Des propos qui interviennent alors le New York Times a affirmé récemment que des banques de Wall Street - telles que Goldman Sachs - auraient usé d'instruments financiers complexes en vue "d'aider" Athènes.
Depuis quelques jours, certaines rumeurs laissent également entendre que des banques américaines - et non des moindres - pourraient être derrière les spéculations visant actuellement la Grèce.
"Nous étudions un certain nombre de questions liées à Goldman Sachs et d'autres établissements dans leurs opérations sur les dérivés avec la Grèce", a ainsi déclaré Ben Bernanke.
Cette annonce quelque peu inattendue de la part du président de la Fed a eu lieu lors de son audition semestrielle par la Commission bancaire du Sénat concernant la situation de l'économie mondiale. Elle tend à apporter des éléments de réponse face à l'inquiétude croissante du président de cette commission, Christopher Dodd, à ce sujet.
Pour Ben Bernanke, en tout état de cause "l'utilisation de ces instruments d'une façon qui pourrait potentiellement déstabiliser un entreprise ou un pays est contre-productif."
La Fed n'est pas la seule à suivre l'"affaire" : la Securities & Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse aux Etats-Unis, s'intéresse également à la possible implication d'autres établissements dans ce dossier et à leur mode d'agissements.
Selon le Wall Street Journal, qui cite "des personnes au courant de la transaction", un montage élaboré par Goldman Sachs aurait permis en 2001 d'aider le gouvernement grec à emprunter des milliards. Un "soutien" qui serait intervenu quelques temps après l'adhésion d'Athènes à l'Union monétaire européenne.
En vue de tenir l'opération éloignée des yeux du public, Goldman Sachs aurait monté un swap de devises pour la Grèce, permettant ainsi à Athènes de dissimuler l'ampleur de son déficit. En diminuant de facto le montant officiel des emprunts contractés par la Grèce, la méthode aurait en effet trompé les régulateurs et les investisseurs sur la réalité de l'endettement du pays.
De fait, si l'on en croit Bloomberg, après avoir monté ce swap, Goldman Sachs a réalisé pour le compte de la Grèce un placement d'obligations de 15 milliards de dollars au total. Or, toujours selon l'agence de presse, aucune référence à l'opération ne figure dans les notes d'information concernant 6 au moins des 10 ventes d'obligations que Goldman Sachs a montées pour la Grèce.
La banque américaine aurait ainsi permis à la Grèce, de lever un milliard de dollars de financements hors bilan en 2002 par le biais du swap ...tout en "offrant" à Athènes la possibilité de de respecter les règles édictées par Bruxelles en matière de déficit et en lui permettant de continuer à vivre au-dessus de ses moyens.
S'exprimant sur le dossier, le ministre des Finances grec George Papaconstantinou a souligné pour sa part que les opérations sur les marchés de produits dérivés menées par la Grèce étaient autorisées à l'époque des faits supposés et qu'Athènes n'avait plus eu recours à de telles pratiques depuis leur interdiction par Eurostat en 2008.
Une affaire qui intervient alors que plusieurs anciens collaborateurs de Goldman Sachs jouent un rôle actif dans l'administration américaine, comme Henry Paulson qui fut secrétaire d'Etat au Trésor sous la présidence de George W. Bush. Une situation loin de plaire à certains élus américains ... à quelques mois d'une importance échéance électorale pour Obama.
Sources : Reuters, WSJ, Bloomberg

6 Commentaires
1
Les enquêtes de la Fed... ☺
"a bobo, a souffle su'l'bob, a pu d'bobo!"
Entre vidéo-gag, et le "Dictionnaire des Idées Reçues" de Flaubert, comprendre:
La Fed couvre les exactions de Goldman Sachs en Grèce.
26 février 2010 à 09:482
Vendredi 26 février 2010 :
Selon le Financial Times Deutschland, les banques allemandes ne souscriront pas aux obligations que la Grèce va émettre en février et en mars. Le plus important dans cette information, c'est ceci :
les banques allemandes nationales ne veulent pas souscrire aux obligations grecques, mais les banques régionales ne veulent pas souscrire elles non plus.
Lisez cet article très inquiétant pour la Grèce :
Les banques allemandes évitent la dette grecque.
Eurohypo et Hypo Real Estate, les deux premières banques allemandes spécialisées dans les financements publics, ne souscriront pas aux obligations que doit émettre prochainement la Grèce, écrit le Financial Times Deutschland vendredi.
Deutsche Postbank compte pareillement s'abstenir, ajoute le quotidien financier, citant des sources et des banques.
La Grèce doit émettre un nouvel emprunt cette année, peut-être ce mois-ci ou début mars. Elle doit lever une vingtaine de milliards d'euros pour couvrir des échéances en avril et en mai.
Deutsche Bank ne veut participer au placement qu'en tant que banque d'investissement, mais ne veut pas elle non plus souscrire aux obligations, écrit encore le FTD.
Il ajoute que les plus grosses banques régionales, comme BayernLB et Landesbank Baden-Württemberg, se sont abstenues de tout commentaire. Mais selon des sources des banques régionales, il est devenu quasiment impensable d'investir dans la dette grecque, observe le quotidien.
La Grèce est le premier pays à avoir sollicité un engagement politique de soutien depuis qu'existe l'union monétaire, les craintes entourant sa situation financière ayant déclenché une attaque des marchés, qui a plombé l'euro et provoqué une forte hausse des rendements obligataires du pays, rendant le service de la dette encore plus difficile.
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE61P08H20100226
26 février 2010 à 11:263
La Grèce compte emprunter en dollar US en avril-mai - PDMA
mercredi 31 mars 2010 12h22
ATHENES, 31 mars (Reuters) - La Grèce émettra fin avril ou début mai un emprunt en dollar, a déclaré mercredi le directeur général de la PDMA, l'organisme de gestion de la dette publique grecque.
Les besoins d'emprunt de la Grèce totalisent 53,2 milliards d'euros pour 2009, tandis que 23 milliards d'euros environ de dettes arrivent à échéance d'ici la fin mai.
"Il y aura une présentation; nous comptons émettre en dollar US d'ici la fin avril ou le début mai", a déclaré Petros Christodoulou à Reuters, sans préciser quel pourrait être le montant de l'emprunt.
"La présentation aura lieu après le 20 avril", a-t-il ajouté.
La Grèce a émis autour de 23 milliards d'euros depuis le début de l'année, via des bons du Trésor, un placement privé et des emprunts syndiqués.
01 avril 2010 à 00:424
Comme ça, la Grèce se retrouvera dans l'état de l'Islande lorsque l'€ aura baissé de 50 % où que la Grèce aura repris le drachme...
01 avril 2010 à 12:195
Le Sénat américain diffuse des courriels accablants pour Goldman Sachs
Une commission du Sénat américain a publié samedi 24 avril des courriels (voir http://levin.senate.gov/newsroom/supporting/2010/PSI.Exhibits.pdf) qui montrent comment la banque Goldman Sachs a profité de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions de dollars. "Les banques d'investissement comme Goldman Sachs n'étaient pas de simples courtiers, elles étaient les promoteurs intéressés de produits financiers risqués et complexes qui ont favorisé l'éclosion de la crise", écrit Carl Levin, le président de la Sous-Commission sénatoriale permanente d'enquête, dans un communiqué accompagnant la publication de ces documents. Les messages n'apportent pas de preuve que la banque ait enfreint la loi, mais montrent ses dirigeants se gargarisant de profits réalisés grâce à la crise en 2007.
Dans un de ces messages, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, écrit : "Nous n'avons bien évidemment pas échappé à la pétaudière des crédits immobiliers à risque. Nous avons perdu de l'argent et ensuite nous en avons gagné plus que nous n'en avons perdu grâce à nos positions courtes" – opérations boursières permettant à un opérateur de réaliser des gains en pariant sur la baisse d'une valeur.
Dans un autre courrier, David Viniar, directeur financier de la banque se félicite d'avoir gagné plus de 50 millions de dollars en une journée grâce à ces positions courtes en pariant sur la baisse de titres liés à des créances immobilières."Ca dit bien ce qui pourrait arriver à ceux qui ne sont pas blindés en positions courtes", écrivait-il.
Dans le quatrième courriel divulgué, un manager de la banque réagit aux mauvaises nouvelles annoncées par les agences de notation qui ont fait perdre de l'argent à de nombreux investisseurs. "Il semble que nous allons nous faire beaucoup d'argent", se réjouit le manager. Ce à quoi répond son interlocuteur : "oui, nous sommes bien positionnés".
La publication de ces messages tombe mal pour Goldman Sachs. L'autorité de régulation des marchés boursiers américaine (SEC) a porté plainte contre elle le 16 avril pour fraude devant la justice civile. La SEC accuse la banque d'avoir trompé des investisseurs en leur faisant faire des placements sur des titres risqués dont elle savait qu'ils allait baisser, sans les informer quelle-même pariait sur la baisse des produits qu'elle leur faisait acheter. Selon le Washington Post de samedi, la banque s'apprête à nier la semaine prochaine devant le Congrès avoir mal agi dans cette affaire.
24 avril 2010 à 22:37http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/24/le-senat-americain-diffuse-des-courriels-accablants-pour-goldman-sachs_1342351_3234.html#ens_id=1270012
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Lorsque Goldman vendait des crédits structurés sur du « subprime » à Natixis
En 2007, la banque a conclu deux opérations avec Natixis sur des produits adossés à de l'immobilier américain, alors qu'elle pariait en interne sur la baisse de ce marché.
Si Goldman Sachs a mieux géré la crise que la plupart de ses concurrents, c'est aussi qu'elle a su sortir des marchés à risques avant eux. Elle a notamment réussi à vendre très tôt des actifs de mauvaise qualité en trouvant des contreparties bancaires ou institutionnelles, sachant qu'en interne elle considérait depuis le second semestre 2006 que le marché immobilier américain allait continuer à baisser et que la valeur de ces actifs continuerait de se déprécier.
En 2007, l'équipe américaine de crédits structurés de Goldman a ainsi proposé plusieurs opérations aux dirigeants de Natixis, qui ont par la suite généré plusieurs centaines de millions de pertes dans la banque française, alors que celle-ci était par ailleurs une contrepartie régulière de Goldman.
L'une de ses opérations, baptisée « Abacus », concerne des produits structurés ayant pour sous-jacent du crédit immobilier commercial américain (CMBS), dont Goldman a assuré un montant nominal de 2,5 milliards de dollars auprès de Natixis mi-2007. La banque américaine avait alors affirmé qu'elle était assurée auprès de MBIA sur ces produits et souhaitait réduire son exposition au rehausseur de crédit. Elle voulait donc acheter des protections auprès de Natixis qui, à son tour, a acheté les siennes auprès de MBIA.
Selon une source proche, Goldman aurait demandé à Natixis de mobiliser des actifs en garantie (collatéral) pour être indemnisé via des appels de marge en cas de baisse des produits assurés. Inversement, Natixis n'avait pas exigé de MBIA de telles garanties. L'opération était donc risquée et, surtout, de taille trop importante par rapport à la rentabilité affichée, qui s'élevait à environ 1,75 point de base, selon une source proche… D'après un article du « New York Times » de décembre dernier, Goldman a vendu en 2007 des titres Abacus à de nombreuses contreparties souhaitant acheter du risque sur le marché immobilier américain.
Opération « Point Pleasant »
L'autre opération, nommée « Point Pleasant » a été conclue début 2007. ll s'agit d'une opération de titrisation sur du crédit immobilier américain « subprime ». Le montant nominal du CDO s'élevait à 1 milliard de dollars et Goldman aurait demandé à Natixis d'en conserver les tranches les plus seniors, notées AAA, pour un montant de 400 millions de dollars. L'opération devait générer une rentabilité de 10 à 20 points de base pour Natixis. « Considérant que Goldman avait un avis négatif sur le marché hypothécaire américain, savait-il que ces tranches n'étaient pas réellement de qualité AAA ? », s'interroge un spécialiste.
Selon plusieurs sources, les deux transactions ont été faites directement avec les équipes parisiennes et la direction de Natixis, alors que l'expertise sur ces activités était alors à New York et que les équipes de Goldman et de Natixis aux Etats-Unis se connaissaient, puisqu'elles étaient concurrentes. Goldman les a-t-elle sciemment évitées ?
« Ces opérations ne réduisent en rien la responsabilité des dirigeants de Natixis à l'époque, mais est-ce vraiment le rôle de Goldman de vendre des actifs à ses clients tout en sachant qu'ils sont de mauvaise qualité ?, estime un banquier proche de Natixis. Soit Goldman est un "hedge fund" et peut se défaire d'actifs jugés trop risqués comme il l'entend, soit c'est une banque d'investissement, qui doit informer ses clients sur ce qu'elle vend. »
25 avril 2010 à 19:04Natixis a conclu des deals similaires avec d'autres banques, dont Merrill Lynch, mais, selon plusieurs sources, présentant des risques moins élevés.
http://www.lesechos.fr/info/finance/020466187261-lorsque-goldman-vendait-des-credits-structures-sur-du-subprime-a-natixis.htm
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