Caterpillar : séquestration de 4 dirigeants

CATERPILLAR-3020601-p1m Décidément la "mode" est à la "séquestration" des dirigeants par les employés mécontents.

Alors que les salariés de l'usine pharmaceutique 3M Santé de Pithiviers ont libéré mercredi le directeur pour la France du groupe américain, Luc Rousselet, 4 cadres de la direction de Caterpillar sont retenus sur un site de la firme à Grenoble.

Espérons que la méthode pour le moins "musclée" ne fasse pas tâche d’huile …

Les salariés du groupe de construction d'engins de chantiers retiennent depuis mardi 10H30 quatre cadres de la direction dans le bureau du directeur à Grenoble, a annoncé Benoît Nicolas, délégué CGT. L’action fait suite à l’annonce de la suppression de 733 emplois. les salariés retiennent leurs « otages » d’un nouveau genre en vue d’obtenir l’ouverture d’un comité d'entreprise « pour débloquer les négociations » et la reprise des discussions sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). On aura connu méthode plus diplomatique.

Les syndicats espèrent obtenir gain de cause même s’ils laissent entendre que leurs « interlocuteurs » ne disposent pas des pleins pouvoirs pour décider.

Selon l'intersyndicale, le montant total du PSE proposé par la direction s'élève à 48,5 millions d'euros. Les syndicats réclament un PSE de 110 millions d'euros qui prévoirait une indemnité de départ de trois mois de salaire par année d'ancienneté pour les 733 licenciements.

Outre le directeur de l'usine de Grenoble, Nicolas Polutnick, le directeur des Ressources humaines, un responsable du service du personnel et un responsable des produits européens sont également "retenus".

 "Alors que le groupe fait des bénéfices et distribue des dividendes aux actionnaires, nous voulons trouver une issue favorable à tous les salariés et savoir au plus vite ou nous allons", a indiqué Pierre Piccarreta, délégué syndical CGT.

Les salariés de Caterpillar ont par ailleurs reconduit leur grève mardi sur les deux sites de Grenoble et Echirolles, lesquels emploient un total de 2.500 personnes.

Caterpillar France avait annoncé le 13 février dernier une chute de 55% des commandes entre 2008 et le prévisionnel 2009 pour tenter de justifier ces licenciements.

Suite à la baisse de la demande d'équipements dans les secteurs du BTP et des mines, le constructeur américain, qui emploie 113.000 personnes dans le monde, a annoncé 24.000 suppressions d'emploi depuis l'automne 2008. Le 21 octobre dernier, le groupe avait également annoncé un bénéfice net en repli de 6% au troisième trimestre.

Jeudi, le sous-préfet de Pithiviers, Christian Picollo, avait déclaré quant à lui que "la libération du directeur de 3M Santé France était un préalable" aux négociations prévues sous l'égide du médiateur nommé par le préfet, le directeur du Travail du Loiret, Emmanuel Duhem. "Il est donc convenu de reprendre les négociations sur le reclassement des salariés de l'établissement, dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi", avait-il ajouté. Les salariés avaient entamés leurs actions en vue de protester contre le plan de suppression de 110 emplois sur les 235 que compte leur site.

Sources : AFP, Associated Press

 

2 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    Caterpillar: "priorité absolue" au maintien du site de Grenoble
    WASHINGTON, 31 mars 2009 (AFP)
    Le constructeur américain d'engins de chantier Caterpillar a affirmé mardi que sa "priorité absolue" était de trouver les conditions d'un maintien du site de Grenoble, où les salariés séquestrent depuis plusieurs heures cinq cadres de l'entreprise.

    "Notre priorité absolue est de trouver une solution qui garantisse la permanence de notre présence à Grenoble", a commenté Chris Schena, vice-président de Caterpillar en charge des opérations industrielles en Europe, Afrique et Moyen-Orient, cité dans un communiqué.

    "Les actions qui ont lieu aujourd'hui, menées par une petite minorité d'individus, ne nous aident pas à résoudre cette situation de manière positive", a regretté M. Schena.

    Des salariés de Caterpillar France retiennent depuis la matinée cinq cadres de la direction pour exiger de renégocier un plan de restructuration passant par 733 licenciements.

    "Nous nous sommes engagés à continuer à fournir des emplois à Grenoble", a souligné la direction du groupe américain.

    "La meilleure manière de résoudre cette question est de continuer les négociations à travers le comité d'entreprise pour trouver une solution qui soit juste pour nos employés et permette à Caterpillar de rester un groupe leader sur un marché mondial qui change rapidement", a-t-elle encore dit.

  2. 2

    CSS

    Merci Elisabeth. On commence à peine à rentrer dans le vif du sujet de la crise et déjà les méthodes musclées de la CGT font la Une. A mon avis, on n'a pas fini d'en parler... Par ailleurs, je prédis un blocus de Paris avec des sociétés de transport d'ici Noel 09.

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