Cuivre : arrêt total de la production dans une mine de Coldelco au Chili

codelco_logo.jpgNous vous avions prévu, les choses se concrétisent désormais. 

Alors que début décembre, nous indiquions que des mouvements sociaux observés sur la mine de cuivre à ciel ouvert de Chuquicamata (Chili) ), pourraient avoir une influence notable sur le cours de cette matière première, son prix s'est envolé lundi à Londres.

Les employés de ce site - qui occupe le 2ème rang mondial en terme de volumes de production - ont en effet entamé une grève en vue de défendre des revendications salariales. De quoi attiser les craintes d'une baisse de l'offre proposée par le géant minier Codelco. Rappelons par ailleurs que le Chili est le premier producteur mondial de cuivre.

Le contrat de référence du cuivre sur le marché londonien a ainsi atteint en séance 7.536 dollars la tonne, en hausse de 2%. Une valeur qui constitue un plus haut niveau depuis 16 mois, alors que sur l'ensemble de l'année 2009, le gain observé est proche de 140%.

L'inquiétude est de mise alors que l'activité est totalement interrompue sur le site, si l'on en croit un responsable de Codelco, le numéro un mondial du cuivre, contrôlé par l'Etat chilien. Les négociations entre patronat et syndiacts ont échoué ce week-end après le rejet par les mineurs d'une offre "améliorée" de la direction.

Selon des informations émanant du personnel du groupe minier, le site de Chuquicamata devrait voir sa production amputée de près de 1.800 tonnes de cuivre par jour de grève. Un manque à gagner d'environ huit millions de dollars par jour pour le Trésor chilien. Précisons que le site produit de l'ordre de 315.000 tonnes de cuivre par an, soit environ 2% de l'offre mondiale.

Petite lueur d'espoir toutefois : selon un haut responsable de Codelco, l'entreprise disposerait de réserves suffisantes pour pouvoir honorer ses livraisons au cours des premiers mois de l'année.

Les salariés souhaitent en tout premier lieu profiter - eux aussi - de la forte progression du cours du cuivre observée ces dernières semaines. Pour ce faire, ils réclament une hausse de 7,5% de leur salaire et différents avantages sociaux.

Ils se réfèrent pour cela aux avantages obtenus par leurs homologues et compatriotes d'Escondida, site n° 1 mondial en terme de production de cuivre et dont l'exploitation est assurée par une société détenue en majorité par BHP Billiton.

Rappelons qu'une négociation collective avec la direction de l'entreprise a été entamée le 17 novembre dernier. La législation chilienne leur interdisant toutefois de se mettre en grève avant la date-butoir des négociations, fixée à fin décembre.

Précisons toutefois que le mouvement social intervient alors que Sebastain Pinera, un richissime homme d'affaires de droite de 60 ans est donné favori pour remporter les élections présidentielles chiliennes qui se dérouleront le 17 janvier prochain. Le candidat Pinera a promis de créer un million d'emplois et d'obtenir un taux de croissance de 6 % par an par le biais d'avantages fiscaux et d'une réforme du droit du travail. Il s'est aussi engagé à augmenter l'efficacité du géant minier Codelco.

Sources : AFP, Reuters

 

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