Russie et Ukraine divisés par le détroit de Kertch et la Crimée

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Alors que nous laissions entendre ici-même que le conflit gazier entre Russie et Ukraine contenait des enjeux beaucoup plus vastes qu'il n'en avait l'air, l'ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Tolkatch a déclaré jeudi à Moscou que les négociations sur la délimitation de la frontière maritime russo-ukrainienne achoppaient sur le problème du détroit de Kertch, reliant la mer d'Azov à la mer Noire.

Vaste sujet ... pétrole et transit maritime en mer d'Azov et flotte russe à Sébastopol pourraient être les deux autres “mamelles” de l'Histoire ..

"Le détroit de Kertch est l'un des problèmes principaux dans la délimitation de la frontière maritime entre l'Ukraine et la Russie. Si nous nous entendons sur le détroit de Kertch, nous parviendrons vite à une entente sur les mers Noire et d'Azov", a ainsi indiqué le diplomate.

Selon lui, une décision politique ne pourrait intervenir «  tant que les dirigeants ukrainiens actuels sont au pouvoir". Gros message ...

Le ministère russe des Affaires étrangères précise avoir déjà élaboré des projets d'accords portant sur la frontière dans les mers Noire et d'Azov. Selon lui, reste toutefois à préciser les coordonnées des frontières. C'est à dire l'essence même de tout éventuel accord.

Il faut dire que l'enjeu est d'importance ...

En décembre 2003, Kiev et Moscou ont signé un accord de coopération sur l'exploitation de la mer d'Azov et du détroit de Kertch. Toutefois, la question de l'utilisation conjointe de ces surfaces maritimes n'est toujours pas réglée. L'Ukraine insiste sur la nécessité de tracer la frontière sur la base de la limite administrative qui existait entre les républiques soviétiques de Russie et d'Ukraine, au sein de l'URSS.

Moscou rappelle que, conformément à la législation soviétique, les eaux intérieures entre les républiques de l'URSS n'étaient pas délimitées et propose de s'en tenir aux normes internationales qui prévoient que la frontière suive le chenal navigable. Mais celle-ci serait alors décalée vers l'Ouest.

Petit rappel et non des moindres : le détroit de Kertch relie la mer Noire à la mer d'Azov où se trouvent les ports russes de Rostov sur le Don, Taganrog et Yeisk. Il est pratiquement impropre à la navigation car trop peu profond pour le tirant d'eau des cargos et autres gros navires, sauf au niveau du chenal Kertch-Enikal qui est dans la zone portuaire du port ukrainien de Kertch. Plus de 9000 navires passent par ce chenal pour rejoindre les ports russes de la mer d'Azov au nord ou atteindre la mer Noire au sud. La Russie y redoute également l'apparition de navires de guerre étrangers, dont ceux de l'OTAN.

Où la boucle est bouclée .... : en plus des enjeux politiques et stratégiques, les enjeux économiques associés sont importants sur deux points : les droits de passage et les gisements de pétrole et de gaz de la mer d'Azov .... CQFD ....

120 gisements off-shore fournissent du pétrole et du gaz en mer d'Azov. La production y est encore modeste alors que la mer d'Azov est au deux-tiers ukrainienne, mais les possibilités d'extraction peuvent à l'avenir s'avérer intéressantes.

Autre sujet de friction : la Russie souhaite prolonger la présence de sa Flotte de la mer Noire en Crimée au-delà de 2017, limite fixée par l'accord de 1997. L'Ukraine s'y oppose ...

Certains analystes estiment d'ores et déjà depuis quelques mois, qu'après la Géorgie, la Russie pourrait faire une "démonstration" de ses volontés hégémoniques en Ukraine. Vers une Russie Unie ?

Sources : AFP, Ria Novosti, Nouvel Obs

 

3 Commentaires

  1. 1

    Dadounet

    Ce qu'il y a de bien, c'est que vos articles sont honnêtes, ce qui rend votre position anti-russe d'autant plus incompréhensible.
    La frontière entre pays doit être tracée au milieu du chenal navigable, afin que les bateaux de chacun puissent traverser sans problème ni péage ; c'est ce que ne veut pas admettre l'Ukraine et sa bande d'escrocs parasiteurs de gaz.
    Si la Russie avait une taille comme la Suisse ou le Liechtenstein, diriez-vous qu'il est normal que l'Ukraine veuille l'étouffer ? Eh bien, c'est encore plus anormal lorsqu'il s'agit d'un grand pays !
    L'ennemi des Ukrainiens est l'état Ukrainien, pas l'état russe.

  2. 2

    Elisabeth Studer

    "L'ennemi des Ukrainiens est l'état Ukrainien, pas l'état russe."
    ne serait-ce qu'en terme de probabilité (mathematiquement parlant), l'un n'empêche pas l'autre :-)

  3. 3

    Dadounet

    Certes !
    Mais mettez-vous à la place du gouvernement russe :
    incapables de peupler leur vaste état dont les richesses du sous-sol vont peut-être devenir accessibles, ils sont cernés par le pays le plus peuplé du monde et le pays le plus agressif, qui implante des bases partout autour.
    Leur intérêt est d'avoir des copains, ce que ne saurait être un pays implantant des missiles US.
    Je ne sais si l'Ukraine a eu raison de renoncer à l'arme nucléaire lors de la partition de l'URSS, mais qu'ils soient cohérents et non agressifs, sinon ils déclencheront un traitement à la tchétchène, un comportement à la Saakachvili déclenchera le même type de réponse, et, là aussi, à juste titre.
    Suivant tous les usages, on ne peut interdire ni rançonner un passage dans un détroit séparant deux états.
    L'Argentine et le Chili ont réglé leur différent grâce au pape, la France et l'Angleterre (aux Minquiers) grâce à un tribunal, l'attitude ukrainienne mène à la guerre, ils me font penser à ce crétin de colonel Beck à propos du corridor de Dantzig.

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