Le Yémen désormais exportateur de gaz, avec Total

Yemen-carte-fr-total Bienvenue au club ! Le Yémen est devenu samedi un exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL).

La « chose » a été rendue possible grâce à la mise en oeuvre de nouvelles installations à Balhaf dans le Golfe d'Aden, dont le pétrolier Total possède près de 40%.

Premier client : la Corée du Sud.

Lors d'une cérémonie, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a donné le coup d'envoi symbolique de ces exportations. Premier acte : le départ en grandes pompes du navire gazier sud-coréen Ecopia, ancré au terminal et chargé de 147.000 m3 de GNL.

Selon Philippe Hennebelle, directeur de production de l'usine Yemeni Liquefied Natural Gas (YLNG), détenue presque pour moitié par le géant pétrolier français, les opérations concernant le deuxième chargement débuteront le 12 novembre prochain.

D'ici la fin de l'année 2009, six cargos devraient prendre le départ.

Le projet de Balhaf, d'un montant de 4,5 milliards de dollars, représente un investissement majeur pour le Yémen.

L'usine est opérationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d'un seul train de production. La construction d'une seconde infrastructure de ce type doit démarrer en février/mars prochains. La production sera alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d'un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu'à 6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait être exporté en Corée du sud mais également en Europe et en Amérique du Nord. Le gaz sera extrait du bloc pétrolier n°18, dont les réserves prouvées, estimées à plus de 300 milliards de mètres cubes, permettront d’exploiter le site pendant au moins 25 ans. Le Pdg de la YNLG, François Rafin, a quant à lui souligné qu'en plus des 10.000 emplois créés, le projet va générer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le Trésor du Yémen, l'un des pays les plus pauvres de la planète.

Une fois le projet totalement achevé, les exportations de GNL du pays équivaudront à 180.000 barils de pétrole par jour, selon des responsables de YNLG.

C'est en mars 1995, qu'à la suite d'un appel d'offre international, le gouvernement yéménite retenait Total pour être le leader du premier projet de GNL au Yémen. Ce dernier s’inscrit dans la stratégie du groupe français qui consiste à accroître ses productions de Gaz Naturel Liquéfie de 10% par an en moyenne d’ici 2010.

La mise en oeuvre du projet de Yemen LNG correspond à environ 4 Mds USD d’investissement sur 4 ans pour la construction d’un pipeline, d’une usine de liquéfaction et d’un terminal de chargement, sans compter la construction de méthaniers. Il constitue le plus grand projet d’investissement jamais entrepris au Yémen.

Le gaz yéménite présente bien des avantages en matière de qualité et de localisation géographique par rapport à ses principaux concurrents de la région (Qatar et Iran notamment, situés dans le Golfe persique).

A noter : durant les années nécessaires à la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n'a été dirigée contre les installations ou le personnel. Une « bonne » chose alors que les prises d'otages sont fréquentes dans cette partie du pays, par ailleurs confronté à une rébellion dans le nord et à une contestation dans le sud, de même qu'à des attaques d'Al-Qaïda.

Précisons que que la majorité des 19 millions de Yéménites sont de confession sunnite, tandis que les autres appartiennent à la branche Zaydi de l'islam chiite. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de manière intermittente depuis 2004.

Rappelons également qu'en avril 2008, Total avait annoncé avoir décidé de rapatrier en France les enfants de ses salariés au Yémen.

Nulle crainte à avoir selon la compagnie, la décision n'étant à voir que comme une mesure "de précaution" destinée à préserver leur sécurité. Une “trentaine" de familles aurait été concernée.

 

3 Commentaires

  1. 1

    SD (pour convaincre)

    C'est une bonne nouvelle pour le pays et pour Total. Il faut s'en réjouir. Néanmoins, la situation sécuritaire est vraiment très précaire, comme vous le décrivez très brièvement.
    Cordialement
    http://pourconvaincre.blogspot.com/search/label/Y%C3%A9men

  2. Elisabeth Studer

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  3. Elisabeth Studer

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    Elisabeth Studer

    Yémen: les investisseurs étrangers conviés dans le secteur énergétique
    SANAA - Le Premier ministre yéménite a appelé lundi les compagnies pétrolières à investir dans son pays et à ne pas craindre les problèmes de sécurité, assurant que les autorités contrôlaient la situation.

    Dans un discours à l'ouverture d'une conférence sur le pétrole et le gaz à Sanaa, Mohammad Ali Moujawar a assuré que le Yémen avait adopté "une nouvelle loi sur l'investissement" de nature à "encourager les investisseurs à établir des partenariats en toute confiance".

    Il a appelé "toutes les compagnies pétrolières régionales et internationales à investir dans les vastes ressources pétrolières, gazières et minérales au Yémen", le pays le plus pauvre de la Péninsule arabique.

    S'adressant aux investisseurs, il a affirmé: "Nous réalisons que chacun d'entre vous a une vision brouillée au sujet de la confrontation avec les éléments d'Al-Qaïda, mais nous vous assurons (...) que l'Etat a les capacités nécessaires pour circonscrire les activités terroristes et les éradiquer".

    Les autorités ont proposé au cours de cette conférence aux investisseurs étrangers de participer à 21 projets, dont dix concessions pétrolières.

    Le Yémen, qui n'est pas membre de l'Opep, produit quelque 300.000 barils de brut par jour. Depuis fin 2009, il exporte du gaz naturel liquéfié (GNL) à partir de ses nouvelles installations de Balhaf, dans le Golfe d'Aden. Ses réserves de gaz naturel prouvées sont de quelque 259 milliards de m3.

    Le secteur pétrolier contribue à hauteur de 30% du PIB (28,5 mds de dollars en 2009) et assure 70% des revenus de l'Etat, selon des statistiques officielles. Le pétrole et le gaz représentent plus de 90% du volume des exportations.

    Les autorités sont engagées dans une campagne militaire contre Al-Qaïda, qui a revendiqué des attentats contre des missions diplomatiques, des installations pétrolières et des touristes étrangers au Yémen. Un artificier d'Al-Qaïda a été condamné à mort lundi.

    AFP / 18 octobre 2010

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