Parallèlement aux britanniques et chinois, c'est au tour des Italiens, des Américains et des Coréens d'obtenir une part importante du gâteau pétrolier irakien.
L'Irak a ainsi signé en début de semaine un accord préliminaire avec le consortium mené par l'Italien ENI en vue d'exploiter un champ pétrolier aux ressources prometteuses.
Comme on pouvait s'y attendre, en dehors de BP et CNPC, d'autres compagnies pétrolières s'intéressent aux cinq autres gisements pétroliers et aux deux gisements gaziers que l'Irak souhaite développer.
"En présence du ministre Hussein al-Charistani, le directeur général adjoint du département des contrats du ministère du Pétrole Abdel Mahdi al Amidi a signé lundi un accord préliminaire avec la compagnie italienne ENI", a ainsi affirmé le porte-parole irakien Assem Jihad.
Comme il se doit, le document doit être approuvé par le Conseil des ministres dans les prochains jours avant la signature définitive.
A la mi-octobre - soit plusieurs mois après Chinois et Britanniques - le consortium composé d'ENI (40%), de l'Américain Occidental Petroleum Corporation et du Sud-Coréen Korea Gaz Corporation, avait accepté au final le montant de la rémunération fixée par l'Irak pour l'exploitation du champ de Zoubair.
Rémunération fixée à deux dollars pour chaque baril extrait dans le cadre de l'augmentation de la production.
Selon des officiels irakiens, les réserves estimées du champ de Zoubair sont de quatre milliards de barils. La production actuelle s'établit à 195.000 b/j , l'objectif étant de la porter à 1,13 million de b/j en 2016, selon ENI.
La planète entière – ou presque - semble s'être donnée rendez-vous en Irak, puisque le gouvernement irakien discute actuellement avec Royal Dutch Shell au sujet d'une nouvelle offre éventuelle pour le gisement de Kirkouk. Il devrait également conclure un accord avec le japonais Nippon Oil pour le gisement Nassiria. Un autre gisement, West Qourna attire les convoitises, il recèle en effet une capacité de neuf milliards de barils.
Un deuxième appel d'offres doit être lancé à la mi-décembre et devrait porter sur 15 champs pétrolifères. Il sera ouvert à 45 compagnies pétrolières.
Pour rappel, l'Irak possède les troisièmes réserves au monde avec 115 milliards de barils, derrière l'Arabie saoudite et l'Iran. Le pays produit 2,4 mb/j et les revenus pétroliers représentent 85% des recettes de l'Etat. Il exporte environ deux mb/j.
Alors que la presse anglo-saxonne laissait entendre que le "renfort" militaire français en Afghanistan ne serait "que"la contrepartie d'un soutien américain pour l'obtention de contrats pétroliers en Irak, le patron de Total, Christophe de Margerie avait affirmé en septembre 2008, dans un entretien au Figaro, que le groupe pétrolier français discutait avec le gouvernement irakien pour revenir en Irak "de manière durable".
A l'occasion du XIXe Congrès mondial du pétrole, M. de Margerie avait d'ores et déjà indiqué le 1er juillet 2008 qu'il était sur le point de signer un contrat de services en Irak.
C'est dans ce contexte qu'au premier jour de leur visite de trois jours en France en avril dernier, le vice-président irakien et d'autres responsables avaient déclaré souhaiter attirer des investissements français dans le secteur pétrolier de leur pays. "Total a fait montre de sa volonté de travailler en Irak, en particulier dans le développement en amont des champs de gaz et de pétrole", avait par ailleurs précisé un conseiller gouvernemental et ancien ministre du pétrole, Thamer al-Ghadban.
Ce responsable a par ailleurs confirmé que Total, en partenariat avec la major américaine Chevron, avait été sollicité pour être candidat au développement de l'un des gisements les plus prometteurs du sud de l'Irak, Nahr Bin Oumar.
En août 2007 l’agence Dow Jones, citant des sources proches du dossier, rapportait que les géants pétroliers Total et Chevron avaient signé un accord de services qui devrait leur permettre d’explorer et de développer conjointement l’un des plus grands champs pétrolifères irakiens, celui de Majnoun, une fois qu’une loi sur les hydrocarbures sera adoptée et que la sécurité sur le terrain se sera améliorée.
A moins que la rentabilité ne soit pas au rendez-vous ...
Selon Christophe de Margerie, les termes financiers associés à l'octroi de licences en Irak ne sont pas attractifs. Pire encore, ils risquent de porter préjudice aux performances financières des compagnies pétrolières internationales s'ils sont repris dans d'autres lieux.
A lire également :
. Irak : Accord définitif de BP et CNPC sur Roumaïla
. MOL (Hongrie) / OMV (Autriche) et Dubai : accords pour alimenter Nabucco via le Kurdistan irakien
. Irak : Total en discussion avec le vice-président irakien
. Irak : Lagarde sur place pour défendre les intérêts de Total

1 Commentaire
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http://blogs.telegraph.co.uk/finance/rowenamason/100001651/its-hard-to-feel-sorry-for-the-oil-supermajors-as-iraq-takes-a-stand/
Rowena Mason
Rowena Mason writes about energy for the Daily and Sunday Telegraph
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It will be a big problem for international oil companies if other countries follow Iraq and dare start demanding better returns from their reserves serviced by the majors, moans Mr de Margerie in an interview with Petroleum Intelligence Weekly on Friday.
Mr de Margerie has said that oil at $70 a barrel makes some projects too expensive.
When Iraq decided to auction off contracts to operate its fields, the oil majors were shocked to find that instead of the usual $4 per barrel they wanted for their trouble, Iraq was only prepared to pay $2.
BP and China’s China National Petroleum Corporation capitulated, presumably to get a foot in the door of the world’s third most oil-rich country at whatever cost, undermining the others who resolutely refused to lower themselves. One by one, however, they’ve mostly been creeping back to Baghdad to thrash out some kind of compromise deals.
So the gist of what Mr de Margerie is saying is that these underdeveloped countries have no right to demand the lion’s share of the proceeds from their own natural resources. Oil majors who have dominated the planet’s resources for so long by striding into difficult countries and keeping their expertise close to their chests ought to have the upper hand and enormous profits forever.
To do this, they ought to act as a quasi-cartel by claiming that investment at $2 per barrel erodes their margins too painfully to make it economically worth their while.
You can understand why he’s scared. Oil majors risk becoming little more than the oil services companies of the future as national energy companies in China and India gain vital expertise and undercut the cost of their traditional labour.
But it’s hard to begrudge Iraq, Nigeria, Ghana or whichever other country has both the blessing and the curse of plentiful oil resources the right to drive the hardest bargain they possibly can out of the BPs, Shells, Totals and the like.
They are the so-called supermajors after all – but the way Mr Margerie talks about it, you wonder for how much longer?
04 novembre 2009 à 00:02Ajoutez un commentaire
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