Total : discussion avec le chinois CNPC au Venezuela

Orinoco-oil_petrole-venezuela Patrick de la Chevardière, directeur financier de Total a confirmé mercredi lors d'une conférence téléphonique avec les analystes que le groupe pétrolier français était actuellement en cours de discussion avec le chinois CNPC pour mener conjointement des travaux d’exploration au Venezuela.

L’enjeu ?

Les formidables ressources de pétrole de l’Orénoque.

Maintenant le suspens, M. de la Chevardière a toutefois indiqué que Total était certes en discussion avec CNPC mais que rien n'était confirmé à ce jour.

Mi-avril, l'agence Dow Jones Newswires indiquait d’ores et déjà que le français Total et le Chinois CNPC discutait d'une offre commune pour exploiter une partie des réserves pétrolières du bassin de l'Orénoque, soumises à un appel d'offres du gouvernement vénézuélien.

Les discussions porteraient aussi sur la construction au Venezuela d'une unité de traitement ("upgrader") du pétrole extra-lourd de l'Orénoque.

Une fois traité, le brut serait envoyé vers une raffinerie opérée par CNPC et la compagnie vénézuélienne PDVSA à Guangdong, dans le sud de la Chine, pour être transformé en essence ou diesel destinés au marché local.

Début janvier, le ministre vénézuélien de l'Energie et du Pétrole, Rafael Ramirez avait confirmé que 19 entreprises allaient participer à l'appel d'offre pour l'exploration de sept champs pétrolifères de l'Orénoque, véritable eldorado pétrolier du Vénezuela.

Parmi les groupes qui participent à cet appel d'offre, citons également en dehors de CNPC et de Total, la britannique BP, l'américaine Chevron, la brésilienne Petrobras, l'espagnole Repsol et un consortium russe. Pour rappel, le Venezuela, plus important producteur de pétrole d'Amérique du Sud, a instauré en 2007 à Faja del Orinoco un système d'entreprises mixtes entre l'entreprise d'Etat Petroleos de Venezuela (PDVSA) et les autres firmes étrangères, dans lesquelles l'Etat vénézuélien possède au moins 60% du capital.

En mai 2007, l'armée et le peuple avaient occupé les gigantesques gisements pétroliers de l'Orénoque, détenus jusqu'alors par des multinationales étrangères. L'occupation se voulait avant tout symbolique puisque la quasi totalité des firmes étrangères engagées dans la zone avaient préalablement donné leur accord pour céder la majorité de leurs filiales à PDVSA.

Quant aux montants des réserves pétrolières de Faja del Orinoco, les rumeurs – voire l'intox ? - vont bon train. Selon le Venezuela, la région pourrait contenir près de 235 milliards de barils. Mais côté chiffres, la prudence est de mise : si selon PDVSA, la production pétrolière du Venezuela est de 3,011 millions de barils par jour, l'Agence internationale de l'énergie estime pour sa part qu'elle ne dépasse pas les 2,33 millions de barils par jour.

En novembre dernier, le ministre vénézuélien de l'Énergie avait annoncé que la Russie et le Venezuela comptaient produire au moins un million de barils de pétrole par jour dans la bande pétrolifère de l'Orénoque. Petit rappel et non des moindres : les immenses réserves en hydrocarbures de cette "précieuse" région pourraient permettre au Venezuela de se placer en haut du podium des pays producteurs.

Sources : AFP, Reuters, Dow Jones Newswires, Ria Novosti

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