L'action de JCDecaux s'est effondrée mercredi à la Bourse de Paris.
Deux raisons essentielles ont conduit à cette situation : l'annonce d'une prévision de croissance organique négative en 2009 et la suppression du dividende pour 2008.
Le groupe JCDecaux table désormais sur un recul de son activité à périmètre et taux de change constants en 2009. Le président du directoire et codirecteur général de JCDecaux, Jean-Charles Decaux, a lui-même reconnu que, "pour la première fois dans l'histoire du groupe, la croissance interne du chiffre d'affaires 2009 sera négative".
Raisons invoquées : les difficultés du marché publicitaire mondial. Le groupe explique avoir souffert de «l’environnement publicitaire actuel et des perspectives négatives de certains marchés».
Le groupe indique que la baisse sera "d'environ 10%" au premier trimestre mais se refuse à donner des prévisions pour l'ensemble de l'exercice.
«Le ralentissement des économies mondiales à des rythmes rarement connus par le passé induira inévitablement une réduction des budgets publicitaires, une compétition accrue entre les médias et une réduction de la visibilité» déclare toutefois Jean-Charles Decaux.
Le groupe a également indiqué prévoir des mesures d'économies pour faire face au ralentissement de l'activité. Les investissements seront révus à la baisse : 250 millions d'euros contre 304 millions d'euros en 2008. Au niveau de son endettement le groupe se veut rassurant et indique n'avoir aucun besoin de refinancement avant la mi-2012.
Des nouvelles fort peu réjouissantes, alors que le bénéfice net du groupe a fortement chuté en 2008. Ce dernier affiche en effet une baisse de 51,1% à 108,1 millions d'euros tandis que le résultat d'exploitation régresse de 32,5% à 236,4 millions d'euros.
A 10H10 (09H10 GMT), l'action JCDecaux perdait ainsi 18,70% à 8,00 euros, dans un marché en repli de 1,13%. Depuis le 1er janvier, le titre a ainsi perdu 34,86% de sa valeur contre 18,15% pour le CAC 40.
Elément positif toutefois : le chiffre d'affaires, déjà publié, a augmenté de 2,9% à 2,17 milliards, soit une croissance interne (à périmètre et taux de change constants) de 6,3%.
Ce brutal retournement de tendance surprend d'autant plus le marché que les chiffres du quatrième trimestre avaient agréablement surpris avec de la croissance positive.
Dans ce contexte délicat, le groupe a décidé de ne pas verser de dividende au titre de 2008, alors que les analystes attendaient son maintien au niveau des 44 cts de 2007. "Le Conseil de surveillance recommandera de ne pas verser de dividende au titre de l'exercice 2008, convaincu qu'il est prudent, dans les conditions actuelles, de préserver la trésorerie du groupe et de lui assurer la flexibilité financière nécessaire pour saisir les opportunités susceptibles de se présenter sur ses marchés", a expliqué le groupe dans son communiqué.
JC Decaux souhaite se concentrer sur "la génération et la préservation de la trésorerie ainsi que sur une approche sélective des investissements" et entend sortir de la crise avec "une position concurrentielle renforcée".
Sources : AFP, Reuters, Le Figaro

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