Le bonheur des uns fait encore une fois le "malheur" des autres ... voire permet d'expliquer une politique de recrutement quelque peu "douloureuse"... le chantage à l'emploi n'étant pas non plus interdit ...
Olivier Roussat, directeur général de Bouygues Telecom a affirmé lundi dans un entretien au Figaro que le groupe avait gelé toutes les embauches.
Raison invoquée pour ce faire : l'arrivée de son concurrent Free en tant que 4eme opérateur sur le marché de la téléphonie mobile.
"Bouygues Telecom, qui compte 8.650 salariés, ne recrute plus", a ainsi déclaré tout net M. Roussat au Figaro.
"Nous étions habitués à recruter beaucoup de jeunes diplômés qui font leurs classes chez nous et trouvent ainsi une sorte de templin de carrière. C'est terminé", a-t-il poursuivi. Enlèvant ainsi tout espoir aux stagiaires et autres apprentis que la perspective d'un recrutement avait pu grandement motiver.
Selon le dirigeant, l'opérateur se voint contraint de "se préparer à l'arrivée de Free en réduisant ses coûts fixes" et ... en reconduisant à la porte de l'entreprise des stagiaires parfois bien utiles pour assurer des tâches à moindres frais. Vaste sujet ...
Rappelons qu'à l'heure actuelle, trois opérateurs détiennent une licence 3G en France : Orange et SFR depuis 2001, et Bouygues Telecom depuis 2002.
Précisons également que Bouygues Telecom a annoncé en octobre dernier avoir déposé deux recours auprès du Conseil d'Etat pour contester la procédure d'attribution de la quatrième licence, jugée par lui anticoncurrentielle. L'annonce d'aujourd'hui pourrait être une sorte de pression - voire de chantage - envers les plus hautes instances pour mettre dans la balance octroi de licence et perspectives de créations d'emplois.
Édouard Barreiro, responsable TIC pour l'association de consommateurs l'UFC-Que Choisir considère quant à lui que l'argument est un peu fallacieux pris globalement au niveau national, estimant sur le site lepoint.fr que "Free créera plus d'emplois qu'il n'en détruira".
Rappelant que l'installation d'un nouveau réseau nécessitera mathématiquement une main-d'oeuvre plus nombreuse que les besoins inhérents à la maintenance de réseaux.
Sources : AFP, Le Figaro, Le Point.fr

1 Commentaire
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C'est effectivement de la part de Bouygues un grandiose foutage de gueule. Et la plupart des médias s'abstiendront néanmoins d'appeler un chat un chat en soulignant que sur ce coup Bouygues se conduit en charlatan.
Un bémol toutefois sur l'emploi: s'il est vrai que l'arrivée de Free est au bilan bénéfique pour la création d'emploi, néanmoins la concurrence restreindra les trésoreries de ces employeurs, qui voudront (en supposant que cela puisse changer quelque chose concrètement) redoubler de pingrerie envers leurs salariés.
En réalité, le coup/cout est surtout subi par la catégorie des actionnaires: toujours à cause de l'effet de la concurrence sur les prix, les gains de l'entreprise Free seront inférieurs au manque à gagner de l'entreprise Bouygues.
C'est le consommateur qui gagnera le plus.
08 décembre 2009 à 04:18Ajoutez un commentaire
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