Malouines/pétrole : l'Argentine accuse Londres d'agiter le spectre d'une guerre

casper11.jpgLe ton monte chaque jour un peu plus entre l'Argentine et la Grande-Bretagne, concernant l'épineux dossier des Malouines.  

Alors que Londres a indiqué mercredi "suivre de près" la situation autour de ces îles largement convoitées par les deux protagonistes - compte-tenu de leur important potentiel pétrolier -  l'ambassadeur d'Argentine à l'ONU, Jorge Argüello, a accusé jeudi certains groupes britanniques d'agiter "le spectre d'une guerre".

La Grande-Bretagne a toutefois affirmé - certes officiellement - ne pas vouloir céder à l'escalade, l'Argentine ayant préalablement annoncé qu'elle prendrait les "mesures adéquates" pour empêcher l'exploitation pétrolière britannique dans la zone.

"Ce n'est pas la première fois que le pouvoir ou l'opposition agite au Royaume-Uni le spectre d'une guerre", a ainsi déclaré le diplomate à l'agence officielle Télam. Tout en ajoutant qu'envisager une agression argentine était "une ineptie".

Jeudi, le tabloïde The Sun a affirmé que Londres aurait entrepris de renforcer sa présence militaire sur l'archipel, occupé par des troupes britanniques depuis 1833. Une information toutefois démentie par le ministère britannique de la Défense. Rappelons à cet égard qu'en 1982, une guerre avait opposé aux Malouines les troupes argentines et britanniques, un conflit gagné par la Grande-Bretagne dirigée alors par la "dame de fer", Margaret Thatcher.

"Nous avons fait tous les préparatifs nécessaires pour s'assurer que les habitants des Malouines sont bien protégés", a néanmoins affirmé de son côté jeudi le Premier ministre Gordon Brown.

Propos immédiatement traduits par Jorge Argüello comme une volonté britannique de laisser entendre que Londres dispose "d'assez de troupes sur place pour défendre les îles en cas d'une éventuelle attaque militaire". Discours qualifié par le diplomate de "pour le moins imprudent" "dans le cadre d'une négociation". Tout en ajoutant que le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Taiana, demanderait mercredi au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, d'ouvrir des pourparlers entre les deux pays sur "la souveraineté des Malouines".

Rappelons qu'au début du mois de février, le ministère concerné avait publié une note de "protestation énergique" contre "la prétention du Royaume-Uni d'autoriser des opérations d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures dans la zone du plateau continental argentin".

Selon le quotidien The Sun et l'agence de presse espagnole EFE, l'exploitation du gisement de pétrole se trouvant dans le sous-sol des Malouines serait sur le point de commencer. La compagnie britannique Desire Petroleum pourrait même commencer à forer avant fin février à 160 km au nord de l'archipel.

Quatre compagnies britanniques participeraient aux travaux de prospection : la Rockhopper Exploration , la Desire Petroleum, la Falkland Oil and Gas et enfin la Borders and Southern Petroleum. Selon les premières évaluations, le gisement serait doté de 60 milliards de barils de pétrole.

Mardi, la présidente argentine Cristina Kirchner a émis un décret obligeant les navires souhaitant se rendre dans l'archipel à demander un permis pour traverser les eaux juridictionnelles de son pays qui s'étendent sur 200 miles nautiques (370 kilomètres). Les Malouines se trouvent à 500 km des côtes argentines.

 

 

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