Info ou intox ? Avec la Russie, difficile de savoir ...
Le ministre russe de l'Energie Sergueï Chmatko vient d'affirmer que la construction du gazoduc South Stream pourrait débuter en 2010. Une nouvelle d'importance si elle était suivie d'effet, la guerre des pipelines n'étant pas prête de prendre fin.
Tout en n'oubliant pas de rappeler ce qui pourrait fâcher l'Union européenne, histoire de semer la zizanie au sein des « adversaires » : la Turquie a récemment autorisé à procéder aux études sur son territoire maritime située dans la mer Noire, a région devant être traversée par le tronçon sous-marin du gazoduc.
"Cette autorisation a mis un terme à la discussion au sujet des alternatives", a par ailleurs affirmé M.Chmatko , tout en ajoutant une nouvelle fois que le gazoduc South Stream n'était nullement le rival de Nabucco .... Ce qui n'est pas l'avis de tout le monde ...
Le PDG de Gazprom Alexeï Miller a quant à lui récemment annoncé que l'étude de faisabilité du tronçon serbe du pipeline sera réalisée avant la fin de 2010. Le géant gazier russe et la société publique serbe Srbijagas ont en effet signé un protocole portant création d'une coentreprise chargée de piloter la partie serbe du projet South Stream.
Le 22 octobre, le Premier ministre russe Vladimir Poutine, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi et leur homologue turc Recep Erdogan ont décidé pour leur part d'accélerer la réalisation du gazoduc South Stream. Affirmant même que la Russie allait "démarrer South Stream avant Nord Stream".
D'une capacité de 63 milliards de mètres cubes de gaz par an, le projet de gazoduc, développé depuis 2007 par Gazprom et l'italien Eni, reliera la Russie à l'Europe méridionale sous les mers Noire et Adriatique en contournant l'Ukraine et la Biélorussie ... (le but final ?)
Le gazoduc South Stream doit ainsi passer sous la mer Noire, en reliant la Russie à la Bulgarie, où il se divisera en une branche nord-ouest vers l'Autriche et une branche sud, notamment vers la Grèce et l'Italie.
Le tronçon passant à plus de 2 km de profondeur par endroits (du port russe de Novorossiïsk à Varna) sera long de quelque 900 km. La mise en service du secteur sous-marin est programmée pour 2013.
Son objectif est – selon la presse russe - de réduire la dépendance des fournisseurs et des consommateurs de gaz vis-à-vis des pays transitaires.
A savoir garantir les approvisionnements des pays de l'Ouest de l'Europe, en s'affranchissant des conflits potentiels entre Russie et Ukraine, notamment ...
En 2007, le coût estimé de South Stream était de 14,8 milliards de dollars. Il devait alors permettre de faire transiter 31 milliards de m3 de gaz vers l’Europe à l’horizon 2013.
Mais le 15 mai 2009, lors de la signature d’accords portant sur la construction et la maintenance du gazoduc entre Gazprom et les pays de transit, le géant gazier russe a annoncé que South Stream aurait une capacité annuelle de 63 milliards de m3 et serait mis en service le 31 décembre 2015.
Quant à la facture ... selon de nouveaux calculs, elle pourrait atteindre 25 milliards d’euros, un montant multiplié par trois par rapport de trois aux coûts de Nabucco ...
Mais South Stream dispose d'un "argument de poids" en sa faveur : son approvisionnement est d'ores et déjà assuré si l'on en croit la Russie. Selon Vladimir Poutine, Moscou aurait en effet de quoi permettre de satisfaire les besoins des consommateurs européens pour les cent prochaines années.
Ce qui est loin d'être le case de Nabucco ... d'autant plus que la Russie n'est pas "avare" d'efforts pour freiner son concurrent.
Sources : Ria Novosti, AFP, Courrier International, Regard sur l'Est

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