Hasard de calendrier ? Alors que Nicolas Sarkozy tente de faire oublier les grèves en faisant une petite “visite surprise” en Irak .... le chef de la compagnie pétrolière du sud irakien(SOC) Kifah Nouman a affirmé en fin de semaine dernière que Badgad envisageait de recréer la holding pétrolière qui avait été supprimée par Saddam Hussein. Objectif affiché : donner un sérieux coup de pouce à son industrie quelque peu “engourdie”.
Petit rappel et non des moindres : alors que tout comme la presse anglo-saxonne, nous suggérions ici-même que le “renfort” militaire français en Afghanistan ne serait “que” la contrepartie d'un soutien américain pour l'obtention de contrats pétroliers en Irak, le patron de Total, Christophe de Margerie avait affirmé en septembre dernier que le groupe pétrolier français discutait avec le gouvernement irakien pour revenir en Irak "de manière durable".
Dans un entretien à l'AFP, Kifah Nouman a également précisé que la Compagnie nationale pétrolière irakienne (CNPI) devrait chapeauter la SOC, la plus grande société pétrolière, et deux autres grands opérateurs irakiens.
Raisons avancées : selon lui, la “CNPI aura plus de flexibilité, une meilleure compréhension et planifiera les opérations des compagnies qui pourront opérer sous l'autorité de son conseil d'administration".
La production pétrolière en Irak est toujours inférieure à celle observée avant l'invasion américaine, elle pourrait "sensiblement" augmenter si un plan était établi pour réorganiser cette industrie, si l'on en croit le patron de la SOC. Lequel a été nommé l'an dernier après le limogeage par le Premier ministre Nouri al-Maliki de son prédécesseur Abdel Jabbar al-Luaybi.
Rappelons néanmoins que l'adoption d'un texte permettant la création d'une compagnie nationale a été maintes fois reportée à cause des divergences au Parlement entres chiites, sunnites et Kurdes sur la manière de repartir la manne pétrolière. Mais les élections provinciales pourraient changer la donne. "Nous espérons plusieurs décisions au début février", a assuré le responsable de la SOC.
Selon lui, d'ici 4 ou 5 ans, la production de sa compagnie pourrait atteindre 3,5 millions b/j grâce à l'expertise étrangère.
L'Irak a d'ores et déjà lancé son premier appel d'offres international pour développer environ 20 champs pétroliers et gaziers. "Il n'y aura pas d'accord sur une répartition des profits. Toutes les licences seront accordées sur la base de contrat de service", a tenu à nouveau à souligner sur ce point M Nouman, lequel a également exclu une privatisation du secteur.
"Nous discutons en ce moment avec le ministère du Pétrole pour voir comment nous pouvons revenir de manière durable" en Irak, avait déclaré pour sa part en septembre dernier M. de Margerie au Figaro. Il avait tenu néanmoins à tempérer ses propos en précisant que "la législation irakienne” n'était pas encore stabilisée" et que "la sécurité des personnes reste le principal problème, même si la situation d'ensemble s'améliore".
Lors d'une conférence de presse, à l'occasion du XIXe Congrès mondial du pétrole, .M. de Margerie avait d'ores et déjà indiqué le 1er juillet qu'il était sur le point de signer un contrat de services en Irak. Fait quasiment “ignoré” de la presse française à l'époque.
"Nous sommes sur le point de signer un accord pour contrat de service", avait-t-il alors précisé, mentionnant même espérer signer un contrat dans les jours, semaines qui viennent. "Il s'agit juste de contrats transitoires, c'est ce que nous pouvons faire aujourd'hui en raison des problèmes de sécurité. 2009, c'est sans doute un peu trop tôt pour réaliser plus d'investissements" dans le pays, avait-t-il ajouté.
Parallèlement, Bagdad avait annoncé n'avoir pas pu trouver d'accord avec les majors pétrolières pour des contrats d'assistance technique à court terme, ces dernières s'avérant trop “gourmandes”.
Cependant, selon le ministère irakien du Pétrole, l'Irak aurait alors proposé des "contrats de services" à plus long terme à 41 compagnies pétrolières étrangères pour six gisements pétroliers et deux gaziers, dont le groupe français.
En août 2007 l’agence Dow Jones, citant des sources proches du dossier, rapportait que les géants pétroliers Total et Chevron avaient signé un accord de services qui devrait leur permettre d’explorer et de développer conjointement l’un des plus grands champs pétrolifères irakiens, celui de Majnoun (sud-est), une fois qu’une loi sur les hydrocarbures sera adoptée et que la sécurité sur le terrain se sera améliorée.
Total, Chevron et les responsables irakiens se sont ainsi rencontrés en juin 2007 pour discuter de la mise en oeuvre de cet accord, même si le gouvernement irakien n’était pas encore impliqué.
Majnoun avait une capacité de production d’environ 50.000 barils/jour avant l’intervention américaine en 2003, selon les statistiques du ministère américain de l’Energie. Ce gisement a des réserves totales estimées à 12 milliards de barils, ce qui en fait le quatrième plus grand champ d’Irak, selon l’institut Bernstein Research.
On précisait par ailleurs que Chevron et Total travaillaient aussi en collaboration sur le champ de Nahr ben Omar (sud), dont les réserves sont estimées à 6 milliards de barils.
Mais rien n'étant gratuit dans ce monde ... l'accord aurait été conclu en échange d’une plus grande implication de la France en Afghanistan.
Pareil "accord" consistant à s’impliquer en Afghanistan pour "se racheter" de ne pas avoir participé à la guerre en Irak a des antécédents. Un reportage de Radio-Canada sur la guerre en Afghanistan nous apprenait que le Canada avait cherché, après avoir refusé de participer à la guerre en Irak, à revenir dans les bonnes grâces des États-Unis en s’engageant dans des zones plus risquées en Afghanistan.
Mardi, 10 février, à l'occasion de sa visite en Irak, Nicolas Sarkozy a appelé les entreprises françaises à investir rapidement dans ce pays en pleine reconstruction ....
Les compagnies concernées incluent notamment Bouygues SA, et Airbus SAS nous apprend "joliment" Bloomberg ....
Source : AFP, France24, Bloomberg, Le Figaro
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1 Commentaire
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GAGNE , cqfd !!!!
on en reparle !
Un responsable de Total s'est rendu en Irak pour discuter avec les
AFP 12.02.09 | 12h46
12 février 2009 à 13:05Un membre du comité exécutif du groupe pétrolier français Total s'est rendu en Irak la semaine dernière pour "discuter d'un renouvellement de la coopération entre l'Irak et Total", a-t-il annoncé jeudi au cours d'une conférence de presse. Yves-Louis Darricarrère, directeur général Exploration et Production chez Total était à Bagdad la semaine dernière "pour rencontrer les autorités et discuter avec elles d'un renouvellement de la coopération entre l'Irak et Total", a-t-il indiqué. Le ministre irakien du Pétrole Hussein Chahristani a lancé mercredi un nouvel appel d'offres international portant sur 11 champs pétroliers et gaziers. Les noms des sociétés sélectionnées pour le second appel d'offre seront dévoilés au premier trimestre 2009. Cette initiative intervient six mois après un premier appel d'offres portant sur six champs pétroliers et deux gisements gaziers, qui devait déjà permettre à terme une augmentation de production de 1,5 million de barils par jour. "L'Irak est important pour Total historiquement. Nous y sommes nés", a rappelé M. Darricarrère. La Compagnie française des pétroles, ex-Total, a eu sa première participation dans un gisement producteur près de Kirkouk en Irak en 1927. Le président français Nicolas Sarkozy avait rendu mardi une visite surprise à Bagdad où il avait exhorté les entreprises françaises à investir en Irak. "Le fait qu'Yves-Louis (Darricarrère) s'est rendu la semaine dernière en Irak juste avant le passage de notre président n'est que hasard même si en général chez Total rien n'est fait par hasard", a affirmé Christophe de Margerie, directeur général du pétrolier, au cours de la même conférence de presse. L'Irak dispose des troisièmes réserves prouvées de pétrole brut au monde et produit actuellement environ 2,41 millions de barils de pétrole par jour (mbj).
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