Turkménistan : appel au plus offrant pour gazoduc(s) stratégique(s)

CaspianSeaPipelines Pied de nez à la Russie ?

Alors que le président russe Dmitri Medvedev et son homologue turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov n'ont pas réussi à se mettre d'accord mercredi à Moscou sur un projet de gazoduc au Turkménistan, .... le pays a lancé vendredi un appel d'offres international pour la construction d'un pipeline.

Rappelons que ses vastes réserves de gaz sont également convoitées par l'Europe et la Chine. La bataille s'annonce rude ....

La longueur de ce gazoduc "Est-Ouest" est estimée à entre 800 et 1.000 km sur le territoire du Turkménistan, a précisé le ministère des Affaires étrangères de ce pays d'Asie centrale, par ailleurs ancienne république soviétique.

Selon un communiqué du ministère, la décision prise par le président turkmène de lancer un appel d'offres international pour la construction du gazoduc "Est-Ouest" s'inscrit dans le cadre d'une résolution prise fin 2008 par l'Assemblée générale des Nations Unies.

Lors d'une rencontre mercredi à Moscou entre le président Berdymoukhamedov et son homologue russe, Dmitri Medvedev, les deux pays avaient échoué à se mettre d'accord sur un projet de gazoduc au Turkménistan. Ce projet d'infrastructure destiné à relier des gisements de gaz dans l'est du Turkménistan à un gazoduc reliant la Russie, le long de la mer Caspienne, semblait pourtant proche d'être signé si l'on en croit le quotidien russe Kommersant.

La Russie, qui dispose à l'heure actuelle d'un quasi-monopole sur le réseau de gazoducs d'exportation turkmènes, cherche ainsi à renforcer sa position. Ce qui ne semble pas chose aussi facile qu'elle ne l'espérait.

"La rédaction de ces documents va être achevée et je pense qu'ils vont être signés dans un avenir proche", a certes déclaré M. Medvedev devant la presse à l'issue de ses entretiens avec le président turkmène.

Selon le conseiller du président russe, Sergueï Prikhodko, aucun désaccord ne serait à déplorer, s'gissant bien au contraire d'un projet très sérieux".

Ce n'est pas la première fois que M. Berdymoukhamedov semble vouloir se faire prier. Rappelons en effet que la construction du gazoduc vers la Russie longeant la Caspienne n'a toujours pas démarré malgré la signature de plusieurs accords depuis 2007.

Parallèlement, la construction d'un vaste pipeline reliant le Turkménistan et la Chine a quant à lui été lancée. Les autorités turkmènes ont aussi a plusieurs reprises montré leur intérêt pour des livraisons de gaz vers l'Europe contournant la Russie.

Ce que Moscou apprécie peu ....

Rappelons qu'en septembre 2008, la Russie et l'Ouzbékistan étaient parvenus à un accord pour la construction d'un nouveau gazoduc sur le territoire ouzbek, " afin de garantir la croissance du potentiel d'exportation du Turkménistan et de l'Ouzbékistan", si l'on en croit les propos du Premier ministre russe Vladimir Poutine. Histoire également de plomber un peu plus – s'il en était besoin ? - le projet du gazoduc Nabucco , lui même d'ores et déjà en concurrence avec le gazoduc South Stream prôné par la Russie.

"Nous voyons que les perspectives d'un tel partenariat ne cessent de croître. Nous sommes intéressés à la réalisation de ce projet ", avait fait également remarquer l'actuel premier ministre russe et ancien président.

"Les ententes sur le développement du transport des hydrocarbures par pipeline jouent un rôle important non seulement pour la Russie et pour l'Ouzbékistan", mais également pour les voisins de l'Ouzbékistan, notamment pour le Turkménistan, "et également pour nos partenaires, y compris en Europe occidentale", avait souligné le premier ministre russe. Non sans cynisme ...

Construit par les groupes autrichien OMV, hongrois MOL, roumain Transgaz, bulgare Bulgargaz, turc Botas et allemand RWE, le projet paneuropéen Nabucco, conçu pour diminuer la dépendance de l'Europe au gaz russe, doit acheminer le gaz de la Caspienne vers l'Autriche à travers la Turquie et les Balkans sur une longueur de 3.300 kilomètres. Une de ses branches démarrerait à la frontière turco-géorgienne.

Or, Nabucco espére capter au passage le gaz turkmène en reliant le Turkménistan et l’Azerbaïdjan par un gazoduc à travers la mer caspienne, qui serait connecté aux réseaux existants qui traversent le Caucase jusqu’à la Turquie, comme la ligne Bakou-Tbilissi-Ceyhan. Rappelons que sans l’accès au gaz turkmène, la viabilité du projet Nabucco est sérieusement remise en cause.

C'est dans un tel contexte, que fin juillet, le géant gazier russe Gazprom a accepté de payer plus cher, à partir de 2009, le gaz qu'il achète au Turkménistan, sans préciser l'ampleur de cette hausse.

Achkhabad réclamait le passage à un tarif "de marché" pour son gaz, soit plus du double des 150 dollars pour 1.000 m3 que Moscou s'est engagé à payer au second semestre 2008. Une visite début juillet du président russe Dmitri Medvedev au Turkménistan n'avait pas permis de trouver un accord sur ce point.

En dépit de ses liens resserrés avec la Russie, le Turkménistan, une ancienne république soviétique d'Asie centrale, insiste par ailleurs sur le fait qu'il entend également participer à des projets concurrents avec l'UE. Laquelle encourage le Turkménistan à se défaire du quasi-monopole dont Moscou dispose sur les voies d'exportation du gaz turkmène.

Sources : AFP, AFP, Armenews, RBC Daily, Ria Novosti

 

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