Le géant gazier russe Gazprom souhaite participer à des projets d'extraction de gaz et de pétrole au Yémen. Son intérêt se porterait également sur la construction de gazoducs.
Il faut dire que le gaz yéménite présente bien des avantages en matière de qualité et de localisation géographique par rapport à ses principaux concurrents de la région (Qatar et Iran notamment, situés dans le Golfe persique).
Le groupe pétrolier français Total l'a compris depuis fort longtemps, même si le climat sécuritaire du pays laisse parfois à désirer.
Le PDG de Gazprom Alexeï Miller et le ministre yéménite du Pétrole et des Minerais Amir Salem Al-Aydarous ont discuté cette semaine à Moscou "de la possibilité d'une participation de Gazprom dans des projets d'extraction de pétrole et de gaz au Yémen", "de transformation des hydrocarbures" et de "construction de gazoducs et de réseaux de distribution". Cette rencontre a eu lieu dans le cadre de la visite en Russie du président du Yémen, Ali Abdullah Saleh.
Pour rappel, le Yémen possède des réserves du gaz prouvées de 480 milliards de m3. Néanmoins, la majeure partie du gaz produit dans le pays est injecté dans les gisements pétroliers pour les mettre sous pression et augmenter la production de pétrole.
En mars 1995, à la suite d'un appel d'offre international, le gouvernement yéménite retenait Total pour être le leader du premier projet de GNL au Yémen. Ce dernier s’inscrit dans la stratégie du groupe qui consiste à accroître ses productions de Gaz Naturel Liquéfie de 10% par an en moyenne d’ici 2010. Le groupe pétrolier français, chef de file détient 39,6 % des parts.
La mise en oeuvre en septembre 2005 du projet de Yemen LNG correspond à environ 4 Mds USD d’investissement sur 4 ans pour la construction d’un pipeline, d’une usine de liquéfaction et d’un terminal de chargement, sans compter la construction de méthaniers. Il constitue le plus grand projet d’investissement jamais entrepris au Yémen. Le gaz destiné au projet Yemen LNG sera extrait du bloc pétrolier n°18, dont les réserves prouvées, estimées à plus de 300 milliards de mètres cubes, permettront d’exploiter le site pendant au moins 25 ans.
A la mi-janvier 2009, Yemen LNG a indiqué que l'exploitation de la première usine de gaz naturel liquéfié du pays débuterait à la fin du mois de mars, avec un retard de plusieurs mois sur les prévisions. Yemen LNG prévoit d'exporter quelque 6,5 tonnes de GNL par an pendant au moins 20 ans.
En dehors de Total, le groupe a des contrats d'approvisionnement avec Korea Gas pour 2 millions de tonnes par an chacun. 2,5 millions de tonnes de gaz seront également vendus annuellement à GDF Suez. Comme Total, le groupe franco-belge est également actionnaire de Yemen LNG. Ils prévoient à tous les deux d'exporter le gaz liquéfié vers l'Amérique du Nord.
Sources : AFP, Mission Economique Ambassade de France, Downjones
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