Voilà qui pourrait faire "mal" à Areva ... et à EDF.
Les autorités de sûreté nucléaire du Royaume-Uni, de France et de Finlande viennent d'émettre des réserves sur les systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires EPR.
Histoire d'enfoncer le clou ... dans une déclaration commune ils demandent aux exploitants et fabricant "d'améliorer la conception initiale de l'EPR". De quoi plomber les budgets et faire frémir ...
Le niveau de sûreté des systèmes de contrôle-commande de l'EPR avait déjà été mis en cause en avril dernier par l'Inspection britannique des installations nucléaires (NII).
Dans une lettre, révélée par le Times, le NII avait en effet critiqué les 4 réacteurs de type EPR qu'Areva et EDF proposent de construire en Grande-Bretagne.
Une « faille » au dossier d'autant plus importante que ces systèmes constituent le cerveau de ce réacteur de troisième génération en cours de construction en France et en Finlande. Le contrôle-commande est en effet constitué de l’ensemble des capteurs, commandes d’actionneurs, calculateurs, réseaux informatiques, panneaux de contrôle et de visualisation qui permettent de gérer automatiquement et manuellement l’installation dans toutes les situations.
Les choses se précisent aujourd'hui puisque dans le cadre d'une déclaration commune, les autorités de sûreté nucléaire concernées – (ASN pour la France, HSE/ND pour le Royaume-Uni et STUK pour la Finlande) considèrent comme trop élevée l' interconnexion entre deux systèmes de contrôle, lesquels sont au contraire supposés être indépendants, l'un faisant fonctionner le réacteur et l'autre assurant sa sécurité.
En cas de dépendance des deux systèmes entre eux, il est craindre que l'un ne puisse prendre le relais de l'autre en cas de défaillance du premier. Un risque inacceptable.
Au final, les autorités de sûreté nucléaire exhortent les exploitants à "améliorer la conception initiale de l'EPR".
"Il incombe aux exploitants et au fabricant AREVA de répondre aux questions techniques soulevées par leurs Autorités de sûreté", souligne encore le communiqué commun.
Des solutions différentes pouvant être proposées par chaque exploitant "pour pallier la perte de systèmes de sûreté", précise par ailleurs le texte.
Parallèlement à cette déclaration, l’ASN a adressé à EDF, après analyse de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et consultation du groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires, une lettre dans laquelle elle lui demande notamment d’apporter des modifications à la conception de ce système ainsi que des justifications de sûreté complémentaires.
Sources : AFP, Ushaia, IRSN

5 Commentaires
1
Elisabeth, pourriez vous préciser quel est le document dans lequel les autorités de sureté
"demandent aux exploitants et fabricant "d'améliorer la conception initiale de l'EPR".
j'ai cherché dans les liens que vous donnez, et je n'ai rien trouvé de tel.
03 novembre 2009 à 07:092
Voici la déclaration commune traduite en français sur le site de l'ASN:
http://www.asn.fr/index.php/content/download/22587/133725/file/Declarationcommune_HSESTUKASNtraduite+_3_.pdf
03 novembre 2009 à 10:23Ou plus généralement:
http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites/2009/Systeme-de-controle-commande-du-reacteur-EPR
3
30 % des réacteurs nucléaires français à l'arrêt
Dix-huit des cinquante-huit réacteurs nucléaires français étaient à l'arrêt lundi, pour des opérations de maintenance, des accidents divers ou afin de les recharger en combustible nucléaire, et un réacteur fonctionnait à seulement 60 % de sa puissance, selon les informations recueillies lundi auprès des centrales d'EDF.
En temps normal, seuls quatre ou cinq réacteurs sont à l'arrêt à cette période de l'année. Le surplus de consommation engendré par le recours aux chauffages électriques nécessite en effet la mobilisation de tous les moyens de production.
03 novembre 2009 à 10:53Du fait de ces nombreux arrêts de production, la France va devoir importer massivement de l'électricité à partir de mi-novembre, et ce pendant plus de deux mois, a prévenu vendredi le Réseau de transport d'électricité (RTE).
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/03/30-des-reacteurs-nucleaires-francais-a-l-arret_1261879_3244.html#ens_id=1253535
4
@JP
cf.
http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_gp/Pages/Reacteurs.aspx
+ tous les liens en bas de la page
03 novembre 2009 à 13:215
Merci pour vos réponses. Dans les liens, un texte que je n'avais pas encore lu, et effectivement:
http://www.asn.fr/index.php/content/download/22587/133725
/file/Declarationcommune_HSESTUKASNtraduite+_3_.pdf (recoller l'url)
"5. L’indépendance de ces systèmes est importante. En effet, si un système de sûreté est appelé à servir en cas de perte d’un système de contrôle, alors ces deux systèmes ne doivent pas faillir simultanément. La conception d’EPR, telle que proposée initialement par les exploitants et le fabricant, AREVA, n’est pas conforme à ce principe d’indépendance dans la mesure où il y a beaucoup d’interconnexions complexes entre les systèmes de contrôle et de sûreté.
6. En conséquence, l’Autorité de sûreté nucléaire britannique(HSE/ND), l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) et l’Autorité de sûreté nucléaire finlandaise (STUK) ont demandé aux exploitants et au fabricant d’améliorer la conception initiale de l’EPR. Les exploitants et AREVA ont convenu d’entreprendre des évolutions de l’architecture de la conception initiale de l’EPR qui seront examinées par les Autorités de sûreté."
Etant replacé dans son contexte, on voit qu'il ne s'agit absolument pas de reprendre la conception initiale de l'EPR, au sens où on le comprendrait normalement, mais juste de diminuer ou simplifier les interconnexions entre les deux systèmes de commande.
On voit dans d'autres parties des rapports que l'autorité conteste qu'il soit garanti, sur la base des matériels proposés actuellement, de pouvoir obtenir in fine un système de commande-contrôle validable. En clair, l'autorité ne dit pas que le système actuel est tout pourri, elle dit qu'elle ne peut pas le tester à cause de sa complexité, et qu'elle ne pourra peut être pas plus après qu'il aura été amélioré, vu qu'il ne sera probablement pas moins complexe. Elle préférerait qu'on reparte de zéro et concoive un truc plus simple.
Reste une question qui ne sera jamais débattue en public: est-ce qu'areva a réellement concu une usine à gaz impossible à tester, ou est-ce l'autorité de sureté, qui recrute ses ingénieurs dans les mêmes filières de formation qu'areva, mais ramasse la lie plutôt que la crème de chaque promotion, qui n'a pas le niveau de compétence nécessaire?
En tout cas, je voudrais que l'on n'oublie jamais qu'il y avait à la sauterie du Fouquet's trois ou quatres individus qui ont décidé de rafler les dépouilles d'Areva. Ne soyons pas leurs "idiots utiles": les questions de sécurité nucléaire ne sont médiatisées (montés en épingle) que depuis l'élection de sarkozy. Ce n'est vraisemblablement pas un hasard.
03 novembre 2009 à 18:14Ajoutez un commentaire
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