Chimie allemande : recul record de la production

chimie.jpgImportant impact à prévoir sur l'économie allemande : la Fédération de l'industrie chimique d'outre-rhin, VCI, a annoncé que le secteur allait connaître en 2009 sa pire année depuis 35 ans.

Rappelons que les industries chimiques allemandes emploient 6,1 millions de salariés, et contribuent à hauteur de 24% au Produit intérieur brut du pays.

Le recul de la production pourrait ainsi s'établir à 10% en 2009, a annoncé mardi la Fédération.

Mais au-delà ce sont tous les principaux indicateurs qui devraient virer au rouge. Le chiffre d'affaires devrait ainsi reculer de 12,5%, à 154,4 milliards d'euros, tandis que les exportations pourraient chuter de 12%, à 123,2 milliards.

Les investissements pourraient quant à eux baisser de 10% durant l'année pour s'établir à 6,3 milliards.

Un espoir toutefois si l'on en croit Ulrich Lehner, depuis le printemps 2009, le secteur semble avoir dépassé son point le plus bas. La tendance étant de nouveau à la hausse.

Mais l'euphorie n'est pas de mise alors que si l'on en croit le président de la fédération VCI, "le retour aux sommets du premier semestre 2008 prendra plusieurs années".

Pour 2010, la chimie allemande espère ainsi un rebond de 5% de la production, et une progression de 6% du chiffre d'affaires, résultats certes satisfaisants mais qui ne permettront pas toutefois de retrouver les niveaux observés avant la crise. Le secteur place en grande partie ses « espoirs » dans les exportations vers l'Europe et les pays asiatiques, 55 % de sa production étant exportée.

Si les entreprises chimiques allemandes ont redémarré la plupart de leurs installations arrêtées en raison de la récession, "l'utilisation des capacités de production, actuellement de 77%, reste largement en dessous des 83 à 85%" d'avant-crise, souligne la fédération.

Rappelons que le secteur a été largement impacté par la crise qui a affecté ses principaux clients tels que l'industrie automobile. Les produits chimiques destinés à l'industrie pharmaceutique semblent toutefois avoir mieux surfé sur la vague de la crise

Fin novembre, l'agence de notation Moody's avait estimé que les perspectives de la chimie "demeuraient négatives au niveau mondial".

Principaux arguments avancés : "une croissance des volumes limitée", "des capacités industrielles excessives" et la crainte d'une hausse des prix des matières premières avant que la demande ne se ressaisisse.

Selon Moody's, la demande reste en effet affectée par la crise, malgré un certain redressement. Les résultats du secteur devraient rester sous pression sur la fin de l'année, a ainsi estimé l'agence. Se basant notamment sur le fait que les industries clientes réduisent leurs stocks vers la fin de l'année.

Le taux relativement faible des capacités des usines et des prix de vente relativement bas pourraient également peser sur les marges et la trésorerie des groupes chimiques à moyen terme, si l'on en croit l'agence.

 

Sources : AFP, Reuters, Dailybourse

 

 

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