En mai dernier, la Chambre des mines du Zimbabwe avait annoncé que la production aurifère nationale avait baissé de moitié en 2008, après une chute de 64,5% l'année précédente. Une information qui confirmait alors l'effondrement de ce secteur fondamental pour l'économie du pays.
Le premier producteur d'or du Zimbabwe, Metallon Gold, a rouvert deux de ses mines qu'il avait fermées pour des problèmes de viabilité.
L'African Export-Import Bank a accepté de prêter à la firme 10 millions de dollars US, tandis qu'une banque locale lui a octroyé 5 millions de dollars US. Les sommes octroyées devraient principalement être utilisées pour garantir un fonds de roulement, mais pourront également permettre de rénover le matériel.
La société, qui est contrôlée par un groupe minier sud-africain, possède cinq mines d'or au Zimbabwe qui avaient toutes fermées pour des problèmes de viabilité.
Ces derniers étant liés à l'hyperinflation qui sévit dans le pays et aux prix largement insatisfaisants que la Banque centrale du Zimbabwe - l'unique acheteur d'or autorisé à l'époque - offrait en échange du précieux métal.
Mais le gouvernement de coalition investi en février a semble-t-il réussi à renverser la spirale inflationniste et à libéraliser le commerce de l'or. Les producteurs sont désormais autorisés à vendre leur propre or et à conserver toutes leurs recettes.
Le Zimbabwe a également abandonné sa monnaie locale sans valeur pour la remplacer par les principales devises mondiales telles que la livre britannique, le dollar américain et le rand sud-africain.
Depuis lors, la plupart des compagnies minières sont revenues en masse pour reprendre leurs activités, une nuée d'investisseurs y recherchant désormais des opportunités.
Selon un rapport annuel, si 7.018 kilos avaient été produits en 2007, seuls 3.576 kilos ont été produits en 2008.
Ce qui fait dire au président de la Chambre des mines, David Murangari, lors d'une réunion annuelle de son organisation, que « les résultats de l'industrie minière du Zimbabwe en 2008 sont lamentables et déprimants". La production « est dérisoire, comparée au pic atteint en 1999, quand le Zimbabwe produisait 2259 kg d’or par mois », soulignait d'ores et déjà la Chambre en novembre dernier.
La principale cause d'un tel déclin serait liée à l'épuisement des fonds de roulement des exploitants. Rappelons à cet égard que la Banque centrale du Zimbabwe, qui exerçait jusqu'au début de l'année un monopole sur le commerce de l'or, a quasiment cessé ses paiements aux producteurs en 2008. Selon la Chambre des mines, la RBZ devrait au total 30 millions de dollars US aux producteurs d’or.
Alors qu'un besoin urgent de re-capitalisation de cette industrie se fait ressentir, la récession mondiale pourrait « avoir un effet dévastateur sur le secteur minier" du pays prévenait récemment M. Murangari. Pour qui « le défi majeur » est constitué par le manque de financement nécessaire pour une reprise de la production, le redémarrage de l'exploration et le développement de nouveaux gisements.
Le Premier ministre Morgan Tsvangirai estime pour sa part que le secteur pourrait se redresser à partir de 2010 et attirer entre 6 et 16 milliards de dollars (4 à 11 millions d'euros) pour la période 2011-2018.
En tout état de cause, la production aurifère a chuté de 76% au cours des quatre premiers mois de 2009, la plupart des sociétés minières ayant arrêté leurs opérations en raison de la crise politique.
En novembre dernier, cinq mines du plus gros producteur d'or du pays, Metallon Gold, ont été fermées et l'entreprise a licencié 5.000 employés.
Sources : AFP, LesAfriques.com

2 Commentaires
1
Il y a quelque chose d'assez surprenant sur le marché de l'or depuis quelques jours. On parle plus ou moins de manipulation des cours et de suppression du prix de l'or mais on constate que les cours montent dans la nuit et le matin et chutent à l'ouverture du marché new yorkais. Et c'est encore plus flagrant aujourd'hui.
30 juin 2009 à 22:212
Un vol de 15,3 M $ à la Monnaie royale canadienne
Mise à jour le Lundi, 29 juin 2009 16:48
OTTAWA – La mystérieuse disparition de lingots d’or à la Monnaie royale canadienne (MRC) rendue publique au début du mois n’est pas due à une erreur comptable comme l’avançait la société d’État, confirme un rapport indépendant dévoilé aujourd’hui.
Les analyses effectuées par la douzaine de spécialistes de la firme Deloitte et Touche démontrent qu’il manque 17 500 onces d’or et d’argent dans les coffres de la MRC. La valeur totale de ce manque à gagner s’élève à 15,3 millions de dollars.
L’affaire était demeurée secrète pendant environ 2 mois avant de parvenir aux oreilles des médias au début de juin, obligeant du même coup le gouvernement de Stephen Harper à faire appel aux enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (Voir autre texte).
«Il ne semble pas que l’écart non comptabilisé dans la quantité d’or relève d’une erreur comptable dans le processus de rapprochement des métaux, d’une erreur de comptabilisation dans les relevés de stocks ou d’une erreur dans la comptabilisation des transactions au cours de l’année», stipule le rapport.
La firme Deloitte et Touche recommande à la MRC de passer en revue les procédés scientifiques concernant divers aspects de l’affinage, notamment le calcul des pertes de métaux précieux lors des différents traitements.
Revoir la sécurité
Le contrôle de la sécurité physique doit aussi faire l’objet d’une vérification, selon la firme. Il en va de même pour le système de sécurité et d’évaluation de risques «d’activités inappropriées» internes ou externes, comme la manipulation de systèmes comptables.
James B. Love, président du conseil d’administration de la Monnaie royale canadienne, a assuré que la MRC allait assurer un suivi rigoureux de ce dossier.
«Pour respecter les recommandations du rapport, la Monnaie a communiqué avec des tiers qui l’aideront à revoir certains aspects particuliers de ses opérations, notamment les procédés d’affinage et les contrôles internes», affirme Ian E. Bennett, président de la Monnaie royale canadienne, par voie de communiqué. «Nous avons en outre confié le dossier à la GRC et lui avons donné l’assurance de notre entière collaboration», a-t-il ajouté.
D’ici là, la Monnaie a informé ses assureurs qu’elle entend présenter une demande d’indemnité. Si la demande est admissible, elle épongerait une grande partie du montant de 15,3 millions de dollars.
30 juin 2009 à 23:15Ajoutez un commentaire
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