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UBS : une petite perte de 20 milliards…

frederic sauvegrain Actualités, Immobilier 10 commentaires

Images_3 On a su, aujourd’hui qu’UBS avait perdu 20 milliards de francs suisses (des petits suisses, quoi !).
C’est bien connu, c’est la femme de ménage qui en vidant les poubelles s’est aperçu du pot aux roses, donc que c’était normal qu’on ne l’apprenne que Dimanche (elle nettoie les bureaux le samedi, sans doute).
Londres va commander un rapport sur les banques (comme ça, les SDF pourront se chauffer avec le rapport).
La crise déflationniste est clairement engagée aux USA, décembre a vu l’encours des crédits de consommation baisser pour le troisième mois consécutif.
Pour Larry Summers, la crise est pire que celle des années 1930.

Le chiffre de 19 millions de logements vides est confirmé aux USA (de quoi loger plus de 50 millions de personnes…).
Et pour Harald Welzer, le choc est à venir.
Une erreur a été commise en 1989, c’était de croire à la victoire de l’occident.
"les crises financière, énergétique et climatique révèlent des affinités.  " et " Les catastrophes sociales … ne surviennent pas sans crier gare mais, pour ce qui est de leur perception, représentent un processus quasi insensible, qui ne peut être condensé en un concept comme celui d’"effondrement" ou de "rupture de civilisation", qu’a posteriori. ".

Le tout est dans une question de mesure. Une banque qui perd un milliard est un accident. Une banque isolée qui en perd 15 ou 20 comme le Crédit Lyonnais, c’est aussi un accident. Mais les banques, qui, à l’instar d’UBS perdent 20 milliards chaque fois qu’elles respirent, ou un pays de 300 millions d’habitants, qui posséde de quoi en loger 50 millions supplémentaires (à norme de confort constante, 300 millions si les normes sont plus basses), ce n’est plus un accident. C’est une tendance et une lame de fond. Peut être, comme dit Harald Welzer avons nous atteint un "point de basculement systémique, à partir duquel des tendances ne peuvent plus être corrigées." Aux USA, justement, certains, dans les autorités locales se demandent où passent les habitants qui abandonnent leurs logements. Les maisons sont souvent tellement grandes, qu’on ne peux pas ne pas envisager une solution "à l’irlandaise", du temps de Lord Boycott : les familles se regroupent sur les propriétés non endettés ou les moins endettées possibles. La solution peut être provisoire OU DEFINITIVE.

Dimanche 8 Février 2009

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10 commentaires

  1. all 8 février 2009 à 21:59

    J’étais passé à coté du texte puissant de Harald Welzer. Merci à toi.

  2. in-crisis-we-trust 8 février 2009 à 21:59

    Merci Patrick, c’est toujours pour moi, un plaisir de vous lire.

  3. J.K. 9 février 2009 à 00:26

    L’article de Harald Welzer est absolument génial. Merci pour ce lien, pas très éloigné de ce que vous proposez dans vos articles, du reste.

  4. Sclavus 9 février 2009 à 10:01

    …Et en fin de compte pas très loin de analyses d’un Soral par exemple, chère JK.
    N’est-ce pas?

  5. logique 9 février 2009 à 10:30

    Je pense aussi que la vri question est bien celle ci.
    avons nous atteint un “point de basculement systémique, à partir duquel des tendances ne peuvent plus être corrigées”
    Ci cela est réellement confirmé. Se qui n’est pas encore le cas. Il faudra attacher ses ceintures pour l’attérissage. Car il risque de ne plus se faire en douceur. A mon avis 2009 va être une l’année décisive.

  6. colombo_35 9 février 2009 à 11:53

    c’est assez proche de la voiture qui va dans un mur, pour le côté inéluctable du bousin.
    On est a 5 mètres du mur, notre vitesse de croisière est de 90Km/h (merci le régulateur) … on va commencer à fermer les yeux

  7. Nam 9 février 2009 à 11:57

    OK, mais j’attend toujours le krach immo.

  8. J.K. 9 février 2009 à 13:46

    @sclavus
    Et bien non, pas exactement

  9. Sclavus 9 février 2009 à 15:37

    Parce que, chère JK, tu n

  10. in-crisis-we-trust 9 février 2009 à 17:19

    il vaut mieux un bon krach immo qu’une longue baisse languissante.
    Le krach permet un rebond, la baisse languissante entraine un désepoir, une perte de confiance définitive dans l’immo (ou pour de longues, très longues années). Le crash sera vécu comme un assainissement (comme en bourse) nécéssaire pour mieux repartir.