Ce que je supputais depuis quelques temps, est désormais mis tel quel sur la table : la fin pure et simple du programme de l'A400M. Car Thomas Enders ne fait pas de détour. S'exprimant sur le site internet de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le patron de l'avionneur européen a en effet averti que "dans les conditions actuelles", son entreprise ne pouvait pas construire les avions de transport de troupes A400M.
Comme on pouvait le redouter, Thomas Enders s'est même déclaré prêt à mettre un terme pur et simple au programme, préférant "une fin qui provoque des cris d'orfraie, que des cris d'orfraie sans fin". Et je rajouterai : et des rallonges budgétaires et des pénalités de retard sans fin. EADS a en effet évalué que l'annulation du contrat lancé en 2003 et d'un montant de 20 milliards d'euros au total - se traduirait par 5,7 milliards d'euros de remboursements d'avances. Il a déjà provisionné 2,1 milliards d'euros pour les retards de cet appareil de transport militaire. Lançant un sérieux message aux gouvernements - voire même un ultimatum - le patron d'EADS a également affirmé que la poursuite du programme ne pourrait avoir lieu que si les Etats concernés "prennent une part de la responsabilité concernant les moteurs" et un assouplissement du cahier des charges, qui ne serait "entièrement rempli qu'après une période de transition". Une "annonce" on ne peut plus clair alors que les gouvernements allemand et français ont récemment menacé de réduire voire d'annuler les commandes en cas de nouveau retard. Il y a dix jours, dans une interview au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le secrétaire d'Etat allemand à la Défense Rüdiger Wolf avait jugé que la résiliation des commandes de l'A400M devait être considérée comme une "option sérieuse", estimant qu'il n'allait pas "laisser EADS" les "faire tourner en bourrique". "Nous n'avons pas encore évalué l'ampleur du trou de capacités à boucher. Cela peut passer par une réduction de la cible. Notre position est qu'il faut donner les chances à ce programme de se poursuivre." Une dernière remarque qui pouvait d'ores et déjà glacer le dos ... alors que l'avenir du projet lui-même semblait déja quelque peu menacé ...
A lire également :


2 Commentaires
1
Désormais, il ne reste plus que 2 possibilités pour les principales armées européennes concernées par le programme de l'A400M. Acheter (ou louer) des avions russes (AN70 et AN124) ou des avions américains (C130J et C17) ce qui serait plus logique dans le cadre de l'OTAN mais bien plus cher.
29 mars 2009 à 20:17Certains pays comme l'Allemagne serait plutôt tenter par les avions russes, la Grande-Bretagne est très favorable à l'achat d'avions US. Pour la France qui vient de réintégrer l'OTAN, le choix sera plus difficile si on prend en compte le fait de ne pas se fâcher avec les USA et la défense des intérêts d'Airbus en particulier avec le dossier des ravitailleurs KC45 qui risque désormais de se faire contre l'achat de C130J et de C17B américains en compensation.
2
L'armée de l'air française étudie l'achat de 10 à 12 C-130J en attendant l'A400M.
05 avril 2009 à 18:36http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/04/larme-de-lair-t.html
Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.