Argentine : arrêt de commercialisation des céréales et viandes

Agro-cuatro-dirigentes-argentine Les quatre fédérations regroupant les agriculteurs argentins ont annoncé mercredi à la presse qu'ils cesseront la commercialisation des céréales et des viandes à partir de vendredi et pour une semaine.

L'action sera menée en guise de protestation contre la politique du gouvernement.

"Se faisant l'écho du malaise des producteurs et de la situation critique dans l'intérieur du pays, la Commission de liaison appelle à la cessation de la commercialisation de céréales destinée à l'exportation, ainsi que de bétail", a déclaré le dirigeant agricole Carlos Garetto.

Au cours de l'année 2008, les agriculteurs argentins ont démarré une série d’actions contre le gouvernement. Ils ont obtenu gain de cause avec l’annulation par le Congrès des taxes flottantes à l’exportation sur les oléagineux. Fort de ce succès, le mouvement exige aujourd’hui la suppression de toutes les taxes, justifiée selon eux par la baisse des prix internationaux.

Si le gouvernement a récemment donné son accord pour l'octroi d'aides aux éleveurs et aux producteurs de lait, les agriculteurs n'ont pas obtenu de réduction de l’impôt sur les exportations de soja et de céréales. Raisons invoquées par le chef du gouvernement Anibal Fernandez : cet impôt fournit des recettes indispensables à l’équilibre du budget.

Si l'Argentine est l'un des principaux exportateurs mondiaux de céréales et de viande, selon le président de la commision sociale de l'episcopat argentin, un enfant sur dix y souffre de la faim, un jeune sur quatre ne dispose pas d’un lieu où dormir et 40 % de la population vit dans la pauvreté.

Réuni la semaine dernière en assemblée plénière, l'épiscopat argentin a exigé une réaction du gouvernement de Cristina Kirchner et mis en place une commission de travail chargée de présenter des propositions au gouvernement, notamment la création d'un revenu pour les familles sans travail.

Début août, à l'occasion de la collecte annuelle lancée par l'Eglise argentine, Benoît XVI avait appelé "les chrétiens" à faire un "geste de solidarité qui contribue à réduire le scandale de la pauvreté et de l'inégalité sociale", en Argentine.

Les propos du pape surviennent en pleine polémique sur les chiffres de la pauvreté. L'ancien président Nestor Kirchner (2003-2007), mari de l'actuelle chef de l'Etat Cristina Kirchner, a récemment reconnu que le taux officiel de 15% était sous-évalué et a proposé une autre estimation "entre 22% et 23%".

Mais selon les spécialistes, 40% des 40 millions d'Argentins vivent en fait en dessous du seuil de pauvreté.


Sources : AFP, Le Figaro, Vatican, RTL.be, Le Monde, RFI

 

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