Ironie de l'Histoire. Si Johnny a choisi la Suisse pour payer moins d'impôt, Nestlé menace de partir du pays s'il se voit soumis au plafonnement des salaires de ses dirigeants.
Une "petite révolution" en quelque sorte puisque Nestlé représente tout un symbole pour la Suisse.
Nestlé pourrait quitter le territoire helvète en cas de plafonnement des salaires, menace ainsi son président Peter Brabeck, lors d'une interview parue dans le journal "Sonntag". Ajoutant, que le cas échéant, "ce serait le début de la fin".
Emboitant le pas à leurs homogues de l'Union européenne, certains politiques helvétiques pourraient en effet décider de plafonner les salaires des dirigeants d'entreprises. Ce qui n'est guère du goût de Peter Brabeck ...
Si de telles mesures sociales étaient mises en oeuvre, le patron de Nestlé affirme que se posera alors la question de savoir si la Suisse restera "le bon emplacement" pour le groupe. "La Suisse doit faire attention à ne pas perdre ses avantages comparatifs", considère ainsi Peter Brabeck.
Rappelons que Nestlé qui qui a son siège à Vevey (Confédération Helvétique), a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 18 milliards de francs suisses (17,3 milliards de dollars, 11,9 milliards d'euros). Un monumental manque à gagner pour les pouvoirs publics si le géant de l'alimentaire quittait les lieux ... sans compter les "délocalisations" forcées.
Dans une virulente diatribe, Peter Brabeck pointe également ce qui pourrait bien être le fin mot de l'histoire : "les pressions sur la place financière helvétique étaient prévisibles. Les signaux étaient là. Si on avait réagi à temps, les choses ne seraient pas allées aussi loin", ajoute-t-il. Le PDG de Nestlé serait-il directement impacté ? Allez savoir ...
"La sécurité juridique, auparavant comparable à un bloc de granit, est en train de s'effriter", souligne-t-il. Le célèbre secret bancaire helvétique semblait donc avoir du bon pour certains ...
Mais depuis, les temps ont changé. A la suite d'une action en justice intentée auprès d'un tribunal US contre le géant du système bancaire suisse UBS, ce dernier a accepté de révéler l'identité de plus de 4.000 clients américains.
Le patron de Nestlé a par ailleurs réitéré ses craintes quant à la révision en cours du droit des sociétés. Pointant du doigt les conséquences - néfastes à cses yeux - d'une élection annuelle des membres des conseils d'administration.
"Il n'est pas bon que l'horizon de décision devienne toujours plus court. Aucun conseil d'administration ne peut comprendre en une seule année de quoi il en retourne" a-t-il ainsi affirmé.
Sources : ATS, 20minutes, LCI

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