Gazprom : prise de contrôle de l'industrie pétrolière de Serbie

Southstreamserbia__nabucco2_gas_map Nouvelle quelque peu passée inaperçue dans ce monde de brut .... et pourtant ... le géant gazier russe Gazprom a officiellement pris le contrôle mardi de l'Industrie pétrolière de Serbie (NIS), en nommant à sa tête Kirill Kravchenko.

Parallèlement, l’Église orthodoxe serbe a écrit aux plus hauts dirigeants politiques de Serbie pour exprimer son opposition au nouveau statut d’autonomie de la Voïvodine. Selon elle, le nouveau statut qui doit être débattu au Parlement de Serbie au mois de mars remettrait en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Serbie.

Cela ne vous rappelle rien ? Après la Géorgie et l'Abkhazie, et avant la Crimée, la Serbie ferait-elle les “frais” de la volonté hégémonique de Poutine ? Laquelle est  souvent liée à des intérêts  pétroliers ou gaziers ... et aux  tracés on ne peut plus stratégiques de pipelines ...

N'ayant pas froid aux yeux, Alexandre Dioukov, le directeur général de Gazprom Neft, filiale pétrolière de Gazprom a fixé pour objectif de faire de la principale compagnie pétrolière dans cette partie de l'Europe.

Les moyens ? “D'ici 2012, nous investirons plus de 500 millions d'euros dans la reconstruction et le développement" de l'entreprise, a déclaré M. Dioukov aux journalistes. Mieux encore, Gazprom Neft envisagerait d'investir près de 40% de cette somme en 2009.

Un nouvel Conseil d'administration de la NIS composé de six représentants russes et de cinq représentants serbes a également été nommé lors de la première réunion des actionnaires. Dmitri Malishev, le conseiller de M. Dioukov, a été nommé président du Conseil d'administration.

Pour rappel, dans le cadre d'un vaste accord énergétique conclu en décembre entre la Russie et la Serbie, Gazprom a acquis 51% de NIS pour 400 millions d'euros. Mais côté russe, rien n'est jamais fait pour rien ... En contrepartie, Belgrade s'est engagé à permettre le passage par la Serbie du gazoduc South Stream, qui doit relier à terme la Russie à l'Europe du Sud ...

Les Russes se sont engagés également à construire des installations souterraines de stockage du gaz en Serbie. Ce qui quelque part doit les “arranger” ...

Dans une lettre, publiée vendredi 6 février sur son site internet, l’Église orthodoxe serbe s'est quant à elle adressé au Président serbe Boris Tadić, au Premier ministre Mirko Cvetković et à la présidente du Parlement, Slavica Đukić-Dejanović. Dans sa missive, l’Église exprime son inquiétude « pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Serbie ». Lesquelles ont d’abord été gravement menacées par l’occupation du Kosovo, et le seraient désormais par « les tentatives visant à transformer la Voїvodine en un nouvel Etat », au sein même de la Serbie.

Les autorités ecclésiastiques considèrent en effet que le nouveau statut de la Voïvodine accorde à la région autonome certains attributs d’un État indépendant, à l’encontre des lois et de la Constitution serbe. Le Saint-Synode considère que la possibilité de conclure des accords internationaux ou d’établir des bureaux de représentation à l’étranger, notamment à Bruxelles, seraient des usurpations de compétence de la part du Parlement de Voïvodine.

Sources : AFP, Courrier des Balkans

 

4 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    A comparer :
    la carte de la Vojvodina

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Map_of_Serbia_(Vojvodina).PNG

    et le tracé de South Stream en Serbie ... partie nord du pays ...

  2. 2

    Elisabeth

    A noter également :

    MOSCOU, 24 janvier 2008 - RIA Novosti. Le passage du gazoduc South Stream par le territoire serbe fera de ce pays un noeud stratégique au sein du système de livraison de gaz russe en Europe, a déclaré jeudi une source au sein du Kremlin.


    "La Serbie deviendra de fait un centre de transit majeur au sein du système de livraison des ressources énergétiques russes vers le sud de l'Europe. Cela renforcera substantiellement la sécurité énergétique de la Serbie et de la région dans son ensemble", a poursuivi l'interlocuteur de l'agence.
    ****************
    Selon lui, un vaste entrepôt souterrain de gaz verra le jour près de Banatski Dvor, à environ 60 km au nord-est de Novi Sad.
    ********************


    Novi Sad, en serbe cyrillique Нови Сад, est une ville et une municipalité de Serbie, ***situées dans la province autonome de Voïvodine****.
    Elles font partie du district de Bačka méridionale. Novi Sad est la capitale de la VoÏvodine. En 2002, la ville comptait 191 405 habitants et la municipalité dont elle est le centre 299 294[1].

    Par sa population, Novi Sad est la deuxième plus grande ville de Serbie après Belgrade[1]. La ville est située aux confins des régions de la Bačka et de la Syrmie. Depuis sa fondation en 1694, elle est devenue l'un des centres les plus importants de la culture serbe, ce qui lui a valu le surnom d'« Athènes serbe ». Novi Sad est aujourd'hui un important centre économique et financier du pays.

  3. 3

    saaaop

    "mais côté russe, rien n'est jamais fait pour rien"

    Bouh les méchants... Et des autres cotés, y'a des choses faites pour rien peut-être?

  4. 4

    valerie

    Ce n’est pas la première fois que l’Église orthodoxe serbe, très présente dans la vie quotidienne serbe, s’adresse à l’opinion publique et aux hauts fonctionnaires (qui consultent souvent les membres du Synode et les informent des événements à venir). Mais elle s'inquiète là inutilement car l'autonomie de la Voïvodine existe depuis longtemps et ne se voit que renforcée, sans toutefois risquer l'indépendance comme l'église conclue.

    La Serbie va mal, la peur prédomine. La monnaie locale, le Dinar a perdu 25% de sa valeur en 4 mois. Le gouvernement va demander l'aide du FMI et des prêts à la CEE.En des moments pas du tout favorables...Le gouvernement et les consommateurs paniquent.

    Ainsi de l’aide vient du côté des 400 millions d’euros que l’entreprise russe Gazpromneft doit à Belgrade pour la vente de la majorité des actions de la société d’état et monopole énergétique NIS, payé comptant et non plus tard.

    Sarkozy, à la présidence européenne, avait tout fait pour que la Serbie accélère sa demande de candidature à l'adhésion à la CEE, en vain, le Montenegro, plus préparé, lui a brûlé la politesse en décembre.

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