L'Arabie saoudite à la rescousse du dollar

obama-abdullahG20-saudi_arabia.gifQuand le dollar va mal, l'Arabie saoudite accourt à la rescousse. C'est en tout cas l'impression que cela donne ...

Face aux appels en faveur des Droits de tirage spéciaux (DTS), le gouverneur de la Banque centrale saoudienne s'est en effet empressé dimanche de défendre l'usage du billet vert comme principale monnaie de réserve.

Rappelons que la valeur des DTS, l'unité de compte du Fonds monétaire international, est déterminée chaque jour par un panier composé des quatre grandes monnaies de réserve internationales (dollar, euro, yen, livre).

S'exprimant lors du forum économique de Jeddah, Mohammed al-Jasser, le chef de la Saudi Arabian Monetary Authority (SAMA) a ainsi affirmé que le dollar demeurait "dominant dans son rôle de monnaie de réserve". Selon lui, le dollar n'a pas été contesté sérieusement depuis la deuxième guerre mondiale.

Un nouvel adepte de la méthode Coué ? Qui sait ....

A contrario, le gouverneur de la Banque centrale saoudienne estime que les DTS ne peuvent remplir que quelques unes des fonctions de la monnaie de réserve, comme le réglement des transactions commerciales. "Les DTS ne sont pas une monnaie", a-t-il ainsi martelé.

Rebondissant sur la crise qui sévit actuellement dans la zone euro, compte-tenu notamment de l'état des finances de la Grèce, le gouverneur de la Banque centrale saoudienne concède que l'euro est en train de devenir lentement une monnaie de réserve ... tout en jugeant que la monnaie européenne demeure loin du dollar ... et fait face à des difficultés.

Alors que la Chine, fortement exposée aux fluctuations du dollar, souhaite l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, le patron de la SAMA considère que la mise en oeuvre de telles mesures pourrait prendre de nombreuses années. "Il est irréaliste que cela puisse fournir une solution", a-t-il même ajouté.

En mars 2009, Pékin avait proposé de donner aux DTS un rôle accru au sein du système monétaire international, jugeant ce dernier trop centré sur le dollar. Quelques jours avant la réunion du G20, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque Centrale de Chine avait ainsi publié un essai dans lequel il accusait indirectement les Etats-Unis d'être responsables de la propagation de la crise à l'échelle mondiale; pointant du doigt les méfaits du dollar et réclamant l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le billet vert et l'instauration d'un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI).

«On devrait étudier tout particulièrement comment donner un rôle plus important aux DTS» qui ont «le potentiel» pour devenir «monnaie de réserve supra-nationale», avait alors ajouté Zhou Xiaochuan. 

Mais, nous ne leurrons pas, Mohammed al-Jasser prêche aussi pour sa "paroisse", son pays, le deuxième producteur mondial de pétrole, étant fortement dépendant du dollar, actuelle monnaie d'échange pour les hydrocarbures.

Le royaume détient également quelque 400 milliards de dollars d'avoir essentiellement libellés en dollars.

Rappelons qu'à la mi-janvier, quelques jours à peine avant l'"explosion" de la crise grecque, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international avait affirmé à Washington qu'il n'était pas impossible à long terme d'avoir un système monétaire international où le dollar domine moins. Ajoutant que de multiples devises de réserve pouvaient parallèlement voir le jour.

Des propos loin d'être totalement innocents et dont le but premier pouvait être alors de lancer un pavé dans la mare ... voire de mettre en garde les Etats-Unis. Depuis, les yeux de la planète sont tournés vers les pays méditerranéens .... pour le plus grand "plaisir" des Etats-Unis ....

 

 

1 Commentaire

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    Nenuphar

    Elisabeth, vous faites bien de rappeler que le royaume prêche pour sa "paroisse" puisqu'il est détenteur de quelques 400 milliards de dollars d'avoir essentiellement libellés en dollars. Nul n'est donc dupe et qui plus est la voie de ce royaume ne porte que dans le désert vu son peu d'influence sur le cours des évènements à venir. Cette sortie est à mettre en droite ligne avec le soutien de l'Arabie Saoudite à la politique monétaire des USA même au prix d'y perdre tout le trésor amassé. Incompréhensible de jouer seul avec le feu, en conservant mordicus les montagnes de $ si peu rémunérateurs et sujets à dépréciation violente, alors qu'il y tant à faire dans ce pays et d'ans tant d'autres surtout que ce pays se déclare gardien du "temple".

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