Et pourtant ... Les exportations suisses de matériel de guerre ont continué de fortement augmenter en 2008. Mieux encore, en quatre ans, elles ont carrément triplé de volume. Parmi elles : les avions Pilatus.
Neutre, neutre, vous avez dit neutre ?
Après de nombreuses années de stagnation, les ventes d'armes sont en hausse depuis 2005 dans la Confédération helvétique. Si à cette époque, le montant des exportations s'élevait à 258,7 millions de francs suisses, le chiffre est passé à 464,5 millions en 2007, atteignant 722 millions en 2008.
Rappelons que les exportations suisses de matériel de guerre s'étaient réduites entre 1987 et 1995 d'un montant de 578 millions à 141 millions de francs suisses.
Les principaux clients sont, à côté des pays européens, les Etats-Unis et le Pakistan, qui se procurent auprès de la Suisse des avions, des systèmes défensifs pour l'aviation, des véhicules blindés, des canons et des armes de poing.
L'exportation de biens militaires n'est autorisé que si la transaction ne contredit pas le droit international humanitaire, les conventions internationales et les principes de base de la politique étrangère suisse. Lesquels semblent assez larges me direz-vous ...
La vente d'armes à des Etats subissant des conflits latents, comme l'Arabie Saoudite ou le Pakistan, est vue d'un très mauvais oeil par les cercles pacifistes.
S'agissant plus particulièrement du Pakistan, Oerlikon Contraves y a livré des systèmes de défense aérienne pour 156 millions. Le Conseil fédéral avait interrompu les livraisons en 2007 à cause de la situation politique, mais avait de nouveau donné son feu vert quelques mois plus tard.
Le groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) s'est quant à lui récemment indigné des livraisons de matériel de guerre au cours du premier trimestre 2009. Selon lui, ces exportations sont en contradiction claire avec la nouvelle ordonnance sur le matériel de guerre qui a été dévoilée fin 2008 par le Conseil fédéral.
Précisons que la nouvelle ordonnance sur le matériel de guerre est entrée en vigueur le 12 décembre 2008. Conformément à l’art. 5 de ce règlement (critères d’autorisation pour des marchés passés à l’étranger), des exportations ne peuvent pas être autorisées si le pays de destination est engagé dans un conflit armé interne ou international.
Or, selon GSsa, parmi les dix plus grands clients des firmes suisses d’armement, se trouvent plusieurs pays impliqués dans la guerre en Afghanistan. Le groupe rappelant que la notion de « conflit international » est clairement définie au niveau du droit international et que l’ordonnance suisse sur le matériel de guerre ne permet pas, par exemple, des exportations vers les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Le 3 avril 2008, le Conseil fédéral a néanmoins décidé de restreindre l'exportation d'avions Pilatus, de fabrication suisse. Quelques jours plus tard, le gouvernement sanctionnait son homologue tchadien pour l'emploi abusif d'un avion Pilatus de fabrication helvétique. Ces décisions faisaient suite à une nouvelle affaire d'utilisation détournée de cet avion civil, à des fins militaires pourtant interdites.
Rappelons en effet qu'en février 2008, la Suisse a obtenu confirmation que le Tchad, auquel elle a livré des avions Pilatus (pour servir d'avion d'entraînement), aurait fait modifier l'un d'eux pour l'utiliser militairement.
A la mi-mai, Dassault Aviation a quant à lui signé deux accords avec des groupes suisses, à l’occasion du salon EBACE (European Business Aviation Association) de Genève. Une décision qui intervient alors que le Rafale est en compétition avec le Gripen suédois de Saab et l’Eurofighter Typhoon pour remplacer le F-5 Tiger actuellement en service au sein des forces aériennes de la Confédération.
Le premier accord-cadre stratégique concerne l’entreprise publique RuagAerospace et porte sur la mise en place d’une "collaboration à long terme, non exclusive, dans le cadre du programme Tiger (TTE)".
Dans le cas où le Rafale est retenu par Berne, Ruag Aerospace fournira les activités du soutien logistique de l’appareil dans le pays. Cet accord renforce également les partenariats entre les deux entités concernant la gamme d’avions d’affaires "Falcon", l’Alphajet ainsi que les drones.
L’autre accord a été conclu avec l’avionneur suisse Pilatus qui vient de décrocher, à la fin du mois d’avril, une commande de 22,5 millions d’euros pour livrer à l’armée de l’Air finlandaise six avions de transport PC-12 NG. Le constructeur helvétique et Dassault Aviation devraient ainsi coopérer pour la production de sous-ensembles pour le Rafale ainsi que pour adapter l’avion d’entraînement PC-21 aux besoins du marché français pour la formation des élèves-pilotes.
Sources : ATS, SuisseVietnam, ZoneMilitaire, TSR.ch

2 Commentaires
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france, n°3 en depenses...Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 4% en 2008 pour atteindre 1 464 milliards de dollars, note l'institut suédois Sipri (Stockholm International Peace Research Institute). Les Etats-Unis restent de loin le pays qui dépense le plus en matière de défense, et représente 58% de l'augmentation globale sur la décennie, même si la Chine et la Russie ont réduit l'écart en triplant leurs dépenses sur la même période. Derrière les Etats-Unis et la Chine, la France est le troisième pays en termes de dépenses militaires avec 65,74 milliards de dollars.
09 juin 2009 à 09:522
Même la Suisse se met à se sucrer sur le marché de l'armement et "adhère" donc au complexe militaro industriel qui, une nouvelle fois, a créé de toutes pièces des guerres et conflits (Irak, d'Afghanistan Pakistan...) au motif fallacieux de guerre contre le terrorisme. Lorsque le monde saura qui est le vrai responsable des attentats du WTC, point de départ de cette "croisade", on verra que l'ami jouait Juda.
09 juin 2009 à 15:05Ajoutez un commentaire
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