D'après leurs estimations, les prix ne devraient toutefois pas atteindre les pics observés lors de la crise alimentaire de 2006-2008, à l'origine de nombreuses émeutes de la faim. Les deux organisations soulignent toutefois l'urgence d'"assurer la sécurité alimentaire" alors que près d'un milliard de personnes devraient souffrir de malnutrition cette année.
Selon le rapport annuel sur les Perspectives agricoles publiés mercredi par l'OCDE et la FAO, les prix agricoles mondiaux devraient repartir à la hausse. Certes ce n'est pas d'ici demain, les deux organismes tablant sur une progression lissée sur les dix prochaines années.
Selon le rapport, la "faiblesse persistante de l'économie mondiale" devrait limiter le niveau de prix des denrées de base au cours des 2 ou 3 prochaines années. Tablant sur une reprise économique pour 2011-2012, le document précise que le niveau des cours devrait se raffermir par la suite.
Les prix des produits alimentaires sont redescendus de leurs niveaux record du début de l’année 2008 mais ils restent élevés dans beaucoup de pays pauvres. Il est toutefois peu probable que pendant les dix prochaines années, les prix de l’ensemble des produits agricoles, à l’exception des viandes bovine et porcine – même ajustés avec l’inflation – retrouvent leurs niveaux moyens d’avant les pics de 2007-2008.
D'après les conclusions de l'étude, le prix des productions végétales (céréales, sucre...) devrait augmenter de 10 à 20% - hors inflation - au cours des dix prochaines années, la moyenne de 1997-2006 servant de référence. Selon le rapport, le prix de la viande devrait quant à lui se stabiliser.
Des épisodes d’extrême volatilité des prix ne sont cependant pas à exclure, les prix des produits agricoles sont de plus en plus dépendants des coûts du pétrole et de l’énergie et l’instabilité des conditions climatiques risquant de s'accroître.
"En dépit de l'impact considérable de la crise financière et de la récession économique mondiales sur tous les secteurs d'activité", l'agriculture devrait s'en sortir relativement mieux", note par ailleurs le rapport. Les raisons ? L’alimentation étant un besoin fondamental, le secteur agricole résiste mieux à la crise économique mondiale.
Le secteur revêt également "un "potentiel d'accroissement" considérable de la productivité. Ainsi, une augmentation de 40% de la production agricole mondiale d'ici à 2018 ne semble ainsi pas "irréaliste" selon le rapport. Sous réserve toutefois de réaliser les investissements nécessaires et de gérer certains risques "importants" concernant les ressources en eau.
Le rapport met en garde contre les risques de "stress hydriques" liés au changement climatique (inondations, sécheresse...) alors que le secteur agricole utilise déjà 44% du total de l'eau consommée dans les pays de l'OCDE et plus de 60% dans de nombreux autres pays.
Sources : AFP, OCDE

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.