Grippe A : Mexico à l'OMC pour faire face aux restrictions d'importations

Porc-mexico_grippe La grippe A – tour à tour grippe porcine ou grippe mexicaine - n'aura pas que des conséquences sanitaires.

En dehors de l'impact financier non

négligeable qu'elle pourrait avoir sur les compagnies aériennes, ce sont désormais les échanges commerciaux entre le Mexique et le reste du monde qui pourraient en pâtir. Mais Mexico ne l'entend pas de la sorte et devrait bientôt s'en référer à l'OMC ( Organisation mondiale du Commerce).

Le ministère mexicain de l'Economie a ainsi annoncé jeudi que le Mexique allait demander devant l'OMC des "explications" aux pays qui ont stoppé ou restreint leurs importations de produits mexicains en raison de l'épidémie de grippe porcine. Principaux marchés impactés pour l'instant : les produits dérivés du porc.

Mexico va "demander formellement" que ces pays "fournissent une explication sur les restrictions adoptées, avec sa base scientifique", a tenu à préciser le ministère.

Mexico va également "exiger que ces pays se conforment immédiatement à leur obligation d'information et de transparence auprès de l'OMC (Organisation mondiale du Commerce)".

Une quinzaine de pays, dont la Chine et la Russie, des marchés considérables, ont interdit ou imposé des restrictions à l'importation de porcs ou de produits dérivés des porcs provenant des Etats-Unis, du Canada et du Mexique, où est née l'épidémie de grippe porcine.

Rappelons que l'épidémie de grippe est suspectée d'avoir fait 84 morts au Mexique, dont 8 confirmés à cause du virus. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que le monde risquait une pandémie «imminente», en relevant à 5 son niveau d'alerte, sur une échelle de 6.

Toutefois, selon les informations recueillies par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), aucun être humain n'a jusqu'à présent été contaminé par un cochon, et le virus ne s'attrape pas non plus en consommant de la viande de porc. La grippe mexicaine se transmet d'homme à homme par voie respiratoire, selon les autorités mondiales de la santé.

Qu'à cela ne tienne .... dimanche dernier, le Premier ministre Vladimir Poutine a ordonné la mise en place d'une commission spéciale, dirigée par le premier vice- Premier ministre, Viktor Zubkov, afin d'empêcher une potentielle propagation de la grippe porcine. Des groupes spéciaux, similaires à ceux qui sont intervenus en 2005-2006 pour la grippe aviaire, ont repris.

C'est dans ce cadre là, que Moscou a interdit les importations de viande du Mexique et de trois Etats américains. L'interdiction frappe tout type de viande non traité thermiquement. Une interdiction similaire a été également introduite sur le porc et les produits à base de porcs de huit pays d'Amérique latine et de neuf Etats américains.

Jeudi, le ministre japonais de l'Agriculture a annoncé que le Japon allait contrôler un par un les porcs vivants importés sur son territoire, dans le cadre des mesures prises contre la propagation de la grippe mexicaine.  Si Tokyo n'a détecté aucun cas de grippe mexicaine sur son territoire, il a néanmoins renforcé ses contrôles sanitaires pour éviter d'être touché à son tour. Un responsable du ministère de l'Agriculture du pays a expliqué que le gouvernement avait déjà renforcé ses contrôles sur les porcs vivants importés dans l'archipel, dès l'annonce de l'apparition de la maladie la semaine dernière. Rappelons que le Japon importe quelques centaines de porcs vivants chaque année depuis les Etats-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne, mais pas depuis le Mexique.

Mercredi, le gouvernement canadien a appelé les pays ayant interdit l'importation de porcs élevés en Amérique du Nord à revenir sur leur décision, estimant que l'heure était plutôt à la coopération afin d'endiguer l'épidémie de grippe mexicaine.

«Certains pays ont imposé une interdiction sur le porc vivant et sur les produits du porc nord-américain sans preuves scientifiques à l'appui. Nous pressons ces pays de fonder leur décision sur des principes scientifiques éprouvés», ont déclaré dans un communiqué commun les ministres canadiens du Commerce, Stockwell Day, et de l'Agriculture, Gerry Ritz.

Parallèlement, les autorités canadiennes sont en discussion avec les pays où une interdiction d'importation est envisagée ou a déjà été imposée, «afin de les aider à prendre une décision éclairée et les rassurer quant à l'innocuité des produits du porc canadiens».

Des contrôles vétérinaires sont présentement effectués dans les élevages canadiens «en vue de déceler des cas de grippe».

Désormais,l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) "conseille fortement de ne pas abattre de porcs dans la crise de grippe de type A/H1N1 qui a démarré en Amérique du Nord".

"Les informations scientifiques disponibles à l'OIE et dans ses organisations partenaires montrent que ce nouveau virus grippal est transmis par l'homme; il n'y pas de preuve de contamination de porcs, ni de contamination de l'homme par des porcs", souligne même l'Organisation intergouvernementale.

L'Organisation prévient par ailleurs ses 174 Etats membres que «l'abattage de porcs n'aidera en rien à se protéger contre des risques pour la santé publique et animale» et rappelle que la consommation de viande de porcs et d'autres produits porcins n'est pas dangereux.

En début de semaine, l'Egypte avait annoncé avoir décidé d'abattre tout son cheptel porcin, c'est-à-dire près de 250.000 animaux. Jeudi, elle a reconnu jeudi qu'il s'agissait d'une mesure d'hygiène générale plutôt qu'une précaution contre la grippe porcine, comme annoncé la veille.

Selon le porte-parole du ministère de la Santé, Abderrahmane Chahine, "les autorités ont profité de cette occasion pour régler la question de l'élevage sauvage en Egypte».

Sources : AFP, Xinhua, Agrionline (
France Agricole)

 

3 Commentaires

  1. 1

    OIE

    L’OIE déconseille l’abattage des porcs

    Dans le cadre de l'événement actuel lié à l'influenza A/H1N1 qui a débuté en Amérique du Nord, l'OIE déconseille fortement l'abattage des porcs.

    L'information scientifique actuellement à la disposition de l'OIE et de ses partenaires indique que ce nouveau virus de l'influenza A/H1N1 se transmet d'homme à homme et aucune infection parmi les porcs, ou du porc à l'homme, n'est prouvée.

    En dépit du fait que le virus de l'influenza A/H1N1 qui circule actuellement n'est pas un virus classique de l'influenza porcine (il contient du matériel génétique réassorti d'origine humaine, aviaire et porcine), il est important de rappeler que la contamination de l'homme par la consommation de viande de porc ou d'autres produits à base de porc n'a pas été démontrée.

    L'OIE indique à ses Membres que l'abattage des porcs n'est pas une solution de protection contre les risques de santé publique et de santé animale que présentent ce nouveau virus A/H1N1 et rappelle que cette mesure est inappropriée. En revanche, tous les Membres de l'OIE sont appelés à concentrer leurs efforts sur la mise en œuvre d'une surveillance s anita ire appropriée et le renforcement des mesures de biosécurité appliquées sur les sites où des porcs sont élevés et abattus.

    En collaboration avec son réseau de Laboratoires de Référence et de Centres Collaborateurs ainsi que l'Organisation Mondiale de la Santé et la FAO, l'OIE suit de près les investigations scientifiques en cours et fournira, si besoin est, des recommandations supplémentaires portant sur les mesures de biosécurité et le commerce à prendre en temps opportun. Grâce aux investigations en cours, la pathogénicité (si démontrée) chez les animaux du virus en circulation devrait être connue prochainement et sera alors l'objet de communications supplémentaires de l' OIE.

    Dans le même temps, les autorités vétérinaires sont appelées à coopérer avec leur homologues de la santé publique sur la surveillance des élevages de porcs afin de détecter tout signe de maladie inhabituelle qui pourrait avoir des liens suspects avec les cas de l'influenza A/H1N1

  2. 2

    Egyptien

    Précisions concernant l'elevage de porc en Egypte
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    La grippe "porcine", un prétexte pour abattre les cochons

    AFP 01/05/2009
    L'Egypte a reconnu jeudi qu'elle avait décidé d'abattre tous les porcs du pays plus par souci d'"hygiène générale" que pour combattre la grippe dite "porcine". Quelque 250 000 bêtes doivent être égorgées.


    L'Egypte a reconnu jeudi que sa décision d'abattre tout son cheptel porcin - près de 250. 000 bêtes - était une mesure d'"hygiène générale" plutôt qu'une précaution contre la grippe porcine, comme annoncé la veille.

    "Nous sommes maintenant au niveau d'alerte 5, la question n'est plus animale mais humaine", a affirmé à l'AFP le porte-parole du ministère de la Santé, Abderrahmane Chahine. "Les autorités ont profité de cette occasion pour régler la question de l'élevage sauvage en Egypte".

    D'après le ministère de l'Agriculture, il y a environ 250. 000 porcs dans le pays, élevés par des Coptes (chrétiens d'Egypte), notamment des trieurs d'ordures vivant dans des quartiers submergés par les détritus.

    "Transférer l'élevage dans de vraies fermes"

    Le directeur du département des maladies infectieuses du ministère de l'Agriculture, Saber Abdel Aziz Galal, a déclaré à l'AFP que l'abattage des porcs était "une mesure d'hygiène générale, pour transférer ce genre d'élevage dans de vraies fermes, pas dans les décharges".

    "Aujourd'hui, ils vivent avec des chiens, des chats, des rats, des volailles et des hommes, tous dans la même zone avec les détritus. Nous allons construire de nouvelles fermes dans des zones spéciales, comme en Europe. Dans deux ans les porcs seront de retour, mais nous devons d'abord construire de nouvelles fermes", a-t-il ajouté.

    M. Galal n'a pas pu préciser combien de porcs seraient abattus jeudi.

    L'opération d'abattage en Egypte prendra de trois semaines à un mois, selon le ministre de l'Agriculture Amine Abaza.

    Aucun cas animal ou humain de grippe porcine n'a pour l'instant été déclaré en Egypte, mais le pays est l'un des plus touchés au monde par la grippe aviaire et le ministre de la Santé, Hatem al-Gabali, a dit qu'il "prenait (la menace) très au sérieux".

    "Aucune personne contaminée par des porcs"

    L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pourtant indiqué n'avoir connaissance d'"aucune personne contaminée par des porcs".

    "Il semble qu'il s'agisse d'un virus qui se transmet d'une personne à l'autre", a expliqué son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda.

    "Les éleveurs recevront bien entendu des compensations", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Magdi Radi, cité par la presse, mais les autorités n'ont pas encore fixé de montant.

    D'après M. Abaza, les autorités égyptiennes s'efforcent de convaincre les éleveurs de porcs du "danger" de l'élevage tel qu'il est pratiqué en Egypte afin qu'ils se présentent spontanément pour que leurs bêtes soient abattues.

  3. 3

    sanglier

    Une des clefs de réussite de cette opération de communication à la fois sanitaire et marketing prend forme à travers le témoignage misérabiliste.
    Celui-ci valide le facteur temps, après celui de l’espace promulgué part internet. La temporalité insinue que les rescapés d’ailleurs feront les victimes d’ici.
    Quand le doute responsable flirte avec la mise en quarantaine systématique, la société se replie sur elle-même tout en surveillant son voisin.
    Dès que l’objet psychose laisse place à l’outil paranoïa, les présomptions deviennent des obsessions qui conduisent à la recherche frénétique d’un nouveau shoot d’information.

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