Fannie Mae appelle une nouvelle fois au secours

Tous-aux-abris De plus en plus inquiétant ....

Alors que le monde peine à se remettre de la crise des subprime, et qu'une étude d'un économiste de la banque centrale américaine a récemment révélé que la part de marché des nouveaux prêts immobiliers US accordés à des ménages au profil financier risqué est revenue à son pic de 2006,Fannie Mae vient d'annoncer avoir perdu encore 18,9 milliards de dollars.

Mieux encore - si l'on peut dire – l'établissement financier, organisme de refinancement hypothécaire d'ores et déjà sous tutelle de l'Etat, demande – à nouveau - l'aide du Trésor US ...

Aux abris ?

Fannie Mae a ainsi annoncé jeudi avoir subi au troisième trimestre de nouveau une très lourde perte nette. Une situation qui l'amène à crier une nouvelle fois au secours .... et à réclamer à nouveau au Trésor US une aide publique.

Certes, la perte sur ce trimestre a été réduite de 35% par rapport au même trimestre de l'exercice 2008, qui était digne des plus grands films catastrophes ... mais elle s'est aggravée par rapport au deuxième trimestre, période durant laquelle elle s'établissait à 14,8 milliards de dollars.

Depuis le début de l'année, les pertes de Fannie Mae atteignent la bagatelle de 56,8 milliards de dollars.

Selon l'établissement d'ores et déjà sous perfusion, ce nouveau trou béant conséquence directe des 22,0 milliards de dollars de dépenses engagées, refléterait "l'accumulation continue à la fois des réserves de pertes et des dépréciations dues à l'ajustement comptable au prix le plus juste".

Ces dépréciations sont attribuées au "nombre croissant de prêts qui ont été acquis auprès de détenteurs de titres adossés à des créances hypothécaires, afin de poursuivre le programme de modification des termes de l'emprunt" pour les propriétaires en difficulté, explique également Fannie Mae.

 L'organisme est en effet fortement incité par le gouvernement US à reprendre des titres adossés à des prêts immobiliers dont la valeur s'est effondrée. Une méthode aussi artificielle que dangereuse de soutenir le marché immobilier. Bilan des courses : le directeur de l'Agence fédérale de finance immobilière (l'administration de tutelle de Fannie Mae) a soumis une requête cette semaine en vue d'obtenir 15,0 milliards de dollars auprès du Trésor au nom de la société.

Aux abris !

Rappelons pour enfoncer le clou, qu'à la fin octobre, John Krainer, économiste de la Banque de réserve fédérale de San Francisco, avait affirmé dans le cadre d'une étude que la part des emprunteurs aux garanties limitées - détenant un score de crédit de moins de 660 - était désormais revenue juste au-dessus de 20%.

Soit la valeur observée lors du pic de la titrisation subprime en 2006. De quoi faire frémir .... même si en volume, le montant des subprime a chuté par rapport à cette date.

John Krainer fait toutefois remarquer qu'existent de très fortes différences entre les "subprimes" actuels et d'avant-crise.

Il notait ainsi que "les trois organismes de refinancement hypothécaire para-publics apportent un soutien sans précédent au marché immobilier", détenant ou garantissant près de 95% des nouveaux prêts hypothécaires résidentiels".

De quoi inquiéter encore plus dans les chaumières et les gratte-ciel, compte-tenu du communiqué de Fannie Mae ...

Certes, si l'intervention de Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae permettent au secteur privé d'éviter de se lancer dans un prêt subprime sans garantie publique, à ce jour,le Trésor a consacré "à l'affaire" 95,6 de milliards de dollars, et la Réserve fédérale 766,5 milliards de dollars.

 Avant que ne soit concédée une nouvelle rallonge ...

Rappelons que la mise sous tutelle de Fannie Mae et de Freddie Mac, son alter ego, avait été suivie de peu le 15 septembre 2008 par la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, à l'origine de la crise financière actuelle.
   
Après la mise sous tutelle de "Fannie et Freddie", le Trésor avait ouvert une ligne de crédit de 200 milliards de dollars pour chacun  des deux établissements, permettant "généreusement"  aux sociétés de puiser dedans pour maintenir leur valeur d'actifs supérieure à leur passif. Cela n'aura donc pas suffit ...

Sources : Reuters, AFP, France24

 

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