Slovaquie et Tchèquie en guerre contre le protectionnisme prôné par Sarkozy

Sky_high_in_slovakiakia Il n'y a pas que Bruxelles pour trouver en la politique économique de Nicolas Sarkozy des “relents” de protectionnisme.

Ironie de l'histoire, retour du baton, conséquence de l'élargissement de l'UE ? ... les pays “phares” de la délocalisation réagissent aujourd'hui véhément aux discours quelque peu “nationaliste” de notre Président.

Les Tchèques et les Slovaques ont ainsi qualifié vendredi à Prague de "protectionniste" la proposition de Nicolas Sarkozy de "relocaliser" en France les usines automobiles françaises, en réponse à la crise qui frappe durement le secteur.

Ils réagissaient ainsi aux propos tenus par le Chef de l'Etat jeudi soir, laissant entendre qu'il souhaitait "qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise". "Si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs", avait-t-il ajouté.

En oubliant peut-être que les Tchèques se devaient de réagir ... ne serait-ce qu'en tant que pays assurant actuellement la Présidence tournante de l'Union européenne. "Si la France insiste sur ses mesures protectionnistes, le sens de l'UE sera gravement menacé", a ainsi déclaré à Prague le chef de la chambre de commerce tchèque, Petr Kuzel.

La réponse officielle du berger à la bergère ne s'est pas faite attendre.

Vendredi, la présidence tchèque de l'UE a publié un communiqué dénonçant les "tentatives d'utiliser la crise financière pour introduire des formes de protectionnisme". "Le président français souhaite protéger les intérêts de son pays, et moi en tant que Premier ministre tchèque et président du Conseil européen, je défendrai le principe 'mêmes règles pour tous', déclarait ainsi le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek.

"Si quelque chose est susceptible de contribuer à l'approfondissement et à la prolongation de la crise, c'est un protectionnisme massif instauré par de grands Etats", a pour sa part déclaré le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce. En tout état de cause, Martin Riman estime que Peugeot n'appliquerait pas les directives présidentielles. Ce qui pourrait néanmoins coûter sa place à Christian Streiff ... déjà sur la sellette.

Le vice-Premier ministre tchèque, Alexandre Vondra, a à son tour mis en garde samedi contre "un risque de protectionnisme accru". Profitant de la tribune offerte par la Conférence sur la sécurité de Munich, A.Vondra a appelé à ne "pas affaiblir les règles du marché".

"L'initiative de la France est très contre-productive, ce serait très mauvais si les Etats de l'UE commençaient à prendre certaines mesures protectionnistes", a pour sa part déclaré le ministre slovaque de l'Economie Lubomir Jahnatek à Bratislava.  Selon lui, les “ fournisseurs qui opèrent en Europe de l'Est peuvent produire bien moins cher que ceux basés en Allemagne ou en France”. “Les producteurs automobiles doivent comprendre que s'ils veulent avoir des coûts de production moindres et et de meilleurs profits, des mesures comme celles préconisées par M. Sarkozy hier seraient contre-productives", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse.

Pour rappel, le site de la société TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile), inauguré en février 2005 à Kolin en XX a produit un total de 324.289 véhicules en 2008, un chiffre en hausse de 5,1% par rapport à 2007. La prévision de résultats établie pour cette année table sur des montants identiques. La quasi-totalité de la production de Kolin - des petits véhicules citadins à faible consommation - est destinée à l'exportation, notamment la France, l'Italie, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas.

S'agissant de la Slovaquie, PSA – installé en 2006 - a produit 186.000 véhicules en 2007 sur son site de Trnava, lequel compte quelque 3.000 employés.

Petit rappel néanmoins : le groupe PSA Peugeot Citroën devrait prochainement annoncer la suppression de plusieurs dizaines d’emplois sur ce site slovaque, complexe industriel notamment en charge de la production de la 207.

A noter par ailleurs : face à la crise, Molex Automotive fermerait trois sites à l’étranger, dont celui de Slovaquie où devait être délocalisée l’activité de son unité de Villemur-sur-Tarn.

Sources : AFP, Usine Nouvelle, www.ledecolletage.fr

 

7 Commentaires

  1. 1

    Dadounet

    Peut-être les employés français finiront-ils par comprendre que leurs problèmes ne sont pas les employés tchèques, mais les ponctionnaires français et les immigrés en France, responsables du surcoût de la production en France...

  2. 2

    Elisabeth

    J'ai du mal à voir en quoi les immigrés sont responsbales du surcout de la production en France

    Merci de m'expliquer

  3. 3

    Dadounet

    Je suppose donc que vous êtes d'accord pour les ponctionnaires...
    Les immigrés sont venus pour faire baisser les salaires au moment du plein emploi (la bonne attitude aurait été d'automatiser et de délocaliser, l'attitude japonaise).
    Avec la crise (déjà !) de 1973, due au surcoût du pétrole, le chômage s'est institutionnalisé, la réponse étatique a été l'inflation et le développement de l'assistanat, alors qu'il aurait fallu chasser les immigrés surnuméraires.
    On s'est enfoncé dans un système où on se fait voler quand on travaille et où on peut survivre d'Assedic en RMI, pourquoi pas pendant des générations.
    On fait donc moins marcher la machine lorsqu'on travaille, et on en est un surcoût lorsqu'on ne travaille pas.
    Ce coût est, d'une manière ou d'une autre, intégré aux coûts de production, d'où la fuite inéluctable des usines.
    Dans une entreprise, on ne garde pas les gens "en trop" lors d'une baisse des ventes ; dans un pays, lors d'une récession, on ne doit pas garder les étrangers, même s'ils ont travaillé honnêtement, ce qui est quand même le cas d'une proportion non négligeable des immigrés - mais proportion diminuant avec le temps et la dégénérescence inéluctable des mœurs accompagnant l'état providence.

  4. 4

    gregory

    euh a mon avis, il serait souhaitable que vous parliez d'une autre facon sur ce que vous pensez, car là on est pas loin du racisme quand meme

    donc, on renvoie les immigrés chez eux, ok!

    mais les immigrés qui ont travaillés honnetement, et ont payés des impots, donc participer a l'economie du pays....on en fait quoi?? on les renvoie d'ou ils viennent alors qu'ils se sont intégrés??

    et les générations de francais issus de l'immigration, qui n'ont aucune attache dans le pays de leurs ancètres, on en fait quoi?? on les expedient dans un pays qu'ils ne connaissent pas??

    depuis plus de 30 ans, la politique d'integration et d'immigration, a été pitoyables, et on devrait faire payer ca a des gens qui sont soit francais, soit ont participé a l'essor de la france??

    c'est abberant de voir cela

  5. 5

    gregory

    par contre, une chose qui elle peut changer....c'est d'augmenter le nombre de retour a la frontières des sans-papiers

    renvoyez dans leurs pays, les immigrés qui ne font aucun effort pour s'integrer

  6. 6

    Dadounet

    Parlez de façon logique, et non par sensiblerie, vous y arriverez mieux !
    Ce qui m'intéresse, c'est le bien de mon pays, de mon continent ; les autres, c'est après.
    Dans une entreprise, on vire les surnuméraires, car sinon l'entreprise coule, alors même qu'ils se sont intégrés et qu'ils ont participé à l'essor de la compagnie ; ce n'est pas aberrant, c'est systématique.
    Un pays se DOIT de faire de même.
    Par ailleurs, du point de vue du pays d'émigration, le départ de certains permet de ne pas résoudre les problèmes posés par une caste de racaille au pouvoir ; ceci retarde une révolution pourtant indispensable - et pas qu'au Zimbabwe.

  7. 7

    florian77

    Ben je me répète déjà avec un commentaire un peu similaire publié il y a quelques jours. L'Europe de l'Ouest a toujours eu de tout temps une politique protectionniste. On fustige par exemple le monopole E.D.F. alors qu'on avait des tarifs les moins cher d'Europe et un réseau sûr, je ne comprend pas comment la Tchéquie peut fustiger notre façon de fonctionner et nous imposer leur façon de voir, libre à eux d'avoir des incidents et un réseau délabré. Mais pour se recentrer sur l'article, qu'est ce qu'ils ont à perdre eux ? Rien... Chacun sa façon de penser, l'association de l'Europe démocratique OUI, mais une Europe qui continue à imposer sa façon de penser, stop.

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