europe accusent la plus forte baisse des ventes avec -25,1%, sous l'effet conjoint de la crise financière, du déstockage et des taux de change défavorables.

 

Selon la présidente de Piper-Heidsieck, Anne-Charlotte Amory, la crise n'aurait fait "qu'aggraver une difficulté qui est structurelle". Considérant que la maison de champagne n'est pas compétitive sur l'entrée de gamme, la dirigeante a ainsi affirmé que Piper-Heidsieck allait se recentrer exclusivement sur le business premium, "ce qui va restreindre l'activité", selon elle. Un changement de stratégie qui induit de ce fait un recul de l'emploi au sein de l'entreprise.

William Mailly, membre du comité d'entreprise, précise quant à lui que Piper-Heidsieck est la première maison de champagne "à subir la crise aussi fortement", rappelant que le dernier plan social dans le secteur remonte à 1992.

Pourtant, l'optimisme reste de mise pour le président de l'Union des maisons de champagne, Ghislain de Montgolfier.

Concédant certes que "l'économie du champagne reste très dépendante de l'économie générale", il estime néanmoins que les chiffres publiés par le CIVC "montrent que la consommation demeure forte et que la crise financière n'a affecté que les stocks, surtout à l'étranger".

Si les rabais pratiqués par la grande distribution lors des fêtes de fin d'année n'a porté que sur 3% des expéditions, M. de Montgolfier lui reconnaît «un effet d'appel bénéfique».

Sources : AFP, CIVC, Presse canadienne

 

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