Nucléaire (ou pétrole ?) : Londres tend la main à Téhéran

Shell-iran Il y aurait-il quelques dossiers concernant British Petroleum ou Shell dans l'air ?

Une question qui peut raisonnablement se poser, alors que le Royaume-Uni a réitéré à Téhéran l'offre de dialogue du Groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) chargé de discuter du programme nucléaire iranien après les nouvelles propositions transmises mercredi par l'Iran.

Des propos qui interviennent alors que le ministre britannique de la Justice, Jack Straw, a admis samedi dernier que les intérêts pétroliers et commerciaux avaient joué "une grande part" dans les tractations entre Londres et Tripoli, en vue d'obtenir la libération du libyen d'Abdelbaset al-Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie.

"Nous accusons réception du document iranien, et nous restons engagés en faveur d'un dialogue constructif afin d'aborder les inquiétudes de la communauté internationale concernant le programme nucléaire iranien", a ainsi indiqué une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

"Notre offre de négociations sur le problème nucléaire (émise en avril 2009) reste valide, et nous espérons que l'Iran y répondra dès que possible", a-t-il poursuivi.

Rappelons que mrecredi, l'Iran a remis un ensemble de propositions en vue de la reprise des négociations aux représentants du Groupe des Six.

Un diplomate américain a quant à lui précisé, sous couvert de l'anonymat, que les Six allaient effectuer "un premier tour d'horizon" cette semaine au sujet de ces nouvelles propositions.

Précisons que les grandes puissances ont récemment évoqué un renforcement des sanctions économiques à l'encontre de l'Iran, qui pourrait passer par des mesures de blocage des importations d'essences iraniennes. Rappelons en effet, que faute de capacités de raffinage suffisantes, ce pays producteur de pétrole brut de tout premier plan est contraint de recourir aux importations pour couvrir 40 % de ses besoins en essence.

Des sanctions qui pourraient peser côté iranien ... mais également du côté des groupes pétroliers participant à l’approvisionnement en essence de la République islamique. Parmi eux le groupe anglo-néerlandais Shell ou Vitol. Fondé en 1966, ce dernier opère dans le monde entier et constitue avec son concurrent Glencore, l’une des trois premières sociétés de courtage de pétrole brut au monde. Ses sièges sociaux sont situés aux Pays-Bas ainsi qu’en Suisse.

En juillet dernier, alors que les Etats-Unis menaçaient de sanctions les sociétés fournissant l'Iran en produits pétroliers raffinés, Vitol a renforcé les capacités de sa raffinerie émiratie, qui dessert en priorité le marché iranien ...

Rappelons par ailleurs qu'alors que le pétrolier américain Halliburton n'a quitté le territoire iranien qu'en avril 2007 (eh oui!), le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a du se retirer d'un projet gazier en Iran en mai 2008 ... ceci, après avoir subi des pressions d'élus américains "inquiets" du programme nucléaire iranien.

L'objet du "délit" - voire des convoitises - : encore et toujours : l'immense champ gazier  iranien de South Pars Sud).

Sources : AFP, Le Temps, Intelligence on Line

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