L'un des deux se trompe!

Aujourd'hui, nous avons eu une grosse émission de T-Bonds à 30 ans couronnée de succès; c'est un peu embétant, car en envoyant les rendements vers le bas, cela ne confirme pas l'avancée des marchés actions qui pricent un futur inflationniste. Or, un rendement à 10 ans autour de 3.4%, ça ressemble à n'importe quoi excepté un scénario inflationniste ... Bien sur, il y a eu la publication hier des données chiffrées sur l'évolution des encours de crédit à la consommation US: là où on attendait -4 milliards, on a eu -21 milliards! Ca asseoit son petit pronostic déflationniste. Du coup, j'ai commencé à me gratter la tete en cherchant à déméler le vrai du faux sur quid de la déflation ou de l'inflation ... Tout le monde sait bien que la réponse à pareille question est à chercher du coté des spreads de rendements obligataires, sauf que ces spreads sont embétants à calculer vu qu'ils ne sont disponibles sur aucun site gratuit que je connaisse. Au bout d'un moment, j'ai eu un petit réflexe de chercheur universitaire consistant à me dire qu'il était impossible que jamais persone ne se soit intéressé à une telle situation. Spread-baa-aa Et après quelques temps sur Google, la réponse m'est apparue dans cet article remarquable: le ratio entre 2 fonds Vangard (high grade et investment grade) semble avoir été reconnu comme un bon proxy pour le spread BAA/AA, lui-meme étant largement utilisé pour confirmer ou infirmer les mouvements du S&P 500. Le bonheur, c'est qu'un ratio, c'est très facilement visualisable sur stockcharts.com: je vous montre le résultat de la comparaison entre l'indice élargi US et ce proxy sur les 3 années passées. Que déduire d'un tel graphique ? Tout d'abord, et comme on l'a répété depuis des mois, le plus bas de mars 2009 est en bois. Il n'est confirmé ni par le rendement Treasury à 10 ans, ni par ce proxy plus élaboré, ni par le scénario en expanded flat et ni meme par un pic de volumes indiquant une capitulation. Par contre, la glissade de fin 2008 (vraissemblablement aidée par le quantitative easing) renforce la signification du plus bas de novembre sur le S&P 500. Mais il y a mieux: le proxy a touché son top début juin 2009 (certains se souviennent du call de Glenn Neely à cette date) et évolue dans un range serré depuis (en gros, il ne se passe presque rien, et le peu qui se passe pencherait plutot vers la baisse, vu qu'on distingue un double top estival). Clairement, l'un des 2 marchés se trompe dans son pronostic ... A moins que l'on assiste à un spectaculaire retournement des actions à l'approche du point d'intersection sur la figure ci-dessus ? On en est tellement proche ...

 

11 Commentaires

  1. 1

    Vision Bourse

    Bravo pour cette étude et ces recherches que vous faites si souvent et vont en outre confirmer mon point de vue sur les marchés d'actions d'un retournement imminent et violent.
    Cordialement
    VB

  2. 2

    hudson

    Mais non nos dirigeants nous assurent que tout va bien...
    Vos paupières sont lourdes, très lourdes...

  3. 3

    logique

    Salut Lurent,

    Comme je n'ait toujours pas trouvé le montant journalier des transactions. Je le lance quand même dans la résultat de mon analyse de l'importance des volumes.

    Mais voila, les modalités si vous voulez pouvoir le faire sur exel.

    Première courbe :
    Si (open > close)
    tendance = acheteur
    sinon
    tendance = vendeur

    Deuxiémme courbe :
    tendance/volumes

    Le résultat est vraiment trés suprenant, et le plus suprenant et qu'il y a une énorme difference entre la chute de 2001 et celle de 2007. Ont s'apperçois que depuis Mars 2009 les achts ont été asseé massif, se qui explique le rebond. Mais ont peut aussi remarqué que ces achats sont en baisse.

    Si vous voulez faire se petit graph je recomande d'utiliser les moyenne par semaines. C'est beaucoup plus clair pour surtir une tendance de fond.

    Si quelqu'un m'indique ou je peux mettre a dispo un graph je le mettrais en ligne avec les explications.

  4. 4

    anonymous56

    Merci Laurent pour cette étude brillante.

  5. 5

    Laurent Gosse

    Il faut absolument que vous alliez écouter le "market wrap" d'aujourd'hui chez rebeltraders.net. Parfois, c'est du blabla, mais là, il donne vraiment une tonne d'informations de premier plan: entre autres, le déclin du DXY, le VIX, le rendement à 10 ans, les futures SPY ... Vraiment une belle intervention!

  6. 6

    lepetitprince

    Bonjour,
    moi aussi je suis très circonspect sur la divergence d'évolution SP500 USTB. Toujours placé sur l'or et le platine, je prefererai le scenario inflationniste, mais je dois dire que j'ai un peu déchanté en lisant les billets de E Mahe qui à l'air de bien connaitre les Bonds.
    http://seekingalpha.com/author/erwan-mahe/articles/latest

  7. 7

    logique

    Petite correction sur mon dernier post, j'ais fait une petite boullette concernant la seconde courbe. en fait il faut faire :

    Tendance * volume

    si ont représente le graph dans le format histograme groupé. Ont a donc les achats au dessus de l'absise des X et les ventes en dessous, de même pour les volumes.

    Desolé pour l'erreur

  8. 8

    Laurent Gosse

    @logique: ce que tu représentes doit s'apparenter à la quantité de mouvement en physique (masse * vitesse). Certains appellent ça le "money flow index". Tu as trouvé un endroit pour poster ton graphique ?

  9. 9

    logique

    Décidement j'ais vraiment la tête a l'envers (cla doit être la bouteille de bourgogne d'hier soir).

    Donc je reprends :

    Première courbe :
    Si (open > close)
    tendance = vendeur (et non l'inverse)
    sinon
    tendance = acheteur

    Deuxiémme courbe :
    tendance * volumes

    Je n'ais pas trouvé d'endroit mettre le graph. Par contre je peut envoyer cela par e-mail. C'est pas super jolie mais cela retrace le DJ depuis 1990.

    A mon avis il y a surement un autre moyen de représenter cela, tu aura peut être une meilleur idée. Aprés tout tu vous a deja prouver ton aptitude aux math et au représentation graphique.

  10. 10

    CSS

    a propos de l'inflation:

    " AFP

    La dette massive accumulée par les Etats-Unis pour sortir de la récession va inhiber la croissance pendant des décennies et le secteur financier américain, "quasiment inutile", doit subir de profondes réformes, a déclaré vendredi le prix Nobel d'économie Edmund Phelps."J'ai un sombre pressentiment concernant l'économie américaine sur les prochaines décennies", a déclaré l'économiste américain lauréat du prix Nobel en 2006, au cours du forum économique de Krynica, surnommé le Davos d'Europe de l'Est.
    "Je considère le système financier comme quasiment inutile en ce qui concerne le développement de la prospérité aux Etats-Unis", a déclaré M. Phelps. "Il devra être réformé et, en principe, la concurrence pourrait y parvenir en quelques décennies mais je ne pense pas que nous puissions attendre aussi longtemps".
    Les mesures prises par la Réserve fédérale américaine pour alimenter en liquidités des marchés financiers font craindre une forte inflation, a-t-il insisté."Le déversement massif de liquidités provoqué par la Réserve fédérale est une menace: il comporte réellement un risque d'inflation. Bien plus que (le gouverneur de la Réserve fédérale Ben) Bernanke ne l'admet", a-t-il déclar"

  11. 11

    Fair_Game

    J'ai réagi en juin concernant l'inflation et les polémiques qu'elle souléve . L'article de départ est celui-là :


    " Nassim Taleb est "long" inflation
    Le fonds Universa Investments LP parie sur l’hyperinflation...

    Nassim Taleb n’a pas de parts dans le hedge funds de Santa Monica, mais il y a placé des investissements importants et contribue à façonner ses stratégies.

    Universa Investments LP fait le pari que la hausse des prix atteigne des niveaux peu escomptés par les gouvernements qui cherchent à relancer leur économie en battant de la monnaie...

    Universa va investir dans des options liées aux produits de base comme le maïs, le pétrole brut et le cuivre, ainsi que sur les options de sociétés investies dans l’huile de forage et dans les mines d’or.

    Le fonds prévoit également de "shorter" des bons du Trésor US. "


    Par la suite un intervenant a publié le commentaire de Patrick ARTUS suivant :

    " La mise en place aux Etats-Unis de politiques budgétaires et monétaires extrêmement expansionnistes conduit à s’interroger sur la nature et le degré de sévérité de la perte de confiance qu’elles peuvent entraîner. Il faut tenir compte de la situation particulière des Etats-Unis : la stabilisation du dollar impose aux Banques Centrales de beaucoup de pays d’accumuler des actifs en dollars si le déficit extérieur des Etats-Unis augmente :
    la dégradation de la qualité de la dette publique (déficits publics trop élevés, achats d’actifs risqués par le Trésor...) conduit les investisseurs à préférer de plus en plus les actifs privés aux actifs publics. Ceci ne pose pas de problème aux Banques Centrales : le soutien du dollar peut se faire par l’achat de titres privés en dollar. Le résultat de ce premier stade de la perte de confiance dans le dollar est une hausse des taux d’intérêt sur les dettes publiques par rapport aux dettes privées ;
    la dégradation de la qualité de l’actif de la Réserve Fédérale, avec les multiples programmes d’achats d’actifs risqués peut entraîner une perte de confiance d’une nature différente : dans la monnaie émise par la Réserve Fédérale. Ceci peut déclencher un phénomène de fuite devant la monnaie : les agents économiques se débarrassent de la monnaie et achètent des actifs réels (immobilier, entreprises, matières premières, biens durables...), ce qui déclenche une forte hausse des prix des actifs réels (qu’on peut appeler « hyper inflation »).

    Vient enfin mon commentaire :


    " (Oui, difficile à placer un commentaire derrière Patrick ARTUS..Il sera forcément incomplet et mal recoupé factuellement par ailleurs )

    Meme si tout est là, rien à redire M ARTUS , cela reste une mise en garde surtout théorique .En effet :


    1/ Rien à CT ne justifie la stratégie de TALEB "LONG inflation" et son corollaire "SHORT Titres Dette US"

    Dans la lignée droite de Merton et Black il ne sera pas le premier mathématicien brillant à faire couler un HF , me direz-vous . Certes.

    Mais ce sont surtout les faits macroéconomiques qui plaident en défaveur de cette stratégie dans notre futur proche .


    A/ La croissance envisageable dans les prochaines années n’est pas de nature à provoquer des tensions sur la demande

    Les ménages sont entrés dans une phase de réparation de leur situation financière, autrement dit, l’heure n’est plus à une poussée du crédit propre à inscrire la hausse de leur demande au-dessus de celle des revenus, lesquels sont déprimés par la dégradation du marché du travail. Ensuite,ce resserrement des conditions de financement, augure mal d’une vive reprise de l’investissement.

    D’autre part , dans les précédents cycles, la reprise débouchait sur une croissance supérieure au potentiel car alimentée par une hausse forte de la distribution de crédit. La reprise actuelle sera différente. L’emploi, une variable retardée du cycle, va continuer à se contracter et le chômage à progresser, tandis que la sous-utilisation de capacités de production restera très marquée.


    B / Surtout , pour le moment la création monétaire par les banques centrales et l’explosion de la base monétaire sous jacente n’a pas conduit à une accélération des agrégats monétaires larges (M2 aux Etats-Unis, M3 en zone euro), c’est même l’inverse que l’on constate avec la modération du crédit.

    Autrement dit, l’économie réelle ne porte pas de germe inflationniste.

    Néanmoins, cette augmentation de la base monétaire, reflétant une politique monétaire accommodante, est souvent perçue comme devant provoquer inéluctablement une accélération du taux d’inflation


    2 / L’allocation des ressources du HF "TALEB" présente un certain intéret à MT/LT

    Effectivement , si l’économie est au plein emploi alors cette approche est généralement valide à moyen et long terme.


    A / Adopter une politique visant à accroitre l’activité alors que l’économie est au plein emploi est forcément générateur de tensions.

    Pour produire plus, je veux gagner plus puisque le contrat de travail que j’ai me satisfait en nombre d’heures travaillées et en rémunération. Si je dois travailler plus, je veux une rémunération supplémentaire. On perçoit bien ici le caractère inflationniste d’une telle situation. La hausse des salaires sera répercutée sur les prix.

    Par ailleurs,le temps est également long entre la mise en place des mesures et les tensions sur les capacités de rpoduction.

    Lorsque ces tensions pointeront, les liquidités ne doivent plus être en excès. Eveidemment jusqu’ici comme on l’a vu plus haut , les BC se sont retreintes , notamment la FED à injecter massivement des liquidités .

    Or, endant tout la période de transition, entre aujourd’hui et une situation qui se rapprochera du plein emploi, les BC devront avoir un comportement actif pour éponger ces liquidités. Cela reflète la préparation de l’Exit Strategy qui est évoquée dans la presse anglo-saxonne. La difficulté est de savoir à quel moment la mettre en œuvre. Trop tôt c’est prendre le risque de casser la reprise, trop tard c’est prendre le risque de provoquer des chocs inflationnistes et/ou monétaires sur l’économie en devant aller trop vite pour éponger les liquidités.


    B / Les BC tentées de monétiser leur dette afin d’allegér le fardeau de son remboursement ?

    Les chiffres sont là : redoutablement efficace une inflation de 3% par an ferait mécaniquement refluer le taux d’endettement du quart en dix ans (sous réserve que le stock de la dette ne progresse pas plus vite que la croissance du PIB réel ).A 4% , elle réduirait le taux d’endettement d’un tiers au cours d’une période équivalente ...

    Enfin, n’oublions pas que pour le moment , les agences de rating se cantonnent à "pricer" que le risque de défaut de la dette et non pas le risque de sa dévalorisation , dont la prise en compte (quantitative , mais aussi qualitative ) pourrait enclencher une vague de retraits du compartiment obligataire .


    Alors , LONG inflation et SHORT TNotes et autres TBills , à vous de choisir .

    Ca sera sans moi en tout cas tant que la "monnaie " est gardée précieusement dans l’armoire (l’actif ) des banques centrales ...

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